Mardi 12 Mai et mercredi 13 Mai – Pau – Nuageux mais le temps importe peu aujourd’hui
De consultations en visite aux urgences, de radio en pharmacies, la journée et notre moral tendent à l’optimisme. Nos experts médicaux sont formels : « Germaine peut poursuivre le Chemin.. ! ».
Les préparatifs et achats pour poursuivre vers le col du Somport s’enchaînent : pull pour le froid annoncé, talonnette en gel, nourriture, expédition d’affaires inutiles etc.
Puis, la nuit fait ressurgir les doutes, la peur de flancher, la douleur qui s’accentue et tôt le matin, la dépêche AFP tombe avec son poids de déception, de découragement : « Germaine abandonne pour raison de santé ».
La fin de cette « Saison I » comme un goût d’inachevé laisse dévoiler ce trop plein d’émotion que nous ne pouvons cacher.
Le bus s’éloigne de Pau. Peu à peu, je laisse derrière moi cette contrée traversée de mes milliers de pas, ce monde de simplicité, la simplicité d’une main tendue, d’un sourire, d’une rencontre, d’une pomme, d’un ruisseau qui chante, d’un paysage accueillant. Bientôt je serai de retour.
Donnons-nous rendez-vous fin Juin sur le « Camino del Norte » pour la « Saison II »
La rubrique de Germaine
Le mot du jour : « Fin d’étape.»
De T.E.R. en T.E.R., de bus en bus, de gîte en Hôtel ou chambre d’hôte, je me sens toujours sur le chemin ; la marche en moins, les ingrédients sont toujours présents : inconnu du lendemain, rencontres, infos « Camino », accueil chaleureux, hébergements différents, plaisir de retrouver Manu et les copains à leur arrivée. Mais il faut se rendre à l’évidence, mes petites misères persistent et malgré l’encouragement des médecins, la nuit portant conseil, je décide de mettre fin à cette première étape : Arles - Puenta la Reina.
Il m’est très très difficile de m’arracher à ce chemin mais contente d’en avoir profité pleinement et d’avoir vécu profondément cette partie de Pèlerinage.
mercredi 12 mai 2010
lundi 10 mai 2010
Lundi 10 Mai – Vidouze à Morlaas 32 km – Beau temps
Quitter une chambre d’hôte confortable pour s’élancer est toujours frustrant. Le corps rechigne à souffrir après une nuit apaisante. Heureusement notre mental dominant, commande et sonne la charge. Aujourd’hui, petits chemins, sentiers, chaîne enneigée des Pyrénées et soleil printanier dirigent nos pas sur cette longue étape. La nature qui s’éveille à vive allure nous fait cadeau de ses plus belles images : vert tendre des prés, jeunes blés vaillants, bois clair obscur moussus, fougères envahissantes, genets en fleurs dorés, ruisseaux repus, vaches curieuses, chevaux hautains, fermettes fleuries, et bien sur nos anges souriants qui confirment la route. Vers 13 H Morlass nous souhaitait la bienvenue.
A 13h20’, un car me transportait à Pau où Germaine m’attend.
Demain, après consultation plus poussée, nous déciderons du prochain objectif . A suivre… !
Dimanche 09 Mai - Marcillac à Vidouze - 28 km – Pluie abondante le matin
L’asphalte, encore l’asphalte pour cause de chemins impraticables et gués submergés. By !By ! le Gers, Bonjour les hautes Pyrénées. J’ai découvert sur fond de soleil lointain, ces montagnes enneigées qui sont un point fort de notre parcours. Un moment très bref qui vaut déjà en émotion pour des jours de vie courante.
Nous rencontrons Germaine à Maubourguet. Son pied va mieux, son genou semble refuser la rapide guérison. Demain, elle en bus et train rejoindra Pau et moi pauvre Pèlerin fatigué la rejoindrai par les chemins. Deux nuits à Pau en hôtel pour nous requinquer ( j’en rêve déjà !) et peut être si un petit, tout petit miracle pouvait réparer sa « patte folle » alors nous reprendrions notre quête vers le col du Somport et plus si .. !
Quitter une chambre d’hôte confortable pour s’élancer est toujours frustrant. Le corps rechigne à souffrir après une nuit apaisante. Heureusement notre mental dominant, commande et sonne la charge. Aujourd’hui, petits chemins, sentiers, chaîne enneigée des Pyrénées et soleil printanier dirigent nos pas sur cette longue étape. La nature qui s’éveille à vive allure nous fait cadeau de ses plus belles images : vert tendre des prés, jeunes blés vaillants, bois clair obscur moussus, fougères envahissantes, genets en fleurs dorés, ruisseaux repus, vaches curieuses, chevaux hautains, fermettes fleuries, et bien sur nos anges souriants qui confirment la route. Vers 13 H Morlass nous souhaitait la bienvenue.
A 13h20’, un car me transportait à Pau où Germaine m’attend.
Demain, après consultation plus poussée, nous déciderons du prochain objectif . A suivre… !
Dimanche 09 Mai - Marcillac à Vidouze - 28 km – Pluie abondante le matin
L’asphalte, encore l’asphalte pour cause de chemins impraticables et gués submergés. By !By ! le Gers, Bonjour les hautes Pyrénées. J’ai découvert sur fond de soleil lointain, ces montagnes enneigées qui sont un point fort de notre parcours. Un moment très bref qui vaut déjà en émotion pour des jours de vie courante.
Nous rencontrons Germaine à Maubourguet. Son pied va mieux, son genou semble refuser la rapide guérison. Demain, elle en bus et train rejoindra Pau et moi pauvre Pèlerin fatigué la rejoindrai par les chemins. Deux nuits à Pau en hôtel pour nous requinquer ( j’en rêve déjà !) et peut être si un petit, tout petit miracle pouvait réparer sa « patte folle » alors nous reprendrions notre quête vers le col du Somport et plus si .. !
samedi 8 mai 2010
Samedi 08 Mai - Montesquiou à Marcillac - 22 km – Brume et beau temps
Il est tôt. Dans ce paysage voilé de brume, comme une aquarelle humide, les couleurs fusent harmonieusement. De castels en clochers, le lieu et la lumière surgissent de si belle façon que l’on ne peut résister à en faire une image. Dans ce frais matin, comme tous les jours, notre objectif est des plus simple : marcher vers notre but , observer, contempler, retenir son souffle, découvrir, s’émerveiller. Voilà notre privilège ; mais, d’autres contraintes pénibles se font sentir : l’étape qui n’en finit pas, les nuits agités, le temps incertain, les repas frugaux et souvent quelques souffrances. Pourtant, nous sommes heureux de poursuivre ; peut être à cause de tout cela.
