Vendredi 30 Juillet : Fisterra et Cap Finisterre : Beau temps – vent violent
Après une courte balade, nous voici à la borne 0km00. La terre finie, la mer commence. Pour nous, au delà de cette immensité, une autre terre poursuit la route. Mais , au moyen âge ? Pouvons nous imaginer un instant l’émotion du pèlerin qui enfin arrive après dangers et solitudes ?
Pour moi, sur ce fil symbolique, entre terre et mer, je peux enfin me retourner et contempler le chemin parcouru.
Je garde malgré tout, une préférence pour le « Camino Francés » avec ses imposantes cathédrales parfois abandonnées qui étonnent dans la campagne profonde, se routes historiques imprégnées de contes et légendes, ses plateaux asséchés où seule l’ombre du pèlerin accompagne ses pas. La route du Nord, bien plus difficile, réserve son lot de beauté, sa nature florissante, ses échappées vers le large, la gentillesse d’une population qui considère le pèlerin comme un personnage important.
Mais quel que soit le chemin, il n’est pas nécessaire d’ailleurs qu’il aboutisse à Santiago ; Il me confirme pour la seconde fois être une école de vie parce que il nous invite à élargir la perception du monde qui nous entoure, parce qu’il nous remet au contact de la nature et des éléments naturels, parce qu’il demande force et volonté, parce qu’il cultive l’amitié du compagnonnage et celle des rencontres, parce qu’il donne à l’homme devenu pèlerin le temps d’affirmer sa spiritualité.
Dés demain, nous quittons cette parenthèse pour retrouver notre vrae vie, celle que nous avons choisie et dans laquelle nous souhaitons ardemment y retourner. Nous essayerons malgré les difficultés de prolonger les enseignements du Chemin dans la vie de tous les jours, de transmettre notre flamme à ceux qui souhaitent vivre cette expérience et peut être… peut être, remettre nos chaussures, reprendre notre bâton et « anda caminante ! »
« J’étais parti incrédule, doutant, avec les historiens sérieux, que l’apôtre ait jamais mis les pieds à Compostelle. je n’y crois toujours pas. Mais j’ai découvert une vérité : si l’apôtre n’est pas à Compostelle, il est sur le chemin, là où le marcheur le porte, et il fait des miracles. »
Maurice Soutif journaliste
Le mot du jour de Germaine : « Ultreia!»
Tous les matins nous prenons le chemin
Tous les matins nous allons plus loin
Jour après jour la route nous appelle
C'est la voix de Compostelle
Refrain: Ultreia!
Et sus eia!
Deus adjuva nos!
(En avant, en avant,
Va plus haut
Dieu, aide nous)
Chemin de terre et chemin de foi,
Voie millénaire de l'Europe
La voie lactée de Charlemagne,
C'est le chemin de tous les jacquets
Et tout là bas au bout du continent
Messire Jacques nous attend,
Depuis toujours son sourire fixe
Le soleil qui meurt au Finistère.
Chant des pèlerins de Compostelle (J Claude Bénazet)
Jeudi 29 Juillet : Fisterra : Beau temps – vent
Repos, baignade, repas de poissons, ciel de traîne, chapelle du XII è siècle, calvaire, plage de sable, village paisible. J’ai rêvé de ce monde…
Le mot du jour de Germaine :
Ce qui constitue le plaisir du voyageur,
c'est l'obstacle, la fatigue, le péril même.
Quel agrément peut avoir une excursion
où l'on est sûr d'arriver, de trouver
des chevaux prêts, un lit moelleux,
un excellent souper et toutes les aisances
dont on peut jouir chez soi?
Un des grands malheurs de la vie moderne,
c'est le manque d'imprévus, l'absence d'aventures.
Théophile Gautier
vendredi 30 juillet 2010
mercredi 28 juillet 2010
Mercredi 28 Juillet : Santiago à Fistera – peu importe le nombre de kilomètres – Canicule
« Devant la plage de Freixo, les pêcheurs de Galice fouillent le sable à la recherche de coquillages. C’est tout prés que vers l’an 42 après Jésus Christ, les saints Athanase et Théodore échouèrent la barque ou reposait le corps de leur maître, l’apôtre Jacques martyrisé à Jérusalem. »
La route suit la côte. Une côte sauvage parsemée de villages de pêcheurs et plages désertes. Le tourisme est bienheureusement absent. Nous approchons de Fistera et du cap Finisterre. La sensation de bout du monde est présente. Je vais embrasser du regard l‘océan atlantique et m’y plonger.
Demain, peut être, vous offrirais-je quelques photos du cap après avoir fait brûler un vêtement usagé, symbolisant par ce geste, le nouvel état d’esprit né de cette belle aventure.
Merci de votre compagnie, de vos témoignages d’amitiés, ils ont été réconfortants tout au long de notre démarche.
Mardi 27 Juillet : Labacolla à Santiago – 12 km – Beau temps
C’est une étape assez courte qui nous attend aujourd’hui. Nous souhaitons entrer tôt à Santiago but de notre pérégrination. Le pas est léger et notre moral nous porte. A 5 km au « el monté de Gozo » la ville apparaît et l’émotion ne peut se contenir. Nous voici rendu tout simplement.
Malgré la fin des festivités, touristes et pèlerins envahissent les rues. Sur le parvis, une foule joyeuse s’apostrophe dans ce décor de granit solennel et délirant . On se prend en photos, on fait la queue pour obtenir le diplôme, la cathédrale ne peut contenir ses fidèles pour la messe de 12h, les chanteurs de rues répètent des airs connus, on fait la queue pour embrasser le Saint, les terrasses des cafés ne désemplissent pas , le commerce est florissant et les rues transpirent de tourisme.
18 heures, l’heure est à l’apéro et l’église retrouve sa sérénité. Au premier banc, nous participons à l’office dédié aux pèlerins. Le moment est enfin venu pour se recueillir et dire nous sommes arrivés.
Après cette longue marche et notre seconde entrée à Santiago, nous décidons de rallier le Cap Finisterre. Le parcours, contrairement à l’ethique se fera en autobus. Parce que la canicule nous a rattrapés et ensuite parce que nos pieds et jambes crient misère. J’ajouterai contre l’avis de Germaine que son courage a été source de motivation intense pour moi et nombre de pèlerins. Avancer les pieds plats, cheminer en douleur, déambuler lentement, errer sur les routes, évoluer difficilement en descente, faire route en souriant, filer après des anti-douleurs nombreux, progresser tant bien que mal, porter ses pas, s’acheminer sans penser à l’abandon, traîner ses maux, trottiner comme une grand mère, suivre son chemin avec un ensemble de problèmes allant du genou raide à la fixité du pied, dépasse l’entendement. Le sourire permanent, la douleur présente depuis Irun , elle accomplit un exploit.
Je lui dédie simplement ce second pèlerinage.
Quant à moi, les anti-inflammatoires jouaient leur rôle et si j’ai souffert quelquefois, je ne m’en rappelle plus. Il me reste pourtant, une petite histoire d’amitié qui naquit sur ce chemin et qui persiste assez précisément dans ma mémoire . Je vais essayer de vous la raconter.
Un petit œil de perdrix, perdu, trouve asile dans la face interne de mon petit orteil. Ignorant la belle histoire qui s’ensuivrait, je décidai de l’occire sans état d’âme avant le départ. La chose fut accomplie de main de maître par une spécialiste.
Dans sa mansuétude et ses faits bienheureux que le « Camino » diffuse, il redonna vie à ce petit œil de perdrix à peine plus gros qu’une tête d’épingle et le planta à nouveau à la source de ses racines.
Sans méchanceté aucune, le voici s’installant, prenant ses aises et irradiant à sa manière, le territoire offert. La douleur paralysante divulguée ne semble pas au goût de mon ego qui s’insurge et part en guerre contre cette infime petite chose aux grands effets. Ainsi, à grands coups d’armes blanches, bactéricides, chimiques , me voici de bataille en bataille luttant désespérément et inutilement contre cette peste « David ». C’est ainsi qu’intelligemment, à nous haïr, nous apprenions à connaître nos valeurs et trouvâmes ainsi un terrain d’entente. Je lui offrais un lit douillet composé de gaz doucereuse, l’humidité nécessaire à sa croissance, un petit parfum musqué pour son bien être, une ampoule pour éclairer sa longue marche et elle, heureuse, voyageant à son pas, m’offrait silence et apaisement. Ainsi, depuis longtemps déjà, sur ce chemin d’étoiles, partageant nos instants de découvertes, l’infinie diversité du monde qui nous entoure et nos rêves éveillés, naquit une amitié.
Le mot du jour de Germaine : « Fin ou à suivre ? »
« Il faut être fou pour le faire deux fois » ai-je dit à ma première arrivée à Santiago. Souvent au long des étapes – et hors problèmes personnels – je me disais qu’on ne m’y reprendrai plus ( le « on » ici en l’occurrence n’est pas indéfini, il s’agit bien sur de Manu). Et pourtant… Quelle émotion, quand, franchissant un dernier sommet, j’aperçois la flèche de la cathédrale. D’habitude de l’entrée de la ville au lieu de repos je démoralise, tellement c’est long ; Aujourd’hui les deux kilomètres et plus qui me séparent de la cathédrale me réjouissent : J’y suis arrivée… je suis arrivée… Et d’un seul coup, on oublie tout ce que l’on a enduré, une sensation de paix envahit corps et âme.
