Vendredi 30 Juillet : Fisterra et Cap Finisterre : Beau temps – vent violent
Après une courte balade, nous voici à la borne 0km00. La terre finie, la mer commence. Pour nous, au delà de cette immensité, une autre terre poursuit la route. Mais , au moyen âge ? Pouvons nous imaginer un instant l’émotion du pèlerin qui enfin arrive après dangers et solitudes ?
Pour moi, sur ce fil symbolique, entre terre et mer, je peux enfin me retourner et contempler le chemin parcouru.
Je garde malgré tout, une préférence pour le « Camino Francés » avec ses imposantes cathédrales parfois abandonnées qui étonnent dans la campagne profonde, se routes historiques imprégnées de contes et légendes, ses plateaux asséchés où seule l’ombre du pèlerin accompagne ses pas. La route du Nord, bien plus difficile, réserve son lot de beauté, sa nature florissante, ses échappées vers le large, la gentillesse d’une population qui considère le pèlerin comme un personnage important.
Mais quel que soit le chemin, il n’est pas nécessaire d’ailleurs qu’il aboutisse à Santiago ; Il me confirme pour la seconde fois être une école de vie parce que il nous invite à élargir la perception du monde qui nous entoure, parce qu’il nous remet au contact de la nature et des éléments naturels, parce qu’il demande force et volonté, parce qu’il cultive l’amitié du compagnonnage et celle des rencontres, parce qu’il donne à l’homme devenu pèlerin le temps d’affirmer sa spiritualité.
Dés demain, nous quittons cette parenthèse pour retrouver notre vrae vie, celle que nous avons choisie et dans laquelle nous souhaitons ardemment y retourner. Nous essayerons malgré les difficultés de prolonger les enseignements du Chemin dans la vie de tous les jours, de transmettre notre flamme à ceux qui souhaitent vivre cette expérience et peut être… peut être, remettre nos chaussures, reprendre notre bâton et « anda caminante ! »
« J’étais parti incrédule, doutant, avec les historiens sérieux, que l’apôtre ait jamais mis les pieds à Compostelle. je n’y crois toujours pas. Mais j’ai découvert une vérité : si l’apôtre n’est pas à Compostelle, il est sur le chemin, là où le marcheur le porte, et il fait des miracles. »
Maurice Soutif journaliste
Le mot du jour de Germaine : « Ultreia!»
Tous les matins nous prenons le chemin
Tous les matins nous allons plus loin
Jour après jour la route nous appelle
C'est la voix de Compostelle
Refrain: Ultreia!
Et sus eia!
Deus adjuva nos!
(En avant, en avant,
Va plus haut
Dieu, aide nous)
Chemin de terre et chemin de foi,
Voie millénaire de l'Europe
La voie lactée de Charlemagne,
C'est le chemin de tous les jacquets
Et tout là bas au bout du continent
Messire Jacques nous attend,
Depuis toujours son sourire fixe
Le soleil qui meurt au Finistère.
Chant des pèlerins de Compostelle (J Claude Bénazet)
Jeudi 29 Juillet : Fisterra : Beau temps – vent
Repos, baignade, repas de poissons, ciel de traîne, chapelle du XII è siècle, calvaire, plage de sable, village paisible. J’ai rêvé de ce monde…
Le mot du jour de Germaine :
Ce qui constitue le plaisir du voyageur,
c'est l'obstacle, la fatigue, le péril même.
Quel agrément peut avoir une excursion
où l'on est sûr d'arriver, de trouver
des chevaux prêts, un lit moelleux,
un excellent souper et toutes les aisances
dont on peut jouir chez soi?
Un des grands malheurs de la vie moderne,
c'est le manque d'imprévus, l'absence d'aventures.
Théophile Gautier
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