Germaine ne colle encore pas à nos pas. Elle gagne des étapes en autobus, elle se repose et pourtant, je sens au cours de nos conversations cette tristesse de rompre même partiellement avec le chemin. Cette crainte fait partie de nos doutes et appréhensions. Nous le redoutons tous très fortement.
Dans le ciel, j’ai suivi trois vautours. Ces maîtres du vent, loin des sommets pyrénéens, m’interpellent ! Avec une météo différente, nous pourrions voir la ligne dentelée des Pyrénées. L’émotion me surprend . 570 km nous sépare d’Arles.
Midi, place principale à Marcillac, devant un Perrier bien frais, je ferme les yeux et laisse les rayons de soleil me réchauffer le corps.
Il est tôt. Dans ce paysage voilé de brume, comme une aquarelle humide, les couleurs fusent harmonieusement. De castels en clochers, le lieu et la lumière surgissent de si belle façon que l’on ne peut résister à en faire une image. Dans ce frais matin, comme tous les jours, notre objectif est des plus simple : marcher vers notre but , observer, contempler, retenir son souffle, découvrir, s’émerveiller. Voilà notre privilège ; mais, d’autres contraintes pénibles se font sentir : l’étape qui n’en finit pas, les nuits agités, le temps incertain, les repas frugaux et souvent quelques souffrances. Pourtant, nous sommes heureux de poursuivre ; peut être à cause de tout cela.
Germaine ne colle encore pas à nos pas. Elle gagne des étapes en autobus, elle se repose et pourtant, je sens au cours de nos conversations cette tristesse de rompre même partiellement avec le chemin. Cette crainte fait partie de nos doutes et appréhensions. Nous le redoutons tous très fortement.
Dans le ciel, j’ai suivi trois vautours. Ces maîtres du vent, loin des sommets pyrénéens, m’interpellent ! Avec une météo différente, nous pourrions voir la ligne dentelée des Pyrénées. L’émotion me surprend . 570 km nous sépare d’Arles.
Midi, place principale à Marcillac, devant un Perrier bien frais, je ferme les yeux et laisse les rayons de soleil me réchauffer le corps.
vendredi 7 mai 2010
Vendredi 07 Mai - Auch à Montesquiou - 34 km – Beau temps frais
Ce matin encore avec ma compagne de route, nous entrons par de petites voies dans l’intimité du pays. Là, s’éparpillent de très nombreuses fermes : « une ferme par colline, une colline par ferme. » . Un pays ou l’on est seul sans être isolé, où l’on est jamais perdu c’est ce que disent les habitants ( à prouver .. !)
Pour éviter les sentiers embourbés et les gués inondés, l’asphalte remplace la sente et si par obligation une portion de sentier s’impose, alors la galère nous tenaille.
Ce soir, trop fatigué par ces deux dernières étapes physiques, je vous propose le texte qui suit : « un texte de silence »
Bonne nuit les amis.
Jeudi 06 Mai - Gimont à Auch - 30 km – Temps gris - froid
A chaque jour son histoire, à chaque jour ses anges.
Accompagné de Jocelyne uniquement pour cause de « Germaine invalide » ( petit bobo au pied) nous lançons nos grolles tôt le matin car l’étape semble longue et le temps incertain. Très vite, le GR en point de mire, les yeux au sol pour éviter la boue, nous traversons ces vagues de collines, jamais vigoureuses, jamais très redoutables, qui s’entrecroisent et font sinuer la sente des frais vallons aux champs bien peignés vers le haut des croupes. Belle contrée que voici !
Deux heures déjà, nous croisons une simple et sympathique chapelle qui mérite le cliché. A l’instant, me voici déconfit, jurant comme un palefrenier laissant ma compagne de route hilare. La chapelle déjà vue la veille démontre si besoin est que nous dirigeons nos pas à nouveau vers l’Isle Jourdain. Une seule solution, retour vers Gimont ( 13 Km à ajouter au circuit). Prés de Gimont, vers 11 heurs sur une minuscule route, une dame en voiture nous interpelle : « où allez-vous ? » « Pouvez-vous nous avancer à Gimont ? » après explication de notre mésaventure : « Je me rends à Gimont et comme j’ai le temps aujourd’hui, je peux vous déposer sur la route d’Auch à 8 km ! » Ravis de l’aubaine, faisant semblant de ne pas accepter afin de ne pas déranger, nous voici entassés, nos sacs sur les genoux dans une minuscule voiture. Nous gagnons 8km sur les 13 perdus.
Plus tard, à nouveau presque-perdus dans un enchevêtrement de petits chemins vicinaux et départementaux, nous arrêtons un véhicule pour nous enquérir simplement de la direction et de notre bon choix. La dame propose immédiatement de nous conduire plus loin. Notre refus est catégorique : « nous désirons poursuivre à pieds ! Allons –nous être la honte des Pèlerins ? » « Je vous mène juste à l’intersection pour vous éviter un mauvais choix » Devant de tels arguments, assis prés du chien qui « souffine » ma compagne de route, nous voici de croisements en intersections, à deux pas d’Auch. Nous gagnons nos 5 km perdus le matin.
Deux anges ont croisé notre chemin.
Il est vrai, qu’à côté des moments de galères, de doute, de découragement, il y a ces rencontres anodines et inopinées qui appliquent un baume bienfaisant sur le moral.
Le vieil Auch et ses « pousterles » ( ruelles étroites et escarpées) nous livre ses clés.
La rubrique de Germaine
Le mot du jour : « T.E.R.»
Le moyen de locomotion que j’affectionne le plus depuis ma plus tendre enfance est le train.
L’Orient Express et encore mieux Transsibérien font partie de mes rêves de voyage les plus fous.
Depuis deux jours mes rêves sont plus modestes : je rêve de T.E.R. pour me transporter d’étape en étape et attendre mon conjoint les doigts de pied en éventail… Il y a des rêves qui se réalisent, j’attends en ce moment le T.E.R. qui me déposera à Auch !! Alors le transsibérien pour bientôt ? c’est bon pour le moral d’en rêver, car les incertitudes à venir font qu’il n’est pas au beau fixe !
Mercredi 05 Mai - L’isle Jourdain à Gimont - 25 km – Temps froid, pluie intermittente
Que voulais-je raconter lorsque j’ai décidé de créer le « blog » ? Je crois que je souhaitais créer des textes sur les impressions fortes vécues, dire le bonheur que j’éprouve à découvrir un coin de campagne avec l’illusion d’être un aventurier, montrer mes plus belles photos à ceux avec qui j’aimerais partager ces instants.
Aujourd’hui, être un aventurier n’est plus illusion. Quant aux photos, maigre récolte sur ce parcours, l’appareil semble avoir besoin de repos.