« Devant la plage de Freixo, les pêcheurs de Galice fouillent le sable à la recherche de coquillages. C’est tout prés que vers l’an 42 après Jésus Christ, les saints Athanase et Théodore échouèrent la barque ou reposait le corps de leur maître, l’apôtre Jacques martyrisé à Jérusalem. »
La route suit la côte. Une côte sauvage parsemée de villages de pêcheurs et plages désertes. Le tourisme est bienheureusement absent. Nous approchons de Fistera et du cap Finisterre. La sensation de bout du monde est présente. Je vais embrasser du regard l‘océan atlantique et m’y plonger.
Demain, peut être, vous offrirais-je quelques photos du cap après avoir fait brûler un vêtement usagé, symbolisant par ce geste, le nouvel état d’esprit né de cette belle aventure.
Merci de votre compagnie, de vos témoignages d’amitiés, ils ont été réconfortants tout au long de notre démarche.
Mardi 27 Juillet : Labacolla à Santiago – 12 km – Beau temps
C’est une étape assez courte qui nous attend aujourd’hui. Nous souhaitons entrer tôt à Santiago but de notre pérégrination. Le pas est léger et notre moral nous porte. A 5 km au « el monté de Gozo » la ville apparaît et l’émotion ne peut se contenir. Nous voici rendu tout simplement.
Malgré la fin des festivités, touristes et pèlerins envahissent les rues. Sur le parvis, une foule joyeuse s’apostrophe dans ce décor de granit solennel et délirant . On se prend en photos, on fait la queue pour obtenir le diplôme, la cathédrale ne peut contenir ses fidèles pour la messe de 12h, les chanteurs de rues répètent des airs connus, on fait la queue pour embrasser le Saint, les terrasses des cafés ne désemplissent pas , le commerce est florissant et les rues transpirent de tourisme.
18 heures, l’heure est à l’apéro et l’église retrouve sa sérénité. Au premier banc, nous participons à l’office dédié aux pèlerins. Le moment est enfin venu pour se recueillir et dire nous sommes arrivés.
Après cette longue marche et notre seconde entrée à Santiago, nous décidons de rallier le Cap Finisterre. Le parcours, contrairement à l’ethique se fera en autobus. Parce que la canicule nous a rattrapés et ensuite parce que nos pieds et jambes crient misère. J’ajouterai contre l’avis de Germaine que son courage a été source de motivation intense pour moi et nombre de pèlerins. Avancer les pieds plats, cheminer en douleur, déambuler lentement, errer sur les routes, évoluer difficilement en descente, faire route en souriant, filer après des anti-douleurs nombreux, progresser tant bien que mal, porter ses pas, s’acheminer sans penser à l’abandon, traîner ses maux, trottiner comme une grand mère, suivre son chemin avec un ensemble de problèmes allant du genou raide à la fixité du pied, dépasse l’entendement. Le sourire permanent, la douleur présente depuis Irun , elle accomplit un exploit.
Je lui dédie simplement ce second pèlerinage.
Quant à moi, les anti-inflammatoires jouaient leur rôle et si j’ai souffert quelquefois, je ne m’en rappelle plus. Il me reste pourtant, une petite histoire d’amitié qui naquit sur ce chemin et qui persiste assez précisément dans ma mémoire . Je vais essayer de vous la raconter.
Un petit œil de perdrix, perdu, trouve asile dans la face interne de mon petit orteil. Ignorant la belle histoire qui s’ensuivrait, je décidai de l’occire sans état d’âme avant le départ. La chose fut accomplie de main de maître par une spécialiste.
Dans sa mansuétude et ses faits bienheureux que le « Camino » diffuse, il redonna vie à ce petit œil de perdrix à peine plus gros qu’une tête d’épingle et le planta à nouveau à la source de ses racines.
Sans méchanceté aucune, le voici s’installant, prenant ses aises et irradiant à sa manière, le territoire offert. La douleur paralysante divulguée ne semble pas au goût de mon ego qui s’insurge et part en guerre contre cette infime petite chose aux grands effets. Ainsi, à grands coups d’armes blanches, bactéricides, chimiques , me voici de bataille en bataille luttant désespérément et inutilement contre cette peste « David ». C’est ainsi qu’intelligemment, à nous haïr, nous apprenions à connaître nos valeurs et trouvâmes ainsi un terrain d’entente. Je lui offrais un lit douillet composé de gaz doucereuse, l’humidité nécessaire à sa croissance, un petit parfum musqué pour son bien être, une ampoule pour éclairer sa longue marche et elle, heureuse, voyageant à son pas, m’offrait silence et apaisement. Ainsi, depuis longtemps déjà, sur ce chemin d’étoiles, partageant nos instants de découvertes, l’infinie diversité du monde qui nous entoure et nos rêves éveillés, naquit une amitié.
Le mot du jour de Germaine : « Fin ou à suivre ? »
« Il faut être fou pour le faire deux fois » ai-je dit à ma première arrivée à Santiago. Souvent au long des étapes – et hors problèmes personnels – je me disais qu’on ne m’y reprendrai plus ( le « on » ici en l’occurrence n’est pas indéfini, il s’agit bien sur de Manu). Et pourtant… Quelle émotion, quand, franchissant un dernier sommet, j’aperçois la flèche de la cathédrale. D’habitude de l’entrée de la ville au lieu de repos je démoralise, tellement c’est long ; Aujourd’hui les deux kilomètres et plus qui me séparent de la cathédrale me réjouissent : J’y suis arrivée… je suis arrivée… Et d’un seul coup, on oublie tout ce que l’on a enduré, une sensation de paix envahit corps et âme.
lundi 26 juillet 2010
Lundi 26 Juillet : Arzua à Labacolla : 26 km – Beau temps très chaud
Nous retrouvons ces chemins larges, plats en sous bois d’Eucalyptus que nous avions foulé voici dix ans déjà. Santiago n’est plus qu’à un demi pas de géant. Hier, j ‘effleurais le sujet sur ces nombreux et délicieux moments de solitude qui partagent notre route. Ce matin, dés l’aube, la pleine lune en ligne de mire, pour la première fois, des paroles, des conversations, des chants en différentes langues emplissent quelquefois bruyamment le chemin. La grande migration s’accomplit. Un peuple nomade se déplace. Je reste ébahi devant l’ampleur du mouvement et ce après les fêtes fastueuses du 25 Juillet. Fatigués, nous marchons à petite vitesse et durant toute la matinée, des cohortes de pèlerins jeunes, moins jeunes, sportifs, bedonnants, élégants, patauds avec ou sans sac à dos, pressés nous dépassent « Buen Camino » 10, 20, 100 fois, 300 fois ! peut être plus !
Nous cherchons un hébergement. Labacolla semble être le bon choix. Un hôtel nous accueille. Nous apprenons que nombre de pèlerins sans sacs, ne font que quelques étapes, couchent à l’hôtel et sont acheminés en partie en autocars immenses. Chacun défint cette notion de « à chacun son chemin ! »
La vie quotidienne du chemin qui pourrait se résumer ainsi : marche, laisse-toi conduire, contemple, aie la foi, retourne toi, caresse l’eau du ruisseau, remercie et devient meilleur ; pour ceux qui ont choisi de se retirer temporairement du monde matériel le temps d’un pèlerinage prend fin aujourd’hui.
Le mot du jour de Germaine : « Gato Négro »
Ce matin nous prenons le chemin à 6h30’ comme souvent. Mais contrairement aux autres jours nous n’avons pas à chercher, dans la pénombre, la fameuse flèche jaune qui nous guide depuis le départ. En effet il sort des pèlerins de tous les coins de rue et le troupeau se met en place sur le sentier et à sabots que veux-tu, qui plus vite, qui plus lentement se dirige vers une prochaine étable. La flèche jaune, chien fidèle, assure que le troupeau ne s ‘égare pas ; Il y a bien quelques têtes qui s’arrêtent aux abreuvoirs, mais sagement se remettent dans le rang. Toutes, sauf une, une tête forte qui voudrait que le troupeau s’affole. Voilà quelques temps déjà que, tel Zorro, un certain « Gato Negro » (chat noir) signe sa présence incongrue sur les murs, bornes et autres supports : « Gato Négro porte malheur » ,« Gato Négro souhaite aux pèlerins bonheur », « A toute les Maria que Gato Negro a mangées » etc, etc… Mais bien gardé et indifférent, le troupeau avance.
Nous retrouvons ces chemins larges, plats en sous bois d’Eucalyptus que nous avions foulé voici dix ans déjà. Santiago n’est plus qu’à un demi pas de géant. Hier, j ‘effleurais le sujet sur ces nombreux et délicieux moments de solitude qui partagent notre route. Ce matin, dés l’aube, la pleine lune en ligne de mire, pour la première fois, des paroles, des conversations, des chants en différentes langues emplissent quelquefois bruyamment le chemin. La grande migration s’accomplit. Un peuple nomade se déplace. Je reste ébahi devant l’ampleur du mouvement et ce après les fêtes fastueuses du 25 Juillet. Fatigués, nous marchons à petite vitesse et durant toute la matinée, des cohortes de pèlerins jeunes, moins jeunes, sportifs, bedonnants, élégants, patauds avec ou sans sac à dos, pressés nous dépassent « Buen Camino » 10, 20, 100 fois, 300 fois ! peut être plus !
Nous cherchons un hébergement. Labacolla semble être le bon choix. Un hôtel nous accueille. Nous apprenons que nombre de pèlerins sans sacs, ne font que quelques étapes, couchent à l’hôtel et sont acheminés en partie en autocars immenses. Chacun défint cette notion de « à chacun son chemin ! »
La vie quotidienne du chemin qui pourrait se résumer ainsi : marche, laisse-toi conduire, contemple, aie la foi, retourne toi, caresse l’eau du ruisseau, remercie et devient meilleur ; pour ceux qui ont choisi de se retirer temporairement du monde matériel le temps d’un pèlerinage prend fin aujourd’hui.
Le mot du jour de Germaine : « Gato Négro »
Ce matin nous prenons le chemin à 6h30’ comme souvent. Mais contrairement aux autres jours nous n’avons pas à chercher, dans la pénombre, la fameuse flèche jaune qui nous guide depuis le départ. En effet il sort des pèlerins de tous les coins de rue et le troupeau se met en place sur le sentier et à sabots que veux-tu, qui plus vite, qui plus lentement se dirige vers une prochaine étable. La flèche jaune, chien fidèle, assure que le troupeau ne s ‘égare pas ; Il y a bien quelques têtes qui s’arrêtent aux abreuvoirs, mais sagement se remettent dans le rang. Toutes, sauf une, une tête forte qui voudrait que le troupeau s’affole. Voilà quelques temps déjà que, tel Zorro, un certain « Gato Negro » (chat noir) signe sa présence incongrue sur les murs, bornes et autres supports : « Gato Négro porte malheur » ,« Gato Négro souhaite aux pèlerins bonheur », « A toute les Maria que Gato Negro a mangées » etc, etc… Mais bien gardé et indifférent, le troupeau avance.
dimanche 25 juillet 2010
Dimanche 25 Juillet : Sobrado Dos Monxes à Arzua : 20 km – Beau temps très chaud
Petit matin tranquille, petit chemin tranquille; L’ombre, compagnon de route, accompagne notre solitude. Pourtant, l’homme qui voyage à pied dans la nature n’est, selon la jolie expression de Georges Moustaki dans l’une de ces chansons, « jamais seul avec sa solitude ». Vrai parce que la marche au long cours dénuée de tout èvènement extérieur, isolée de tout bruit et musique, distraite rarement par les parole échangées, a tendance à agiter le passé, dans son tourbillon de souvenirs ; à imaginer le futur dans sa plus belle version, qu’il s’apprête à dicter. Interrompu par la visite discrète d’une mésange, bercé à nouveau par le rythme lent et le calme feutré du paysage, je repars aussitôt refaire mon monde, tandis que Germaine prise dans son rêve, conduit un troupeau…
La chaleur nous surprend sur cette fin de parcours. Arzua, point de rencontre du « Camino del Norte » ( le notre) et celui du « Camino Francés » ( celui qui arrive de St jean Pied de Port) retrouve un long cortège de pèlerins. Les gîtes sont complets. Un hôtel nous propose sa dernière chambre. Merci ! Demain, jour J-1 entame notre impatience. Santiago est à deux pas (de géant) .
Samedi 24 Juillet : Baamonde à Sobrado Dos Monxes : Repos
Repos nécessaire. Je vous laisse poursuivre le texte comme vous l’auriez souhaité. Bonne sieste !
Nous logeons en gîte de 90 places dans l’abbaye cistercienne de Sobrado dédié à Santa Maria. Nous assistons aux vêpres. Un chœur de moines chante les psaumes. Ces instants de foi , rares sur ce chemin méritent tout notre recueillement. Paix dans le monde.
Petit matin tranquille, petit chemin tranquille; L’ombre, compagnon de route, accompagne notre solitude. Pourtant, l’homme qui voyage à pied dans la nature n’est, selon la jolie expression de Georges Moustaki dans l’une de ces chansons, « jamais seul avec sa solitude ». Vrai parce que la marche au long cours dénuée de tout èvènement extérieur, isolée de tout bruit et musique, distraite rarement par les parole échangées, a tendance à agiter le passé, dans son tourbillon de souvenirs ; à imaginer le futur dans sa plus belle version, qu’il s’apprête à dicter. Interrompu par la visite discrète d’une mésange, bercé à nouveau par le rythme lent et le calme feutré du paysage, je repars aussitôt refaire mon monde, tandis que Germaine prise dans son rêve, conduit un troupeau…
La chaleur nous surprend sur cette fin de parcours. Arzua, point de rencontre du « Camino del Norte » ( le notre) et celui du « Camino Francés » ( celui qui arrive de St jean Pied de Port) retrouve un long cortège de pèlerins. Les gîtes sont complets. Un hôtel nous propose sa dernière chambre. Merci ! Demain, jour J-1 entame notre impatience. Santiago est à deux pas (de géant) .
Samedi 24 Juillet : Baamonde à Sobrado Dos Monxes : Repos
Repos nécessaire. Je vous laisse poursuivre le texte comme vous l’auriez souhaité. Bonne sieste !
Nous logeons en gîte de 90 places dans l’abbaye cistercienne de Sobrado dédié à Santa Maria. Nous assistons aux vêpres. Un chœur de moines chante les psaumes. Ces instants de foi , rares sur ce chemin méritent tout notre recueillement. Paix dans le monde.
vendredi 23 juillet 2010
Vendredi 23 Juillet : Vilalba à Baamonde - 21 km – Beau temps, très frais
La journée est riche en cueillette photographique. Les constructions en pierres foisonnent sur cette route. Des hameaux d’un autre siècle ponctuent l’étape. Habités ou abandonnés, ils racontent l’histoire de cette Galice profonde, rude et rurale. Du schiste sombre maculé d’oxyde de fer forme l’ossature des maisons , d’énormes blocs de grés taillé supportent les ouvertures et l’ardoise moussue protège ces bâtisses simples et rustiques où animaux et hommes vivaient en symbiose. Les champs clos par des dalles d’ardoise plantées au sol, surprennent le promeneur. Des kilomètres de murs encore debout défient le temps. Par ci, par là, d’attrayantes fontaines ne cessent de déverser une eau limpide, fraîche et gratuite pour ses abonnés. Le chemin semble calme. Quelques pèlerins nous dépassent « Buen Camino ! » . nous sommes loin de la cohue décrite à la une des journaux. Les hébergements, gymnases, salles en tout genre du « Camino Francés », celui qui part de St Jean Pied de Port et passe par Burgos et Leon ,n’arrivent à contenir cette marée de pèlerins. Santiago sera sans doute couronnée ce dimanche 25 Juillet capitale mondiale de la Foi Chrétienne. Je ne partage pas cet engouement et ces concentrations mais je trouve pour notre religion que c’est bien ainsi et qu’il est bon de montrer qu’elle continue d’exister.
Toujours plus nombreux :
1987 – 2905, 1993 – 99436 Année Sainte, 1996 – 23218, 1999 – 154613 Année Sainte, 2000 – 55004, 2004 – 179944 Année Sainte, 2006- 100377, 2008-125141, 2009 – 145877, 2010 - X ¨+ Germaine et Manu : Année Sainte (source : oficina de Acogida al peregrino).
La journée est riche en cueillette photographique. Les constructions en pierres foisonnent sur cette route. Des hameaux d’un autre siècle ponctuent l’étape. Habités ou abandonnés, ils racontent l’histoire de cette Galice profonde, rude et rurale. Du schiste sombre maculé d’oxyde de fer forme l’ossature des maisons , d’énormes blocs de grés taillé supportent les ouvertures et l’ardoise moussue protège ces bâtisses simples et rustiques où animaux et hommes vivaient en symbiose. Les champs clos par des dalles d’ardoise plantées au sol, surprennent le promeneur. Des kilomètres de murs encore debout défient le temps. Par ci, par là, d’attrayantes fontaines ne cessent de déverser une eau limpide, fraîche et gratuite pour ses abonnés. Le chemin semble calme. Quelques pèlerins nous dépassent « Buen Camino ! » . nous sommes loin de la cohue décrite à la une des journaux. Les hébergements, gymnases, salles en tout genre du « Camino Francés », celui qui part de St Jean Pied de Port et passe par Burgos et Leon ,n’arrivent à contenir cette marée de pèlerins. Santiago sera sans doute couronnée ce dimanche 25 Juillet capitale mondiale de la Foi Chrétienne. Je ne partage pas cet engouement et ces concentrations mais je trouve pour notre religion que c’est bien ainsi et qu’il est bon de montrer qu’elle continue d’exister.
Toujours plus nombreux :
1987 – 2905, 1993 – 99436 Année Sainte, 1996 – 23218, 1999 – 154613 Année Sainte, 2000 – 55004, 2004 – 179944 Année Sainte, 2006- 100377, 2008-125141, 2009 – 145877, 2010 - X ¨+ Germaine et Manu : Année Sainte (source : oficina de Acogida al peregrino).
jeudi 22 juillet 2010
Jeudi 22 Juillet : Abadin à Vilalba - 19 km – Nuageux, frais
Après quelques incursions en Nationales, voici enfin depuis hier, le retour aux beaux spectacles. Un festival de plein air qui étale sans modération des paysages d’une beauté insolente. Entre combes boisées d’Eucalyptus, prairies d’alpage, bocages entretenus, ruisseaux chantants, hameaux isolés, nous avançons, savourant cet hymne à la nature que seul le marcheur sur ces itinéraires les plus reculés et dans sa lente pérégrination est à même de découvrir. Seule l’expérience vécue délivre ces fragrances de bonheur qui n’existent pas sur les livres.