Journée sous le signe de la gadoue, ruisseaux débordants, gués impraticables, traçage de nouvelles routes dans les ronces, flirt avec les gros camions sur des portions de route nationale, croisement de route avec un chevreuil apeuré, perte de GR, « pissette galérienne » pour trouver l’objet sous les couches successives des pantalons ( caleçon, pantalon, pantalon de pluie) ; tous les ingrédients pour écrire des mots d’aventure. Seulement, ce soir, trop fatigué pour raconter notre rocambolesque trajet, je vous dirige vers un des films « Indiana Jones », « Quaterman » « A la poursuite du diamant vert » etc, pour y puiser quelques scènes.
Ce matin encore avec ma compagne de route, nous entrons par de petites voies dans l’intimité du pays. Là, s’éparpillent de très nombreuses fermes : « une ferme par colline, une colline par ferme. » . Un pays ou l’on est seul sans être isolé, où l’on est jamais perdu c’est ce que disent les habitants ( à prouver .. !)
Pour éviter les sentiers embourbés et les gués inondés, l’asphalte remplace la sente et si par obligation une portion de sentier s’impose, alors la galère nous tenaille.
Ce soir, trop fatigué par ces deux dernières étapes physiques, je vous propose le texte qui suit : « un texte de silence »
Bonne nuit les amis.
Jeudi 06 Mai - Gimont à Auch - 30 km – Temps gris - froid
A chaque jour son histoire, à chaque jour ses anges.
Accompagné de Jocelyne uniquement pour cause de « Germaine invalide » ( petit bobo au pied) nous lançons nos grolles tôt le matin car l’étape semble longue et le temps incertain. Très vite, le GR en point de mire, les yeux au sol pour éviter la boue, nous traversons ces vagues de collines, jamais vigoureuses, jamais très redoutables, qui s’entrecroisent et font sinuer la sente des frais vallons aux champs bien peignés vers le haut des croupes. Belle contrée que voici !
Deux heures déjà, nous croisons une simple et sympathique chapelle qui mérite le cliché. A l’instant, me voici déconfit, jurant comme un palefrenier laissant ma compagne de route hilare. La chapelle déjà vue la veille démontre si besoin est que nous dirigeons nos pas à nouveau vers l’Isle Jourdain. Une seule solution, retour vers Gimont ( 13 Km à ajouter au circuit). Prés de Gimont, vers 11 heurs sur une minuscule route, une dame en voiture nous interpelle : « où allez-vous ? » « Pouvez-vous nous avancer à Gimont ? » après explication de notre mésaventure : « Je me rends à Gimont et comme j’ai le temps aujourd’hui, je peux vous déposer sur la route d’Auch à 8 km ! » Ravis de l’aubaine, faisant semblant de ne pas accepter afin de ne pas déranger, nous voici entassés, nos sacs sur les genoux dans une minuscule voiture. Nous gagnons 8km sur les 13 perdus.
Plus tard, à nouveau presque-perdus dans un enchevêtrement de petits chemins vicinaux et départementaux, nous arrêtons un véhicule pour nous enquérir simplement de la direction et de notre bon choix. La dame propose immédiatement de nous conduire plus loin. Notre refus est catégorique : « nous désirons poursuivre à pieds ! Allons –nous être la honte des Pèlerins ? » « Je vous mène juste à l’intersection pour vous éviter un mauvais choix » Devant de tels arguments, assis prés du chien qui « souffine » ma compagne de route, nous voici de croisements en intersections, à deux pas d’Auch. Nous gagnons nos 5 km perdus le matin.
Deux anges ont croisé notre chemin.
Il est vrai, qu’à côté des moments de galères, de doute, de découragement, il y a ces rencontres anodines et inopinées qui appliquent un baume bienfaisant sur le moral.
Le vieil Auch et ses « pousterles » ( ruelles étroites et escarpées) nous livre ses clés.
La rubrique de Germaine
Le mot du jour : « T.E.R.»
Le moyen de locomotion que j’affectionne le plus depuis ma plus tendre enfance est le train.
L’Orient Express et encore mieux Transsibérien font partie de mes rêves de voyage les plus fous.
Depuis deux jours mes rêves sont plus modestes : je rêve de T.E.R. pour me transporter d’étape en étape et attendre mon conjoint les doigts de pied en éventail… Il y a des rêves qui se réalisent, j’attends en ce moment le T.E.R. qui me déposera à Auch !! Alors le transsibérien pour bientôt ? c’est bon pour le moral d’en rêver, car les incertitudes à venir font qu’il n’est pas au beau fixe !
Mercredi 05 Mai - L’isle Jourdain à Gimont - 25 km – Temps froid, pluie intermittente
Que voulais-je raconter lorsque j’ai décidé de créer le « blog » ? Je crois que je souhaitais créer des textes sur les impressions fortes vécues, dire le bonheur que j’éprouve à découvrir un coin de campagne avec l’illusion d’être un aventurier, montrer mes plus belles photos à ceux avec qui j’aimerais partager ces instants.
Aujourd’hui, être un aventurier n’est plus illusion. Quant aux photos, maigre récolte sur ce parcours, l’appareil semble avoir besoin de repos.
Journée sous le signe de la gadoue, ruisseaux débordants, gués impraticables, traçage de nouvelles routes dans les ronces, flirt avec les gros camions sur des portions de route nationale, croisement de route avec un chevreuil apeuré, perte de GR, « pissette galérienne » pour trouver l’objet sous les couches successives des pantalons ( caleçon, pantalon, pantalon de pluie) ; tous les ingrédients pour écrire des mots d’aventure. Seulement, ce soir, trop fatigué pour raconter notre rocambolesque trajet, je vous dirige vers un des films « Indiana Jones », « Quaterman » « A la poursuite du diamant vert » etc, pour y puiser quelques scènes.
lundi 3 mai 2010
Lundi 03 Mai - Baziège à Colomiers - nuageux
Le pèlerin quitte le chemin en catimini. Eviter l’agglomération de Toulouse, nous oblige à faire une incursion par les moyens de transports (Ter) dans le monde « moderne ». Nous rejoignons Colomiers après une brève visite touristique dans la ville rose et le passage obligée à la basilique St Sernin.
La rubrique de Germaine
Le mot du jour : «Toulouse »
« Toulouse sur son 31, vêtue de rose, parfumée de violette et parée de pierres, un canal de péniches pour rivière de diamants et le capitole pour diadème »
Dimanche 02 Mai -Avignonet de Lauragais à Baziège - 22 km - nuageux
Aujourd’hui, le pilote automatique est de mise. Piste cyclable aux portions de terre ou d’asphalte entre campagne Lauragaise et canal du midi. Un moment de plaisir, bercé par l’eau paisible qui glisse vers Toulouse, le lourd envol des cols verts, et la fuite effrénée de familles de Garennes. La traversée, peu propice aux textes prolixes, laisse la place à la poésie. C’est pourquoi, je dédie à mes amies lectrices ces perles de nature semées sur notre passage, comme le bouton d’or aux feuilles vernissées, ces fleurs de pommiers sauvages si fragiles (si j’en crois Rhéaume), l’aubépine épanouie et cette élégante aux fines pétales violettes. La suite du parcours n’est plus qu’un cheminement tranquille dans ce jardin sauvage.
Ce soir, en compagnie de Jocelyne, Catherine ( l’hospitalière), Gérard et Hector nous partageons le dîner dans ce gîte ancien siège du diocèse au parquet ciré qui craqu, aux volets usés et interrupteurs en porcelaine.
La rubrique de Germaine
Le mot du jour : « Envol »
Il ne s’agit pas d’avion, nous nous déplaçons encore à pieds et nous longeons le canal du midi. Les canards qui s’y baignent sont nombreux et mon Manu s’est mis dans la tête de les photographier en plein envol. Encore faut-il qu’ils veuillent s’envoler ! Pierres, bois, tapages avec mes bâtons n’effraient pas nos canetons, sauf ceux de Gérard qui nous a rejoints mais Manu a mal visé !Cela dure depuis au moins 20 km.
Samedi 1er Mai - Les Cassés à Avignonet de Lauragais - 24km – Pluie fine
Une maison très ancienne, plantée là devant un jardin aux herbes folles, au centre d’un village minuscule, nous accueille.
Heureuse surprise, Hector et Gérard débarquent après une très longue étape. Notre hôte, Christiane, belge et très classe, nous reçoit avec sympathie et n’accueille que les pèlerins pour un prix modique ( nuit, dîner et petit déjeuner). Au cours du repas, excellent par ailleurs, Gérard, très direct dans ses questions demande : « Vous arrivez à vivre sans accueillir d’autres personnes ? »
Réponse : « je n’accueille pas les pèlerins pour vivre, mais par plaisir de la rencontre. Par ailleurs, bénéficiant d’une pré-retraite, propriétaire de mon bien et sans grands besoins cela me va. J’ai aussi eu un cadeau de la vie et en faisant cela, j’essae de le partager. »
Ces quelques mots, simplement pour résumer l’attitude de beaucoup de personnes qui ponctuent notre route et dont un de leurs buts est de nous aider sans esprit mercantile avec une générosité qui dépasse l’entendement.
La pluie nous offre sa fraîcheur, les escargots sont nos compagnons de route, la solitude présente, les oiseaux s’abritent au creux des arbres, les garennes dans les terriers, les ragondins dans leurs caves et même les reinettes demeurent muettes. Imaginez un serpent de verdure long comme un département dans lequel coule un ruisseau à l’eau abondante longé par un chemin régulier, plat qui traverse une campagne riche d’une palette de verts étincelants. L’idéal pour un marcheur peinard comme moi. Pourtant, la régularité agaçante des gouttes qui nous mouillent, qui obstruent notre vision, qui coulent sur nos verres dépourvus d’essuie-glace arrivent à anhilier le charme du parcours. Galère ! Galère !
Ne dit t-on pas que la pluie n’arrête pas le pèlerin ? Alors, Pèlerin poursuit ta route et surtout remercie Dieu de cette luminosité humide, propice aux prises de vues .
La rubrique de Germaine
Le mot du jour : « Méditation »
Avant hier l’hospitalier du gîte de Revel nous a fait tirer des papiers afin de méditer pendant le parcours.
Manu : « Nous commençons à grandir quand nous commençons à accepter notre propre faiblesse. »
Moi : « Il est bon d’être seul parce que la solitude est difficile. Qu’une chose soit difficile, doit nous être une raison de l’entreprendre. »
Mais l’étape parcourue, était trop courte pour méditer. Aujourd’hui le temps pluvieux et les kilomètres plus nombreux y sont plus favorables. Quoi de plus difficile que d’entreprendre le chemin de Compostelle ?…
Quand à Manu, il pense être un géant ayant accepté ses faiblesses devant les dénivelées.
Vendredi 30.04 - Revel à Les Cassés - 15 km – Temps couvert, chaud, pas de pluie
Une étape dite de repos, un sentier le long d’un canal « la rigole » aussi plat et régulier qu’un terrain de pétanque. Habitués à plus, nous survolons l’étape pour arriver au gîte vers 11h30’ après trois petites heures de route . Hébergés et immergés en pleine campagne, nous ne pouvons que reposer nos corps, bailler, dormir, flemmarder, rêvasser, penser… Ah, chemin, quand tu nous tiens !
Petite histoire du canal :
C'est en 1662 que Pierre-Paul Riquet présenta à Colbert son projet de Canal Royal du Languedoc, pour réussir là où beaucoup d'autres avaient échoué : créer une voie d'eau à l'intérieur des terres joignant l'Atlantique à la Méditerranée. L'idée géniale de Riquet fut de capter l'eau de tous les petits ruisseaux de ce gigantesque château d'eau naturel qu'est la Montagne Noire et de la mener par gravité au Seuil de Naurouze, point le plus haut du "Canal des Deux Mers", à partir duquel on alimenterait le Canal.
La rigole de la plaine, récupérant les eaux du ruisseau du SOR en provenance de Durfort, démarre sur la commune de Sorèze au lieu-dit "Pont-Crouzet". Elle traverse ensuite Revel passant par le "Moulin du Roy" autrefois dénommé "Port Louis", puis Saint-Félix Lauragais par "les Thomasses" et "l'Enclas" et quelques communes audoises, avant de rejoindre le Canal du Midi au Seuil de Naurouze, point de partage des eaux entre versant atlantique et versant méditerranéen.
La rubrique de Germaine
Le mot du jour : « Récidivistes »
Depuis le départ nous n’avions pas rencontré de « Novices ». En effet, tous les pèlerins côtoyés sont à leurs second, troisième et quatrième chemins. Seule Jocelyne qui chemine avec nous depuis quelques jours effectue son premier pèlerinage. Ainsi, nous nous informons sur les différents parcours et nous nous voyons repartir déjà vers d’autres horizons « Santiaguesques » ! AH Chemin quand tu nous tiens, tu ne nous lâches plus !
Jeudi 29 Avril - Viviers Les Montagnes à Revel - 26 km – Beau temps chaud
Le chemin traverse des paysages bucoliques, le long de la Montagne Noire. Cependant l’asphalte occupe 90 % de l’étape. La chaleur aidant, nos pieds cuisent à vive allure.
Nous conservons pourtant une image sereine de notre visite à l’abbaye d’En Calcat prés de Dourgne.
Voilà plus de quatre heures que nous marchons. L’idée de poser mon cul quelque part à l’ombre et de casser la graine devient une idée fixe. Deux bancs posés là pour le pèlerin au détour d’un hameau, exaucent mon souhait.
Vers 15 heures, fatigués et transpireux, nous foulons les superbes halles de Revel.