Rousseau dans « mon portrait » disait : « je ne fais jamais rien qu’à la promenade, la campagne est mon cabinet ;l’aspect d’une table, du papier, des livres me donne l’ennui… » « Jamais je n’ai tant pensé, tant existé, tant vécu, tant été moi, si j’ose ainsi dire, que dans les voyages que j’ai fait seul et à pied…je dispose en maître de la nature entière. »
De temps en temps, pèlerins isolés ou groupes passent d’un pas rapide. La date du Dimanche 25 Juillet à Santiago pour le pèlerin permet d’assister aux festivités religieuses. Aussi devient-elle pour eux, un objectif difficile à atteindre ( quatre étapes de 35 à 40 km).
Adeptes sans condition de la fable « Le Lièvre et la tortue », n’aimant l’épreuve outre mesure ni le dépassement de soi excessif et en cette période d’absolution, nous nous déclarons maîtres et responsables de nos pêchés et n’envisageons en aucune façon une arrivée le 25 dans la cohue et l ‘ambiance de fête inévitable .
D’ailleurs, la une des journaux espagnols relatent : « La avalancha de peregrinos empieza à desbordar albergues y polideportivos en el Camino de Santiago » (Une avalanche de pèlerins commence à déborder des auberges et gymnases sur le chemin ». Par centaines, ils arrivent et dorment à la belle étoile dans les parcs.
Le chemin du Nord heureusement pour nous, ne connaît pas un tel enthousiasme.
Le mot du jour de Germaine : « Histoire des années saintes »
2010, DEUXIÈME ANNÉE JACQUAIRE DU TROISIÈME MILLÉNAIRE DE L'ÈRE CHRÉTIENNE
Lorsque la fête de la saint Jacques, le 25 juillet, tombe un dimanche, c'est une année sainte compostellane ou année jubilaire de saint Jacques ou année jacquaire. L'évènement donne lieu à d'importantes manifestations en Europe, tout au long des chemins, dans les hauts lieux du patrimoine compostellan et à Santiago de Compostela même.
Les années saintes ou jubilaires
L'année jubilaire chrétienne a été instituée en 1300 par le Pape Boniface VIII selon une tradition de l'ancien testament et est associée à une indulgence plénière (rémission des péchés). Au fil des siècles et jusqu'au XVe siècle, sa périodicité passe de cent à cinquante ans, puis trente-trois ans, vingt cinq ans.
Les années jacquaires
La première année jacquaire attestée historiquement date de 1428. La tradition de l'année jacquaire a été relancée en 1965. L'événement se reproduit au rythme de tous les 6, 5, 6 et 11 ans :
... 1954, 1965, 1971, 1976, 1982, 1993, 1999, 2004, 2010, 2021, 2027, 2032, 2038, 2049, 2055, 2060, 2066, 2077, 2083, 2088, 2094, 2105,...
D'un point de vue chrétien
Symboliquement, la porte Est de la cathédrale de Santiago de Compostella est ouverte au 31 décembre de l'année précédent l'année sainte. Pour le pèlerin, une indulgence plénière lui est accordée s'il remplit les obligations de prière, de confession, de rites, que l'Eglise a édicté. La fête religieuse de la saint Jacques débute le 24 juillet au soir par l'Office des Vêpres. Elle se poursuit le jour suivant, 25 juillet, par une liturgie adaptée dont on peut trouver les éléments rituels pour le chant et la musique dans le Codex Calixtinus (manuscrit du XIIème siècle) conservé par l'Archevêché de la cathédrale de Compostelle.
Après quelques incursions en Nationales, voici enfin depuis hier, le retour aux beaux spectacles. Un festival de plein air qui étale sans modération des paysages d’une beauté insolente. Entre combes boisées d’Eucalyptus, prairies d’alpage, bocages entretenus, ruisseaux chantants, hameaux isolés, nous avançons, savourant cet hymne à la nature que seul le marcheur sur ces itinéraires les plus reculés et dans sa lente pérégrination est à même de découvrir. Seule l’expérience vécue délivre ces fragrances de bonheur qui n’existent pas sur les livres.
Rousseau dans « mon portrait » disait : « je ne fais jamais rien qu’à la promenade, la campagne est mon cabinet ;l’aspect d’une table, du papier, des livres me donne l’ennui… » « Jamais je n’ai tant pensé, tant existé, tant vécu, tant été moi, si j’ose ainsi dire, que dans les voyages que j’ai fait seul et à pied…je dispose en maître de la nature entière. »
De temps en temps, pèlerins isolés ou groupes passent d’un pas rapide. La date du Dimanche 25 Juillet à Santiago pour le pèlerin permet d’assister aux festivités religieuses. Aussi devient-elle pour eux, un objectif difficile à atteindre ( quatre étapes de 35 à 40 km).
Adeptes sans condition de la fable « Le Lièvre et la tortue », n’aimant l’épreuve outre mesure ni le dépassement de soi excessif et en cette période d’absolution, nous nous déclarons maîtres et responsables de nos pêchés et n’envisageons en aucune façon une arrivée le 25 dans la cohue et l ‘ambiance de fête inévitable .
D’ailleurs, la une des journaux espagnols relatent : « La avalancha de peregrinos empieza à desbordar albergues y polideportivos en el Camino de Santiago » (Une avalanche de pèlerins commence à déborder des auberges et gymnases sur le chemin ». Par centaines, ils arrivent et dorment à la belle étoile dans les parcs.
Le chemin du Nord heureusement pour nous, ne connaît pas un tel enthousiasme.
Le mot du jour de Germaine : « Histoire des années saintes »
2010, DEUXIÈME ANNÉE JACQUAIRE DU TROISIÈME MILLÉNAIRE DE L'ÈRE CHRÉTIENNE
Lorsque la fête de la saint Jacques, le 25 juillet, tombe un dimanche, c'est une année sainte compostellane ou année jubilaire de saint Jacques ou année jacquaire. L'évènement donne lieu à d'importantes manifestations en Europe, tout au long des chemins, dans les hauts lieux du patrimoine compostellan et à Santiago de Compostela même.
Les années saintes ou jubilaires
L'année jubilaire chrétienne a été instituée en 1300 par le Pape Boniface VIII selon une tradition de l'ancien testament et est associée à une indulgence plénière (rémission des péchés). Au fil des siècles et jusqu'au XVe siècle, sa périodicité passe de cent à cinquante ans, puis trente-trois ans, vingt cinq ans.
Les années jacquaires
La première année jacquaire attestée historiquement date de 1428. La tradition de l'année jacquaire a été relancée en 1965. L'événement se reproduit au rythme de tous les 6, 5, 6 et 11 ans :
... 1954, 1965, 1971, 1976, 1982, 1993, 1999, 2004, 2010, 2021, 2027, 2032, 2038, 2049, 2055, 2060, 2066, 2077, 2083, 2088, 2094, 2105,...
D'un point de vue chrétien
Symboliquement, la porte Est de la cathédrale de Santiago de Compostella est ouverte au 31 décembre de l'année précédent l'année sainte. Pour le pèlerin, une indulgence plénière lui est accordée s'il remplit les obligations de prière, de confession, de rites, que l'Eglise a édicté. La fête religieuse de la saint Jacques débute le 24 juillet au soir par l'Office des Vêpres. Elle se poursuit le jour suivant, 25 juillet, par une liturgie adaptée dont on peut trouver les éléments rituels pour le chant et la musique dans le Codex Calixtinus (manuscrit du XIIème siècle) conservé par l'Archevêché de la cathédrale de Compostelle.
mercredi 21 juillet 2010
Mercredi 21 Juillet :Mondenedo à Abadin – 18 km
Le soleil est encore sous la couette quand il nous faut capeler le sac et quitter ce village sympathique pour s’attaquer à la rude montée . Monte, descend, monte, descend ; encore et encore tel est notre quotidien. La Galice semble se complaire dans ces vallons frais entourés de montagnes pour notre plus grand plaisir. C’est d’ailleurs une de ces côtes raides du parcours qu’il faut affronter, la tête à toucher les genoux, mais dont on sait déjà qu’elle repoussera l’horizon à entrevoir le but. Les dernières étapes peuvent se compter sur les doigts de la main nous donnant fatalement l’envie d’aller plus loin. Passer la ria Eo, les greniers à grain changent de look. Hors de question de copier nos voisins asturiens. Moins spacieux, plus aérés,
moins élégants, plus rustiques, les ancêtres galiciens ou l’inverse tenaient à leur prototype. A quelques mètres prés, chaque peuple a sa culture, chaque culture fait son peuple.
Le mot du jour de Germaine : « Pétition »
Pour le déplacement des panneaux annonciateurs de la ville plus prés de celle-ci – Chic ! Le panneau « Abadin » - on est arrivé ! Eh bien non, il nous faut marcher encore 1,5 km avant d’atteindre la première maison. Démoralisant, cette attente de l’arrivée. Toute la misère de la route faite vous tombe dessus, il semble qu’on ne peut plus avancer, la fatigue vous enserre telle un étau.