La rubrique de Germaine
Le mot du jour : « Recueillement »
Aujourd’hui, nous avons fait un détour pour visiter une abbaye celle d’En Calcat . Le détour valait la peine. Malheureusement, les églises des villages et parfois des villes sont fermées, donc lorsque l’occasion se présente nous ne la manquons pas. Les lieux facilitent bien sûr le recueillement et c’est le moment idéal pour penser à ceux et celles présents en nous.
Mercredi 28 Avril -Boissezon - Castres – Viviers les Montagnes - 27 km – Beau temps chaud
La visite de Castres nous permet de souffler un peu. La reprise de la course, vers 13 h sous un soleil d’été, devient vite suffocante. L’eau manque mais la gentillesse de l’habitant rencontré résout le problème. Aujourd’hui, nous perdons de vue Yves et Jordi les Belges qui se reposent une journée à Castres, Hector le Chilien qui change de route, Gérard d’Amiens qui reste derrière nous. Ces rencontres furtives et multiples sont restées des moments forts en ce début de parcours. Nous espérons les revoir plus loin et leur souhaitons « buen Camino ». Par contre, Jocelyne de Brives qui perd son amie de route se joint à nous.
Ce soir une chambre d’hôtes nous accueille. L’endroit est beau, nos hôtes sympathiques, le bâtiment superbe, l’intérieur cossu et les repas divins. Nous apprécions.
La rubrique de Germaine
Le mot du jour : « Bavardages »
Depuis Arles, les rencontres sont essentiellement masculines au point que je me suis demandée si le chemin de Compostelle n’était pas devenu une affaire d’hommes ! Et ces hommes, j’en suis témoin, sont très, très bavards !
Mais au fil des jours se sont greffées quelques femmes mais certaines ne faisaient que quelques étapes, d’autres ont abandonné à cause de problèmes de santé. C’est ainsi que nous marchons avec Jocelyne ( dont l’amie a abandonné) pour mon plus grand plaisir, car enfin je peux bavarder !!
Le pèlerin quitte le chemin en catimini. Eviter l’agglomération de Toulouse, nous oblige à faire une incursion par les moyens de transports (Ter) dans le monde « moderne ». Nous rejoignons Colomiers après une brève visite touristique dans la ville rose et le passage obligée à la basilique St Sernin.
La rubrique de Germaine
Le mot du jour : «Toulouse »
« Toulouse sur son 31, vêtue de rose, parfumée de violette et parée de pierres, un canal de péniches pour rivière de diamants et le capitole pour diadème »
Dimanche 02 Mai -Avignonet de Lauragais à Baziège - 22 km - nuageux
Aujourd’hui, le pilote automatique est de mise. Piste cyclable aux portions de terre ou d’asphalte entre campagne Lauragaise et canal du midi. Un moment de plaisir, bercé par l’eau paisible qui glisse vers Toulouse, le lourd envol des cols verts, et la fuite effrénée de familles de Garennes. La traversée, peu propice aux textes prolixes, laisse la place à la poésie. C’est pourquoi, je dédie à mes amies lectrices ces perles de nature semées sur notre passage, comme le bouton d’or aux feuilles vernissées, ces fleurs de pommiers sauvages si fragiles (si j’en crois Rhéaume), l’aubépine épanouie et cette élégante aux fines pétales violettes. La suite du parcours n’est plus qu’un cheminement tranquille dans ce jardin sauvage.
Ce soir, en compagnie de Jocelyne, Catherine ( l’hospitalière), Gérard et Hector nous partageons le dîner dans ce gîte ancien siège du diocèse au parquet ciré qui craqu, aux volets usés et interrupteurs en porcelaine.
La rubrique de Germaine
Le mot du jour : « Envol »
Il ne s’agit pas d’avion, nous nous déplaçons encore à pieds et nous longeons le canal du midi. Les canards qui s’y baignent sont nombreux et mon Manu s’est mis dans la tête de les photographier en plein envol. Encore faut-il qu’ils veuillent s’envoler ! Pierres, bois, tapages avec mes bâtons n’effraient pas nos canetons, sauf ceux de Gérard qui nous a rejoints mais Manu a mal visé !Cela dure depuis au moins 20 km.
Samedi 1er Mai - Les Cassés à Avignonet de Lauragais - 24km – Pluie fine
Une maison très ancienne, plantée là devant un jardin aux herbes folles, au centre d’un village minuscule, nous accueille.
Heureuse surprise, Hector et Gérard débarquent après une très longue étape. Notre hôte, Christiane, belge et très classe, nous reçoit avec sympathie et n’accueille que les pèlerins pour un prix modique ( nuit, dîner et petit déjeuner). Au cours du repas, excellent par ailleurs, Gérard, très direct dans ses questions demande : « Vous arrivez à vivre sans accueillir d’autres personnes ? »
Réponse : « je n’accueille pas les pèlerins pour vivre, mais par plaisir de la rencontre. Par ailleurs, bénéficiant d’une pré-retraite, propriétaire de mon bien et sans grands besoins cela me va. J’ai aussi eu un cadeau de la vie et en faisant cela, j’essae de le partager. »
Ces quelques mots, simplement pour résumer l’attitude de beaucoup de personnes qui ponctuent notre route et dont un de leurs buts est de nous aider sans esprit mercantile avec une générosité qui dépasse l’entendement.
La pluie nous offre sa fraîcheur, les escargots sont nos compagnons de route, la solitude présente, les oiseaux s’abritent au creux des arbres, les garennes dans les terriers, les ragondins dans leurs caves et même les reinettes demeurent muettes. Imaginez un serpent de verdure long comme un département dans lequel coule un ruisseau à l’eau abondante longé par un chemin régulier, plat qui traverse une campagne riche d’une palette de verts étincelants. L’idéal pour un marcheur peinard comme moi. Pourtant, la régularité agaçante des gouttes qui nous mouillent, qui obstruent notre vision, qui coulent sur nos verres dépourvus d’essuie-glace arrivent à anhilier le charme du parcours. Galère ! Galère !
Ne dit t-on pas que la pluie n’arrête pas le pèlerin ? Alors, Pèlerin poursuit ta route et surtout remercie Dieu de cette luminosité humide, propice aux prises de vues .
La rubrique de Germaine
Le mot du jour : « Méditation »
Avant hier l’hospitalier du gîte de Revel nous a fait tirer des papiers afin de méditer pendant le parcours.
Manu : « Nous commençons à grandir quand nous commençons à accepter notre propre faiblesse. »
Moi : « Il est bon d’être seul parce que la solitude est difficile. Qu’une chose soit difficile, doit nous être une raison de l’entreprendre. »
Mais l’étape parcourue, était trop courte pour méditer. Aujourd’hui le temps pluvieux et les kilomètres plus nombreux y sont plus favorables. Quoi de plus difficile que d’entreprendre le chemin de Compostelle ?…
Quand à Manu, il pense être un géant ayant accepté ses faiblesses devant les dénivelées.
Vendredi 30.04 - Revel à Les Cassés - 15 km – Temps couvert, chaud, pas de pluie
Une étape dite de repos, un sentier le long d’un canal « la rigole » aussi plat et régulier qu’un terrain de pétanque. Habitués à plus, nous survolons l’étape pour arriver au gîte vers 11h30’ après trois petites heures de route . Hébergés et immergés en pleine campagne, nous ne pouvons que reposer nos corps, bailler, dormir, flemmarder, rêvasser, penser… Ah, chemin, quand tu nous tiens !
Petite histoire du canal :
C'est en 1662 que Pierre-Paul Riquet présenta à Colbert son projet de Canal Royal du Languedoc, pour réussir là où beaucoup d'autres avaient échoué : créer une voie d'eau à l'intérieur des terres joignant l'Atlantique à la Méditerranée. L'idée géniale de Riquet fut de capter l'eau de tous les petits ruisseaux de ce gigantesque château d'eau naturel qu'est la Montagne Noire et de la mener par gravité au Seuil de Naurouze, point le plus haut du "Canal des Deux Mers", à partir duquel on alimenterait le Canal.
La rigole de la plaine, récupérant les eaux du ruisseau du SOR en provenance de Durfort, démarre sur la commune de Sorèze au lieu-dit "Pont-Crouzet". Elle traverse ensuite Revel passant par le "Moulin du Roy" autrefois dénommé "Port Louis", puis Saint-Félix Lauragais par "les Thomasses" et "l'Enclas" et quelques communes audoises, avant de rejoindre le Canal du Midi au Seuil de Naurouze, point de partage des eaux entre versant atlantique et versant méditerranéen.
La rubrique de Germaine
Le mot du jour : « Récidivistes »
Depuis le départ nous n’avions pas rencontré de « Novices ». En effet, tous les pèlerins côtoyés sont à leurs second, troisième et quatrième chemins. Seule Jocelyne qui chemine avec nous depuis quelques jours effectue son premier pèlerinage. Ainsi, nous nous informons sur les différents parcours et nous nous voyons repartir déjà vers d’autres horizons « Santiaguesques » ! AH Chemin quand tu nous tiens, tu ne nous lâches plus !
Jeudi 29 Avril - Viviers Les Montagnes à Revel - 26 km – Beau temps chaud
Le chemin traverse des paysages bucoliques, le long de la Montagne Noire. Cependant l’asphalte occupe 90 % de l’étape. La chaleur aidant, nos pieds cuisent à vive allure.
Nous conservons pourtant une image sereine de notre visite à l’abbaye d’En Calcat prés de Dourgne.
Voilà plus de quatre heures que nous marchons. L’idée de poser mon cul quelque part à l’ombre et de casser la graine devient une idée fixe. Deux bancs posés là pour le pèlerin au détour d’un hameau, exaucent mon souhait.
Vers 15 heures, fatigués et transpireux, nous foulons les superbes halles de Revel.
La rubrique de Germaine
Le mot du jour : « Recueillement »
Aujourd’hui, nous avons fait un détour pour visiter une abbaye celle d’En Calcat . Le détour valait la peine. Malheureusement, les églises des villages et parfois des villes sont fermées, donc lorsque l’occasion se présente nous ne la manquons pas. Les lieux facilitent bien sûr le recueillement et c’est le moment idéal pour penser à ceux et celles présents en nous.
Mercredi 28 Avril -Boissezon - Castres – Viviers les Montagnes - 27 km – Beau temps chaud
La visite de Castres nous permet de souffler un peu. La reprise de la course, vers 13 h sous un soleil d’été, devient vite suffocante. L’eau manque mais la gentillesse de l’habitant rencontré résout le problème. Aujourd’hui, nous perdons de vue Yves et Jordi les Belges qui se reposent une journée à Castres, Hector le Chilien qui change de route, Gérard d’Amiens qui reste derrière nous. Ces rencontres furtives et multiples sont restées des moments forts en ce début de parcours. Nous espérons les revoir plus loin et leur souhaitons « buen Camino ». Par contre, Jocelyne de Brives qui perd son amie de route se joint à nous.
Ce soir une chambre d’hôtes nous accueille. L’endroit est beau, nos hôtes sympathiques, le bâtiment superbe, l’intérieur cossu et les repas divins. Nous apprécions.
La rubrique de Germaine
Le mot du jour : « Bavardages »
Depuis Arles, les rencontres sont essentiellement masculines au point que je me suis demandée si le chemin de Compostelle n’était pas devenu une affaire d’hommes ! Et ces hommes, j’en suis témoin, sont très, très bavards !
Mais au fil des jours se sont greffées quelques femmes mais certaines ne faisaient que quelques étapes, d’autres ont abandonné à cause de problèmes de santé. C’est ainsi que nous marchons avec Jocelyne ( dont l’amie a abandonné) pour mon plus grand plaisir, car enfin je peux bavarder !!
samedi 1 mai 2010
Samedi 1er Mai - Les Cassés à Avignonet de Lauragais - 24km – Pluie fine
Une maison très ancienne, plantée là devant un jardin aux herbes folles, au centre d’un village minuscule, nous accueille.
Heureuse surprise, Hector et Gérard débarquent après une très longue étape. Notre hôte, Christiane, belge et très classe, nous reçoit avec sympathie et n’accueille que les pèlerins pour un prix modique ( nuit, dîner et petit déjeuner). Au cours du repas, excellent par ailleurs, Gérard, très direct dans ses questions demande : « Vous arrivez à vivre sans accueillir d’autres personnes ? »
Réponse : « je n’accueille pas les pèlerins pour vivre, mais par plaisir de la rencontre. Par ailleurs, bénéficiant d’une pré-retraite, propriétaire de mon bien et sans grands besoins cela me va. J’ai aussi eu un cadeau de la vie et en faisant cela, j’essae de le partager. »
Ces quelques mots, simplement pour résumer l’attitude de beaucoup de personnes qui ponctuent notre route et dont un de leurs buts est de nous aider sans esprit mercantile avec une générosité qui dépasse l’entendement.
La pluie nous offre sa fraîcheur, les escargots sont nos compagnons de route, la solitude présente, les oiseaux s’abritent au creux des arbres, les garennes dans les terriers, les ragondins dans leurs caves et même les reinettes demeurent muettes. Imaginez un serpent de verdure long comme un département dans lequel coule un ruisseau à l’eau abondante longé par un chemin régulier, plat qui traverse une campagne riche d’une palette de verts étincelants. L’idéal pour un marcheur peinard comme moi. Pourtant, la régularité agaçante des gouttes qui nous mouillent, qui obstruent notre vision, qui coulent sur nos verres dépourvus d’essuie-glace arrivent à anhilier le charme du parcours. Galère ! Galère !