Mardi 20 Juillet : Tapia à Mondenedo – 36 km dont 20 en autobus - Soleil
L’aube a du mal à lever son voile. Assis face à la mer, nous mangeons mécaniquement notre part de brioche accompagnée d’un verre d’eau. 6h 30’ dans la pénombre, nous trottinons sur la nationale 634 ( tiens un changement !) et son cortège de véhicules. J’espère que l’ autoroute en construction ne bifurquera pas à l’intérieur des terres pour prier à Santiago. Vers la fin de matinée, nous enjambons le rio Eo , 600 m de pont qui sépare les terres asturiennes du territoire galicien. Nous quittons une région riche de contrastes ; la mer, la campagne ; le vert, le bleu ; de minuscules vallées, des hautes chaînes de montagne ; de l’industrie active, du tourisme modéré ; du cidre acidulé, du vin blanc léger ; des ruisseaux vigoureux, des rias à l’eau calme ; des plats mijotés de haricots, lard et chorizo, des produits grillés de la mer ; des plages sauvages, des falaises nombreuses. Je sais déjà que je reviendrai .
Mondonedo, un village aux maisons blanches, aux fenêtres habillées de fer forgé noir, aux ruelles tortueuses et nombreux escaliers. Au centre une place pavée où trône une immense cathédrale. Souriez à une habitante et elle rayonne, demander un renseignement et l’on vous en donne deux.
Les pèlerins qui font halte, sont ragaillardis, prêts à affronter les premières dénivelées de la Galice.
Le soir, à l’heure où la bière coule à flot devant les nombreux bars, un concert de jazz dirigé par un célèbre pianiste ( Michel Comilo) , nous rapproche de cette population joyeuse. Le chemin sait faire oublier les périodes difficiles.
Le mot du jour de Germaine : « Viva les Nationales »
La Nationale est « l’Autopista » des pèlerins : elle peut faire gagner quelques kilomètres ; elle est confortable : pas de cailloux qui agressent les dessous de pieds, risque d’entorse nul ; montées et descentes négociées en larges virages ; ventilation assurée : à chaque poids lourd une décoiffante bouffée d’air ; les yeux ne sont plus fixés sur la pointe des chaussures mais sur les bornes kilométriques : 100 m… 400… 1 km de fait !
De la poésie ? Il y en a : ces grains de maïs égrenés par je ne sais quel Petit Poucet pendant tout le parcours, à intervalles réguliers et qui me chuchotent : « Allez, roule ma poule ! ».
Lundi 19 Juillet : Luarca à Tapia - 28 km dont 8 en autobus – Brouillard, pluie
La nationale 632 est toujours au programme mais ce lundi, la circulation intense dés 6 h du matin nous impressionne. La sensation de danger se démultiplie avec ce temps exécrable. On a l’impression de voir un film fantastique se dérouler en 3D avec comme principaux acteurs deux pèlerins qui surnagent dans cette soupe bruyante. Ne me parlez pas de paysage, mais de marques de camions.
A notre grand étonnement, le gîte, isolé à la sortie du village, se trouve au-dessus de la mer. Vite un banc pour poser mes fesses, respirer l’air du large, admirer cette mer houleuse reprendre ses droits. Il fait frais.
Dimanche 18 Juillet : Novellana à Luarca – 33 km dont 15 en autobus - Soleil
Jour sans. Nationale 632 du début à la fin de l’étape. Je suis fatigué, très fatigué et le bus nous sauve d’une sinistrose aigüe. Le sommeil nous happe de 14h à 18h et de 21h à 5h30’.
Samedi 17 Juillet : Cudillero à Novellana – 20 km – Nuageux
Bien entendu, la descente vers le village de Cudillero par l’unique rue hier, suppose en revanche, pour aujourd’hui, la grimpette matinale. La construction d’un nouvel autoroute dans la région , bouleverse le chemin. Une seule solution, la nationale 632 que nous empruntons et que nous emprunterons encore demain. Heureusement, la circulation fluide et les bas côtés relativement larges ne nous exposent pas à trop de danger. Encore un plein de bulles carboniques. Et dire qu’à quelques lieux de là, vers l’intérieur des Asturies, les paysages montagneux font de cette région l’une des plus belles de l’Espagne. La faune sauvage riche et rare comme les loups, chats sauvages et l’ours brun qui fréquentent cette zone contribuent à ce label touristique. Il y a peu de chance et même aucune pour que nous rencontrions ce genre de bestioles, mais il est bon à l’esprit de les savoir là, encore dans les montagnes. Ce soir, nouvelle étape à l’hôtel par manque de gîtes, nos pieds enflent et notre bourse désenfle.
Le mot du jour de Germaine : « Jeu de mots »
Alors que nous débouchons sur une rue résidentielle à la sortie d’un village, une étrange bête traverse la chaussée pour entrer dans son jardin. Avec stupéfaction nous constatons qu’il s’agit ni plus ni moins qu’un « chat pelé », pelé volontairement : un chat angora tondu façon caniche ! Emotion…
Plus loin, Manu s’arrête devant un vieux mur de pierre bien authentique pour l’humidifier de quelques gouttes… Son regard pensif et non moins satisfait du soulagement , remarque, posé sur le mur, un « chapelet », un sympathique chapelet, fait de petites boules de bois bleue et beige reliées par un fin cordage. Il n’en faut pas plus à mon esprit embrumé par l’heure matinale pour se réveiller et associer ces deux faits en un jeu de mots.
Le soleil est encore sous la couette quand il nous faut capeler le sac et quitter ce village sympathique pour s’attaquer à la rude montée . Monte, descend, monte, descend ; encore et encore tel est notre quotidien. La Galice semble se complaire dans ces vallons frais entourés de montagnes pour notre plus grand plaisir. C’est d’ailleurs une de ces côtes raides du parcours qu’il faut affronter, la tête à toucher les genoux, mais dont on sait déjà qu’elle repoussera l’horizon à entrevoir le but. Les dernières étapes peuvent se compter sur les doigts de la main nous donnant fatalement l’envie d’aller plus loin. Passer la ria Eo, les greniers à grain changent de look. Hors de question de copier nos voisins asturiens. Moins spacieux, plus aérés,
moins élégants, plus rustiques, les ancêtres galiciens ou l’inverse tenaient à leur prototype. A quelques mètres prés, chaque peuple a sa culture, chaque culture fait son peuple.
Le mot du jour de Germaine : « Pétition »
Pour le déplacement des panneaux annonciateurs de la ville plus prés de celle-ci – Chic ! Le panneau « Abadin » - on est arrivé ! Eh bien non, il nous faut marcher encore 1,5 km avant d’atteindre la première maison. Démoralisant, cette attente de l’arrivée. Toute la misère de la route faite vous tombe dessus, il semble qu’on ne peut plus avancer, la fatigue vous enserre telle un étau.
Mardi 20 Juillet : Tapia à Mondenedo – 36 km dont 20 en autobus - Soleil
L’aube a du mal à lever son voile. Assis face à la mer, nous mangeons mécaniquement notre part de brioche accompagnée d’un verre d’eau. 6h 30’ dans la pénombre, nous trottinons sur la nationale 634 ( tiens un changement !) et son cortège de véhicules. J’espère que l’ autoroute en construction ne bifurquera pas à l’intérieur des terres pour prier à Santiago. Vers la fin de matinée, nous enjambons le rio Eo , 600 m de pont qui sépare les terres asturiennes du territoire galicien. Nous quittons une région riche de contrastes ; la mer, la campagne ; le vert, le bleu ; de minuscules vallées, des hautes chaînes de montagne ; de l’industrie active, du tourisme modéré ; du cidre acidulé, du vin blanc léger ; des ruisseaux vigoureux, des rias à l’eau calme ; des plats mijotés de haricots, lard et chorizo, des produits grillés de la mer ; des plages sauvages, des falaises nombreuses. Je sais déjà que je reviendrai .
Mondonedo, un village aux maisons blanches, aux fenêtres habillées de fer forgé noir, aux ruelles tortueuses et nombreux escaliers. Au centre une place pavée où trône une immense cathédrale. Souriez à une habitante et elle rayonne, demander un renseignement et l’on vous en donne deux.
Les pèlerins qui font halte, sont ragaillardis, prêts à affronter les premières dénivelées de la Galice.
Le soir, à l’heure où la bière coule à flot devant les nombreux bars, un concert de jazz dirigé par un célèbre pianiste ( Michel Comilo) , nous rapproche de cette population joyeuse. Le chemin sait faire oublier les périodes difficiles.
Le mot du jour de Germaine : « Viva les Nationales »
La Nationale est « l’Autopista » des pèlerins : elle peut faire gagner quelques kilomètres ; elle est confortable : pas de cailloux qui agressent les dessous de pieds, risque d’entorse nul ; montées et descentes négociées en larges virages ; ventilation assurée : à chaque poids lourd une décoiffante bouffée d’air ; les yeux ne sont plus fixés sur la pointe des chaussures mais sur les bornes kilométriques : 100 m… 400… 1 km de fait !
De la poésie ? Il y en a : ces grains de maïs égrenés par je ne sais quel Petit Poucet pendant tout le parcours, à intervalles réguliers et qui me chuchotent : « Allez, roule ma poule ! ».
Lundi 19 Juillet : Luarca à Tapia - 28 km dont 8 en autobus – Brouillard, pluie
La nationale 632 est toujours au programme mais ce lundi, la circulation intense dés 6 h du matin nous impressionne. La sensation de danger se démultiplie avec ce temps exécrable. On a l’impression de voir un film fantastique se dérouler en 3D avec comme principaux acteurs deux pèlerins qui surnagent dans cette soupe bruyante. Ne me parlez pas de paysage, mais de marques de camions.