Ne dit t-on pas que la pluie n’arrête pas le pèlerin ? Alors, Pèlerin poursuit ta route et surtout remercie Dieu de cette luminosité humide, propice aux prises de vues .
La rubrique de Germaine
Le mot du jour : « Méditation »
Avant hier l’hospitalier du gîte de Revel nous a fait tirer des papiers afin de méditer pendant le parcours.
Manu : « Nous commençons à grandir quand nous commençons à accepter notre propre faiblesse. »
Moi : « Il est bon d’être seul parce que la solitude est difficile. Qu’une chose soit difficile, doit nous être une raison de l’entreprendre. »
Mais l’étape parcourue, était trop courte pour méditer. Aujourd’hui le temps pluvieux et les kilomètres plus nombreux y sont plus favorables. Quoi de plus difficile que d’entreprendre le chemin de Compostelle ?…
Quand à Manu, il pense être un géant ayant accepté ses faiblesses devant les dénivelées.
Vendredi 30.04 - Revel à Les Cassés - 15 km – Temps couvert, chaud, pas de pluie
Une étape dite de repos, un sentier le long d’un canal « la rigole » aussi plat et régulier qu’un terrain de pétanque. Habitués à plus, nous survolons l’étape pour arriver au gîte vers 11h30’ après trois petites heures de route . Hébergés et immergés en pleine campagne, nous ne pouvons que reposer nos corps, bailler, dormir, flemmarder, rêvasser, penser… Ah, chemin, quand tu nous tiens !
Petite histoire du canal :
C'est en 1662 que Pierre-Paul Riquet présenta à Colbert son projet de Canal Royal du Languedoc, pour réussir là où beaucoup d'autres avaient échoué : créer une voie d'eau à l'intérieur des terres joignant l'Atlantique à la Méditerranée. L'idée géniale de Riquet fut de capter l'eau de tous les petits ruisseaux de ce gigantesque château d'eau naturel qu'est la Montagne Noire et de la mener par gravité au Seuil de Naurouze, point le plus haut du "Canal des Deux Mers", à partir duquel on alimenterait le Canal.
La rigole de la plaine, récupérant les eaux du ruisseau du SOR en provenance de Durfort, démarre sur la commune de Sorèze au lieu-dit "Pont-Crouzet". Elle traverse ensuite Revel passant par le "Moulin du Roy" autrefois dénommé "Port Louis", puis Saint-Félix Lauragais par "les Thomasses" et "l'Enclas" et quelques communes audoises, avant de rejoindre le Canal du Midi au Seuil de Naurouze, point de partage des eaux entre versant atlantique et versant méditerranéen.
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Le mot du jour : « Récidivistes »
Depuis le départ nous n’avions pas rencontré de « Novices ». En effet, tous les pèlerins côtoyés sont à leurs second, troisième et quatrième chemins. Seule Jocelyne qui chemine avec nous depuis quelques jours effectue son premier pèlerinage. Ainsi, nous nous informons sur les différents parcours et nous nous voyons repartir déjà vers d’autres horizons « Santiaguesques » ! AH Chemin quand tu nous tiens, tu ne nous lâches plus !
Jeudi 29 Avril - Viviers Les Montagnes à Revel - 26 km – Beau temps chaud
Le chemin traverse des paysages bucoliques, le long de la Montagne Noire. Cependant l’asphalte occupe 90 % de l’étape. La chaleur aidant, nos pieds cuisent à vive allure.
Nous conservons pourtant une image sereine de notre visite à l’abbaye d’En Calcat prés de Dourgne.
Voilà plus de quatre heures que nous marchons. L’idée de poser mon cul quelque part à l’ombre et de casser la graine devient une idée fixe. Deux bancs posés là pour le pèlerin au détour d’un hameau, exaucent mon souhait.
Vers 15 heures, fatigués et transpireux, nous foulons les superbes halles de Revel.
La rubrique de Germaine
Le mot du jour : « Recueillement »
Aujourd’hui, nous avons fait un détour pour visiter une abbaye celle d’En Calcat . Le détour valait la peine. Malheureusement, les églises des villages et parfois des villes sont fermées, donc lorsque l’occasion se présente nous ne la manquons pas. Les lieux facilitent bien sûr le recueillement et c’est le moment idéal pour penser à ceux et celles présents en nous.
Mercredi 28 Avril -Boissezon - Castres – Viviers les Montagnes - 27 km – Beau temps chaud
La visite de Castres nous permet de souffler un peu. La reprise de la course, vers 13 h sous un soleil d’été, devient vite suffocante. L’eau manque mais la gentillesse de l’habitant rencontré résout le problème. Aujourd’hui, nous perdons de vue Yves et Jordi les Belges qui se reposent une journée à Castres, Hector le Chilien qui change de route, Gérard d’Amiens qui reste derrière nous. Ces rencontres furtives et multiples sont restées des moments forts en ce début de parcours. Nous espérons les revoir plus loin et leur souhaitons « buen Camino ». Par contre, Jocelyne de Brives qui perd son amie de route se joint à nous.
Ce soir une chambre d’hôtes nous accueille. L’endroit est beau, nos hôtes sympathiques, le bâtiment superbe, l’intérieur cossu et les repas divins. Nous apprécions.
La rubrique de Germaine
Le mot du jour : « Bavardages »
Depuis Arles, les rencontres sont essentiellement masculines au point que je me suis demandée si le chemin de Compostelle n’était pas devenu une affaire d’hommes ! Et ces hommes, j’en suis témoin, sont très, très bavards !
Mais au fil des jours se sont greffées quelques femmes mais certaines ne faisaient que quelques étapes, d’autres ont abandonné à cause de problèmes de santé. C’est ainsi que nous marchons avec Jocelyne ( dont l’amie a abandonné) pour mon plus grand plaisir, car enfin je peux bavarder !!
Une maison très ancienne, plantée là devant un jardin aux herbes folles, au centre d’un village minuscule, nous accueille.
Heureuse surprise, Hector et Gérard débarquent après une très longue étape. Notre hôte, Christiane, belge et très classe, nous reçoit avec sympathie et n’accueille que les pèlerins pour un prix modique ( nuit, dîner et petit déjeuner). Au cours du repas, excellent par ailleurs, Gérard, très direct dans ses questions demande : « Vous arrivez à vivre sans accueillir d’autres personnes ? »
Réponse : « je n’accueille pas les pèlerins pour vivre, mais par plaisir de la rencontre. Par ailleurs, bénéficiant d’une pré-retraite, propriétaire de mon bien et sans grands besoins cela me va. J’ai aussi eu un cadeau de la vie et en faisant cela, j’essae de le partager. »
Ces quelques mots, simplement pour résumer l’attitude de beaucoup de personnes qui ponctuent notre route et dont un de leurs buts est de nous aider sans esprit mercantile avec une générosité qui dépasse l’entendement.