A notre grand étonnement, le gîte, isolé à la sortie du village, se trouve au-dessus de la mer. Vite un banc pour poser mes fesses, respirer l’air du large, admirer cette mer houleuse reprendre ses droits. Il fait frais.
Dimanche 18 Juillet : Novellana à Luarca – 33 km dont 15 en autobus - Soleil
Jour sans. Nationale 632 du début à la fin de l’étape. Je suis fatigué, très fatigué et le bus nous sauve d’une sinistrose aigüe. Le sommeil nous happe de 14h à 18h et de 21h à 5h30’.
Samedi 17 Juillet : Cudillero à Novellana – 20 km – Nuageux
Bien entendu, la descente vers le village de Cudillero par l’unique rue hier, suppose en revanche, pour aujourd’hui, la grimpette matinale. La construction d’un nouvel autoroute dans la région , bouleverse le chemin. Une seule solution, la nationale 632 que nous empruntons et que nous emprunterons encore demain. Heureusement, la circulation fluide et les bas côtés relativement larges ne nous exposent pas à trop de danger. Encore un plein de bulles carboniques. Et dire qu’à quelques lieux de là, vers l’intérieur des Asturies, les paysages montagneux font de cette région l’une des plus belles de l’Espagne. La faune sauvage riche et rare comme les loups, chats sauvages et l’ours brun qui fréquentent cette zone contribuent à ce label touristique. Il y a peu de chance et même aucune pour que nous rencontrions ce genre de bestioles, mais il est bon à l’esprit de les savoir là, encore dans les montagnes. Ce soir, nouvelle étape à l’hôtel par manque de gîtes, nos pieds enflent et notre bourse désenfle.
Le mot du jour de Germaine : « Jeu de mots »
Alors que nous débouchons sur une rue résidentielle à la sortie d’un village, une étrange bête traverse la chaussée pour entrer dans son jardin. Avec stupéfaction nous constatons qu’il s’agit ni plus ni moins qu’un « chat pelé », pelé volontairement : un chat angora tondu façon caniche ! Emotion…
Plus loin, Manu s’arrête devant un vieux mur de pierre bien authentique pour l’humidifier de quelques gouttes… Son regard pensif et non moins satisfait du soulagement , remarque, posé sur le mur, un « chapelet », un sympathique chapelet, fait de petites boules de bois bleue et beige reliées par un fin cordage. Il n’en faut pas plus à mon esprit embrumé par l’heure matinale pour se réveiller et associer ces deux faits en un jeu de mots.
vendredi 16 juillet 2010
Vendredi 16 Juillet : Avilés à Cudillero – 28 km dont 16 km à pied – Pluie soutenue
Triste temps, la clartée du petit matin n’arrive pas à percer à travers les lourds nuages. Trés vite, les vêtements spéciaux pluie, prennent l’air pour la première fois du parcours. Fines puis rondelettes et soutenues, les gouttes nous enveloppent sans retenue. Au chaud, à l’abri, on pourrait chanter : “ il pleut, il mouille, c’est la fête à la grenouille!”. Pour nous, la tête dans les chaussettes, le cerveau vide, sans lunettes pour manque d’essuie glace, nous avançons vers le but comme ces limaces humides qui sillonnent la chaussée. Il serait cependant indécent de se plaindre aprés 24 jours de temps correct. La météo de “radio Camino” annonce pour demain et dimanche quelques gouttes éparses à prononcées. Demain sera un autre jour.
Aujourd’hui, nous nous éloignons du sentier pour passer la nuit à Cudillero, village qui semblait en photo sur la page de notre guide, sympathique. Une rue, une pente raide, un port, un village. Soit : 2 km de decente à partir de la première maison ; Mais l’effort est récompensé.
Le mot du jour de Germaine : « Vœux de silence »
J’assure ne pas les avoir prononcés avant de partir. Et pourtant… Et pourtant… pas une seule française depuis le départ et aucune en vue pour « taper la discute ». Par contre mon Manu qui « Habla l’espagnol » parle pour deux !!
Jeudi 15 Juillet : Gijon à Avilés – 24 km – Beau temps chaud
Deux villes industrielles et portuaires de moyenne importance distantes de 24 km , laissent peu d’espace sauvage pour le pèlerin. Quelques 8 km en campagne et forêt d’eucalyptus pour tout dire. Le reste, sortie et entrée urbaine, usines de gaz, d’électricité, aciéries ( 4km Arcelor Mitall), engrais et pour clore ce feuilleton industriel, un piquet de grève pour nous saluer. Bien sûr, comme d’autres compagnons de route, sauter toute l’étape en car peut se concevoir mais l’éthique du chemin nous l’interdit qui plus est après un 14 Juillet de repos. Par ailleurs, trois raisons essentielles motivent notre décision : la première, physique, permet d’entretenir le peu de forme qui nous anime ; la seconde, plus spirituelle, nous impose le chemin dans ses bons et mauvais jours et la troisième plus futuriste, nous fait dire qu’une sur-dose de chlorophylle et oxygène peut nuire à notre santé en retrouvant la civilisation après le chemin. De fait, quelques bulles de kérosène et autres gazes toxiques offrent je n’en doute pas une vaccination salutaire ( il est bon de divaguer après une petite sieste « sulfureuse » et « carbonique » !) .
Pour vous faire partager cette moche journée, voici trois moches photos : l’une de l’usine moche que nous longeons et longerons durant une heure, la seconde de dame pèlerine sur cette moche route plus qu’ensoleillée, la troisième du moche chapeau de fortune qui me protège.
Pour finir cette moche histoire d’Avilés contre les français.
« Pedro Menéndez de Avilés, né à Avilés dans les Asturies le 15 février 1519 et mort à Santander le 17 septembre 1574, est un noble et marin espagnol qui fut corsaire, puis amiral.
Il reste dans l'histoire comme le fondateur du comptoir de Saint Augustine en Floride, le plus ancien port européen d'Amérique du Nord (28 août 1565). Il détruisit le comptoir français concurrent de Fort Caroline la même année. Gouverneur de la Floride espagnole, il prit le contrôle du détroit des Bahamas, fortifia plusieurs ports des Antilles et conduisit des négociations avec les Indiens Calusa. »
Le mot du jour de Germaine : « Poco a poco »
« poco a poco » a remplacer depuis quelques temps le « buen camino ». A « poco a poco » on y arrive toujours, c’est ce que je me dis lorsque j’ai l’impression que cela n’en finit plus. « Petit à petit l’oiseau fait son nid », « poco a poco se fait le Camino de Santiago ».
Mardi 13 Juillet : La Islas à Villaviciosa – 24 km – Nuages et brume
Mercredi 14 Juillet : Gijon – beau temps
Le chemin fonce vers l’intérieur des terres, bien loin de l’activité urbaine et touristique et toujours ces descentes « pentues » jumelles de leurs montées non moins « pentues ». Cependant la monotonie ne trouve pas à s’immiscer dans cette marche au long cours. Il y a toujours une scène d’un autre âge pour attirer l’attention : Un grenier à grain aussi rude que gracieux prés de sa ferme ancestrale qui vit encore de son activité ; Ce hameau qui couve une minuscule église datant du 10 ème siècle et qui abrite en son chœur des peintures d’époque : Santo Salvador de Priesca et cette dame du hameau qui nous ouvre les portes après nous avoir couru après, merci pour ce cadeau ; ce vieil établi qui permettait de confectionner des tonneaux pour le cidre local ; Ce passage obligé, la peur en bandoulière et sans cape , au beau milieu de vaches, veaux et taureau ; Ce vieil homme la faux à la main qui pétille de joie parce que nous engageons la conversation ; Ce cheval qui accourt vers nous au galop pour quémander un trognon de pain et qui repart frustré de notre manque de générosité ; Ce taureau aux « cojones » bien suspendus qui froisse son museau sous les assauts de phéromones féminins ; Et ici et là, ces odeurs douces et sucrées de l’herbe coupée ou très incommodantes de l’étable rencontrée etc… Il y a toujours une scène à découvrir au hasard de nos pas.
Depuis quelques jours, nous croisons noyers et pommiers et bien entendu, la vision des scènes de maraudes de noix dans le Vercors et plus récemment dans la Dordogne occupent nos pensées. Moments inoubliables qui marquent la vie de notre association de « Très grands randonneurs fatigués ».
Demain, nous fêtons le 14 Juillet . Repos et baignade à Gijon . « Allons enfants de la Patrie…… » (mot du jour de Germaine)
Triste temps, la clartée du petit matin n’arrive pas à percer à travers les lourds nuages. Trés vite, les vêtements spéciaux pluie, prennent l’air pour la première fois du parcours. Fines puis rondelettes et soutenues, les gouttes nous enveloppent sans retenue. Au chaud, à l’abri, on pourrait chanter : “ il pleut, il mouille, c’est la fête à la grenouille!”. Pour nous, la tête dans les chaussettes, le cerveau vide, sans lunettes pour manque d’essuie glace, nous avançons vers le but comme ces limaces humides qui sillonnent la chaussée. Il serait cependant indécent de se plaindre aprés 24 jours de temps correct. La météo de “radio Camino” annonce pour demain et dimanche quelques gouttes éparses à prononcées. Demain sera un autre jour.
Aujourd’hui, nous nous éloignons du sentier pour passer la nuit à Cudillero, village qui semblait en photo sur la page de notre guide, sympathique. Une rue, une pente raide, un port, un village. Soit : 2 km de decente à partir de la première maison ; Mais l’effort est récompensé.
Le mot du jour de Germaine : « Vœux de silence »
J’assure ne pas les avoir prononcés avant de partir. Et pourtant… Et pourtant… pas une seule française depuis le départ et aucune en vue pour « taper la discute ». Par contre mon Manu qui « Habla l’espagnol » parle pour deux !!
Jeudi 15 Juillet : Gijon à Avilés – 24 km – Beau temps chaud
Deux villes industrielles et portuaires de moyenne importance distantes de 24 km , laissent peu d’espace sauvage pour le pèlerin. Quelques 8 km en campagne et forêt d’eucalyptus pour tout dire. Le reste, sortie et entrée urbaine, usines de gaz, d’électricité, aciéries ( 4km Arcelor Mitall), engrais et pour clore ce feuilleton industriel, un piquet de grève pour nous saluer. Bien sûr, comme d’autres compagnons de route, sauter toute l’étape en car peut se concevoir mais l’éthique du chemin nous l’interdit qui plus est après un 14 Juillet de repos. Par ailleurs, trois raisons essentielles motivent notre décision : la première, physique, permet d’entretenir le peu de forme qui nous anime ; la seconde, plus spirituelle, nous impose le chemin dans ses bons et mauvais jours et la troisième plus futuriste, nous fait dire qu’une sur-dose de chlorophylle et oxygène peut nuire à notre santé en retrouvant la civilisation après le chemin. De fait, quelques bulles de kérosène et autres gazes toxiques offrent je n’en doute pas une vaccination salutaire ( il est bon de divaguer après une petite sieste « sulfureuse » et « carbonique » !) .
Pour vous faire partager cette moche journée, voici trois moches photos : l’une de l’usine moche que nous longeons et longerons durant une heure, la seconde de dame pèlerine sur cette moche route plus qu’ensoleillée, la troisième du moche chapeau de fortune qui me protège.
Pour finir cette moche histoire d’Avilés contre les français.
« Pedro Menéndez de Avilés, né à Avilés dans les Asturies le 15 février 1519 et mort à Santander le 17 septembre 1574, est un noble et marin espagnol qui fut corsaire, puis amiral.
Il reste dans l'histoire comme le fondateur du comptoir de Saint Augustine en Floride, le plus ancien port européen d'Amérique du Nord (28 août 1565). Il détruisit le comptoir français concurrent de Fort Caroline la même année. Gouverneur de la Floride espagnole, il prit le contrôle du détroit des Bahamas, fortifia plusieurs ports des Antilles et conduisit des négociations avec les Indiens Calusa. »
Le mot du jour de Germaine : « Poco a poco »
« poco a poco » a remplacer depuis quelques temps le « buen camino ». A « poco a poco » on y arrive toujours, c’est ce que je me dis lorsque j’ai l’impression que cela n’en finit plus. « Petit à petit l’oiseau fait son nid », « poco a poco se fait le Camino de Santiago ».
Mardi 13 Juillet : La Islas à Villaviciosa – 24 km – Nuages et brume
Mercredi 14 Juillet : Gijon – beau temps
Le chemin fonce vers l’intérieur des terres, bien loin de l’activité urbaine et touristique et toujours ces descentes « pentues » jumelles de leurs montées non moins « pentues ». Cependant la monotonie ne trouve pas à s’immiscer dans cette marche au long cours. Il y a toujours une scène d’un autre âge pour attirer l’attention : Un grenier à grain aussi rude que gracieux prés de sa ferme ancestrale qui vit encore de son activité ; Ce hameau qui couve une minuscule église datant du 10 ème siècle et qui abrite en son chœur des peintures d’époque : Santo Salvador de Priesca et cette dame du hameau qui nous ouvre les portes après nous avoir couru après, merci pour ce cadeau ; ce vieil établi qui permettait de confectionner des tonneaux pour le cidre local ; Ce passage obligé, la peur en bandoulière et sans cape , au beau milieu de vaches, veaux et taureau ; Ce vieil homme la faux à la main qui pétille de joie parce que nous engageons la conversation ; Ce cheval qui accourt vers nous au galop pour quémander un trognon de pain et qui repart frustré de notre manque de générosité ; Ce taureau aux « cojones » bien suspendus qui froisse son museau sous les assauts de phéromones féminins ; Et ici et là, ces odeurs douces et sucrées de l’herbe coupée ou très incommodantes de l’étable rencontrée etc… Il y a toujours une scène à découvrir au hasard de nos pas.
Depuis quelques jours, nous croisons noyers et pommiers et bien entendu, la vision des scènes de maraudes de noix dans le Vercors et plus récemment dans la Dordogne occupent nos pensées. Moments inoubliables qui marquent la vie de notre association de « Très grands randonneurs fatigués ».
Demain, nous fêtons le 14 Juillet . Repos et baignade à Gijon . « Allons enfants de la Patrie…… » (mot du jour de Germaine)
mercredi 14 juillet 2010
Mardi 13 Juillet : La Islas à Villaviciosa – 24 km – Nuages et brume
Mercredi 14 Juillet : Gijon – beau temps
Le chemin fonce vers l’intérieur des terres, bien loin de l’activité urbaine et touristique et toujours ces descentes « pentues » jumelles de leurs montées non moins « pentues ». Cependant la monotonie ne trouve pas à s’immiscer dans cette marche au long cours. Il y a toujours une scène d’un autre âge pour attirer l’attention : Un grenier à grain aussi rude que gracieux prés de sa ferme ancestrale qui vit encore de son activité ; Ce hameau qui couve une minuscule église datant du 10 ème siècle et qui abrite en son chœur des peintures d’époque : Santo Salvador de Priesca et cette dame du hameau qui nous ouvre les portes après nous avoir couru après, merci pour ce cadeau ; ce vieil établi qui permettait de confectionner des tonneaux pour le cidre local ; Ce passage obligé, la peur en bandoulière, au beau milieu de vaches, veaux et taureau ; Ce vieil homme la faux à la main qui pétille de joie parce que nous engageons la conversation ; Ce cheval qui accourt vers nous au galop pour quémander un trognon de pain et qui repart frustré de notre manque de générosité ; Ce taureau aux « cojones » bien suspendus qui froisse son museau sous les assauts de phéromones féminins ; Et ici et là, ces odeurs douces et sucrées de l’herbe coupée ou très incommodantes de l’étable rencontrée etc… Il y a toujours une scène à découvrir au hasard de nos pas.
Depuis quelques jours, nous croisons noyers et pommiers et bien entendu, la vision des scènes de maraudes de noix dans le Vercors et plus récemment dans la Dordogne occupent nos pensées. Moments inoubliables qui marquent la vie de notre association de « Très grands randonneurs fatigués ».
Demain, nous fêtons le 14 Juillet . Repos et baignade à Gijon . « Allons enfants de la Patrie…… » (mot du jour de Germaine)
Mercredi 14 Juillet : Gijon – beau temps
Le chemin fonce vers l’intérieur des terres, bien loin de l’activité urbaine et touristique et toujours ces descentes « pentues » jumelles de leurs montées non moins « pentues ». Cependant la monotonie ne trouve pas à s’immiscer dans cette marche au long cours. Il y a toujours une scène d’un autre âge pour attirer l’attention : Un grenier à grain aussi rude que gracieux prés de sa ferme ancestrale qui vit encore de son activité ; Ce hameau qui couve une minuscule église datant du 10 ème siècle et qui abrite en son chœur des peintures d’époque : Santo Salvador de Priesca et cette dame du hameau qui nous ouvre les portes après nous avoir couru après, merci pour ce cadeau ; ce vieil établi qui permettait de confectionner des tonneaux pour le cidre local ; Ce passage obligé, la peur en bandoulière, au beau milieu de vaches, veaux et taureau ; Ce vieil homme la faux à la main qui pétille de joie parce que nous engageons la conversation ; Ce cheval qui accourt vers nous au galop pour quémander un trognon de pain et qui repart frustré de notre manque de générosité ; Ce taureau aux « cojones » bien suspendus qui froisse son museau sous les assauts de phéromones féminins ; Et ici et là, ces odeurs douces et sucrées de l’herbe coupée ou très incommodantes de l’étable rencontrée etc… Il y a toujours une scène à découvrir au hasard de nos pas.
Depuis quelques jours, nous croisons noyers et pommiers et bien entendu, la vision des scènes de maraudes de noix dans le Vercors et plus récemment dans la Dordogne occupent nos pensées. Moments inoubliables qui marquent la vie de notre association de « Très grands randonneurs fatigués ».
Demain, nous fêtons le 14 Juillet . Repos et baignade à Gijon . « Allons enfants de la Patrie…… » (mot du jour de Germaine)
lundi 12 juillet 2010
Lundi 12 Juillet : Pinares de Pria à La Islas – 32 km dont 18 km en autobus - Nuages
Nous traversons des prairies, absorbés par le seul effort d’avancer. Nos corps juste éveillés donnent la mesure et par expérience, ainsi que par les nombreux incidents vécus par nos compagnons de route , nous savons que sur ces longs parcours la maîtrise de l’étape ne nous appartient pas. Dans cette même journée, saurons-nous si nos jambes et pieds nous porteront au but ? Nous ne doutons pas qu’ils nous permettent d’entrevoir à moyen terme le Cap Finistère dont nous rêvons. Aussi, prenons nous quelques sages décisions, comme par exemple, raccourcir les étapes, effectuer la distance choisie en fonction du milieu au sein duquel on évolue, terminer la journée en moyen de locomotion existant si la longueur et le manque d’hébergement le demandent , entamer nos panoplies médicales, écouter avec une attention accrue les moindres alertes. Ces longues journées dans cette solitude aiguisent nos sens ; approfondissent l’écoute de nos corps et enseignent la sagesse de la lenteur.