La pluie nous offre sa fraîcheur, les escargots sont nos compagnons de route, la solitude présente, les oiseaux s’abritent au creux des arbres, les garennes dans les terriers, les ragondins dans leurs caves et même les reinettes demeurent muettes. Imaginez un serpent de verdure long comme un département dans lequel coule un ruisseau à l’eau abondante longé par un chemin régulier, plat qui traverse une campagne riche d’une palette de verts étincelants. L’idéal pour un marcheur peinard comme moi. Pourtant, la régularité agaçante des gouttes qui nous mouillent, qui obstruent notre vision, qui coulent sur nos verres dépourvus d’essuie-glace arrivent à anhilier le charme du parcours. Galère ! Galère !
Ne dit t-on pas que la pluie n’arrête pas le pèlerin ? Alors, Pèlerin poursuit ta route et surtout remercie Dieu de cette luminosité humide, propice aux prises de vues .
La rubrique de Germaine
Le mot du jour : « Méditation »
Avant hier l’hospitalier du gîte de Revel nous a fait tirer des papiers afin de méditer pendant le parcours.
Manu : « Nous commençons à grandir quand nous commençons à accepter notre propre faiblesse. »
Moi : « Il est bon d’être seul parce que la solitude est difficile. Qu’une chose soit difficile, doit nous être une raison de l’entreprendre. »
Mais l’étape parcourue, était trop courte pour méditer. Aujourd’hui le temps pluvieux et les kilomètres plus nombreux y sont plus favorables. Quoi de plus difficile que d’entreprendre le chemin de Compostelle ?…
Quand à Manu, il pense être un géant ayant accepté ses faiblesses devant les dénivelées.
Vendredi 30.04 - Revel à Les Cassés - 15 km – Temps couvert, chaud, pas de pluie
Une étape dite de repos, un sentier le long d’un canal « la rigole » aussi plat et régulier qu’un terrain de pétanque. Habitués à plus, nous survolons l’étape pour arriver au gîte vers 11h30’ après trois petites heures de route . Hébergés et immergés en pleine campagne, nous ne pouvons que reposer nos corps, bailler, dormir, flemmarder, rêvasser, penser… Ah, chemin, quand tu nous tiens !
Petite histoire du canal :
C'est en 1662 que Pierre-Paul Riquet présenta à Colbert son projet de Canal Royal du Languedoc, pour réussir là où beaucoup d'autres avaient échoué : créer une voie d'eau à l'intérieur des terres joignant l'Atlantique à la Méditerranée. L'idée géniale de Riquet fut de capter l'eau de tous les petits ruisseaux de ce gigantesque château d'eau naturel qu'est la Montagne Noire et de la mener par gravité au Seuil de Naurouze, point le plus haut du "Canal des Deux Mers", à partir duquel on alimenterait le Canal.
La rigole de la plaine, récupérant les eaux du ruisseau du SOR en provenance de Durfort, démarre sur la commune de Sorèze au lieu-dit "Pont-Crouzet". Elle traverse ensuite Revel passant par le "Moulin du Roy" autrefois dénommé "Port Louis", puis Saint-Félix Lauragais par "les Thomasses" et "l'Enclas" et quelques communes audoises, avant de rejoindre le Canal du Midi au Seuil de Naurouze, point de partage des eaux entre versant atlantique et versant méditerranéen.
La rubrique de Germaine
Le mot du jour : « Récidivistes »
Depuis le départ nous n’avions pas rencontré de « Novices ». En effet, tous les pèlerins côtoyés sont à leurs second, troisième et quatrième chemins. Seule Jocelyne qui chemine avec nous depuis quelques jours effectue son premier pèlerinage. Ainsi, nous nous informons sur les différents parcours et nous nous voyons repartir déjà vers d’autres horizons « Santiaguesques » ! AH Chemin quand tu nous tiens, tu ne nous lâches plus !
Jeudi 29 Avril - Viviers Les Montagnes à Revel - 26 km – Beau temps chaud
Le chemin traverse des paysages bucoliques, le long de la Montagne Noire. Cependant l’asphalte occupe 90 % de l’étape. La chaleur aidant, nos pieds cuisent à vive allure.
Nous conservons pourtant une image sereine de notre visite à l’abbaye d’En Calcat prés de Dourgne.
Voilà plus de quatre heures que nous marchons. L’idée de poser mon cul quelque part à l’ombre et de casser la graine devient une idée fixe. Deux bancs posés là pour le pèlerin au détour d’un hameau, exaucent mon souhait.
Vers 15 heures, fatigués et transpireux, nous foulons les superbes halles de Revel.
La rubrique de Germaine
Le mot du jour : « Recueillement »
Aujourd’hui, nous avons fait un détour pour visiter une abbaye celle d’En Calcat . Le détour valait la peine. Malheureusement, les églises des villages et parfois des villes sont fermées, donc lorsque l’occasion se présente nous ne la manquons pas. Les lieux facilitent bien sûr le recueillement et c’est le moment idéal pour penser à ceux et celles présents en nous.
Mercredi 28 Avril -Boissezon - Castres – Viviers les Montagnes - 27 km – Beau temps chaud
La visite de Castres nous permet de souffler un peu. La reprise de la course, vers 13 h sous un soleil d’été, devient vite suffocante. L’eau manque mais la gentillesse de l’habitant rencontré résout le problème. Aujourd’hui, nous perdons de vue Yves et Jordi les Belges qui se reposent une journée à Castres, Hector le Chilien qui change de route, Gérard d’Amiens qui reste derrière nous. Ces rencontres furtives et multiples sont restées des moments forts en ce début de parcours. Nous espérons les revoir plus loin et leur souhaitons « buen Camino ». Par contre, Jocelyne de Brives qui perd son amie de route se joint à nous.
Ce soir une chambre d’hôtes nous accueille. L’endroit est beau, nos hôtes sympathiques, le bâtiment superbe, l’intérieur cossu et les repas divins. Nous apprécions.
La rubrique de Germaine
Le mot du jour : « Bavardages »
Depuis Arles, les rencontres sont essentiellement masculines au point que je me suis demandée si le chemin de Compostelle n’était pas devenu une affaire d’hommes ! Et ces hommes, j’en suis témoin, sont très, très bavards !
Mais au fil des jours se sont greffées quelques femmes mais certaines ne faisaient que quelques étapes, d’autres ont abandonné à cause de problèmes de santé. C’est ainsi que nous marchons avec Jocelyne ( dont l’amie a abandonné) pour mon plus grand plaisir, car enfin je peux bavarder !!
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