A l’arrivée, nous marchons les pieds nus en bord de mer. L’eau fraîche ne peut que nous faire du bien. J’en profite vous vous en doutez par faire quelques brasses. Je me sens parfaitement bien.
Le mot du jour de Germaine : « Viva Espana »
Notre gîte se niche dans un trou de verdure mais Manu ne tarde pas à dégoter un petit bar tout aussi égaré pour aller soutenir l’équipe espagnole dans l’ambiance locale. Les pétards fusent dans la nuit étoilée et ce matin les drapeaux ornent les balcons. Bravo l’Espagne !
Nous traversons des prairies, absorbés par le seul effort d’avancer. Nos corps juste éveillés donnent la mesure et par expérience, ainsi que par les nombreux incidents vécus par nos compagnons de route , nous savons que sur ces longs parcours la maîtrise de l’étape ne nous appartient pas. Dans cette même journée, saurons-nous si nos jambes et pieds nous porteront au but ? Nous ne doutons pas qu’ils nous permettent d’entrevoir à moyen terme le Cap Finistère dont nous rêvons. Aussi, prenons nous quelques sages décisions, comme par exemple, raccourcir les étapes, effectuer la distance choisie en fonction du milieu au sein duquel on évolue, terminer la journée en moyen de locomotion existant si la longueur et le manque d’hébergement le demandent , entamer nos panoplies médicales, écouter avec une attention accrue les moindres alertes. Ces longues journées dans cette solitude aiguisent nos sens ; approfondissent l’écoute de nos corps et enseignent la sagesse de la lenteur.
A l’arrivée, nous marchons les pieds nus en bord de mer. L’eau fraîche ne peut que nous faire du bien. J’en profite vous vous en doutez par faire quelques brasses. Je me sens parfaitement bien.
Le mot du jour de Germaine : « Viva Espana »
Notre gîte se niche dans un trou de verdure mais Manu ne tarde pas à dégoter un petit bar tout aussi égaré pour aller soutenir l’équipe espagnole dans l’ambiance locale. Les pétards fusent dans la nuit étoilée et ce matin les drapeaux ornent les balcons. Bravo l’Espagne !
Dimanche 11 Juillet : Llanes à Pinares de Pria - 20 km – Nuages et soleil
Des plages de toute beauté vides de baigneurs, un patrimoine remarquable ( églises, authentiques villages asturiens, greniers à grain, monastère abandonné) et toujours cerise sur le gâteau ce sentier calme, ombré, sauvage qui parcourt les lieux.
Depuis mon dernier « coup de blues » sur les auberges de pèlerins, nous dormons en hôtels et pensions. Mais n’imaginez surtout pas que vos petits pèlerins s’embourgeoisent ce qui en soit ne gênerait que leur bourse ! Tout simplement, la région traversée manque de gîtes et sommes obligés de demander l’hospitalité aux auberges de jeunesse privées qui privilégient l’accueil de colonies de vacances et affichent complet. Aujourd’hui, nous allongeons sciemment la ballade pour être en gîte. Un geste d’humilité qui sied parfaitement à notre condition. Mais voilà que la grâce nous enveloppe : le gîte récent nous propose une chambre pour « matrimonio »c’est à dire une grande chambre double avec tout le confort. Alleluia !
Le mot du jour de Germaine : « bestiaire »
Peu d’animaux «sauvages » rencontrés sur ces parcours ; Aussi, ce matin, c’est avec amusement que nous observons le manège d’un écureuil qui veut traverser la route : comme sur un « starking bloc », il prend place au bord du chemin et se lance à toute vitesse pour traverser mais ne va jamais plus loin que le milieu de la chaussée, s’en retournant illico presto se cacher là d’où il vient. Après au moins quatre tentatives –dont une au moment ou une voiture arrive- il se décide enfin et disparaît de l’autre côté. Cocinelle, coléoptère aux couleurs fluos (comme ceux du haut-Languedoc) et petit chevreuil dans les prés. Pas de quoi faire un roman…
Samedi 10 Juillet : La Franca à Llanes - 19 km – Nuages et beau temps en alternance
Les paysages sont toujours plus somptueux. Gorgés d’humidité, les verts brillants tentent d’envahir le ciel et la mer. Prairies, champs de fougères, forêts d’eucalyptus, haies de noisetiers, touches de chênes, la palette du peintre peine à trouver autant de nuances. Le chemin flâne et approche la mer. De minuscules plages isolées découpent les lignes de falaises que nous surplombons. Là, j’ai découvert un « Bufones de arenillas » qui est en fait une cheminée qui part du niveau de la mer et rejoint la crête à 10 ou 20 mètres du niveau de l’eau. La mer s’engouffre et jaillit tel un geyser accompagné d’un souffle impressionnant. Cet évènement géologique est considéré comme « monument historique ». Depuis l’aube, le silence de notre progression sait se faire « causant » pour peu que nous soyons à son écoute ( surtout pour moi qui n’entend que la moitié des sons !) , le chant du coq à l’accent espagnol, le roucoulement de deux ramiers sédentaires, d’innombrables clarines interprétant un concert de musique d’avant garde, la trille du chardonneret qui goutte du bout des dents l’enveloppe charnue des baies de l’églantier, cynorhodons pour les savants, gratte-cul pour nous les gueux et bijoux de corail pour les poètes. En faire des confitures prend un temps fou, autant être paresseux et laisser les oiseaux se régaler de ces petits fruits. Enfin, le souffle puissant des « bufones de arenillas » qui surprend et impressionne le vagabond du chemin. Tant de sons nous réjouit.
Nous découvrons l’agréable cité de Llanés en fête qui marque la fin de balade. Nous allons prendre le temps de nous asseoir à la terrasse d’un café prés du port, demander un cidre local très frais, penser à vous et observer nos bruyants espagnols et leurs marmailles pour un spectacle garanti.
Le mot du jour de Germaine : « tour de magie »
En fin de matinée la fatigue se fait sentir, il fait plus chaud. Vers 12 h on aperçoit la ville, mais le sentier qui s’enroule autour d’une montagne, nous mène à l’opposé ; Dur pour le moral. Cette fin d’étape ne semble plus finir, je me traîne, les « un, deux, trois, quatre, » deviennent des « un, deux, », impossible de chanter, rien ne passe, le pied gauche se fait lourd. Puis soudain, par miracle, au pied d’un Hermitage le sentier déboule sans prévenir dans les rues de cette cité accueillante. Ouf ! nous voici rendus.
Vendredi 09 Juillet : San Vicente de la Barquera à La Franca – 24 km – Nuages très menaçants
Les orages puissants ont parcouru la nuit. Tôt ce matin, un ciel menaçant et un relief plus tourmenté ouvrent notre journée de travail . Le paysage est cerné de hautes montagnes : « Stupeur et tremblement ! » Faut-il escalader ? Notre guide semble dire non pur l’instant. Faut-il croire ce petit raconteur de blagues ? Plus loin en matinée, un panneau routier annonce « Los picos de Europa » (pics d’Europe) fameuses montagnes situées à l’ouest de l’Espagne, au-delà de Santander, en direction de la frontière portugaise. Picos de Europa d’où vient ce nom ? Tout simplement des grands navigateurs espagnols qui, s’en revenant du Continent Américain, apercevaient l’Europe de loin, grâce à ces hauts sommets neigeux que l’on voyait depuis l’Océan Atlantique. Ce sont eux qui les ont ainsi baptisés.
Si ces « picos » étaient des signes de bonheur pour ces hardis navigateurs, ils resteront pour moi si nous les côtoyons - « Ojala que no !» ( j’espère que non !) - des signes de souffrances.
Au cours du cheminement, nous découvrons un grenier à grain, monté sur neuf piliers. Encore un nouveau chapitre d’histoire qui ponctue notre marche. Malgré le guide succinct ( Il est difficile d’emmener des guides de voyage !) qui nous accompagne, nous ne savons jamais exactement où nos pas nous entraîneront mais cela est pur délice de découvrir de nouvelles surprises.
Le mot du jour de Germaine : « chants »
Si généralement je compte : « un, deux, trois, quatre ! », aujourd’hui, Manu chantonne : « Ra ! Ra ! Petit …Peto…Petibus ! Si tu rate le métro, tu prendras l’autobus. » . Il en rêve.. !
Des plages de toute beauté vides de baigneurs, un patrimoine remarquable ( églises, authentiques villages asturiens, greniers à grain, monastère abandonné) et toujours cerise sur le gâteau ce sentier calme, ombré, sauvage qui parcourt les lieux.
Depuis mon dernier « coup de blues » sur les auberges de pèlerins, nous dormons en hôtels et pensions. Mais n’imaginez surtout pas que vos petits pèlerins s’embourgeoisent ce qui en soit ne gênerait que leur bourse ! Tout simplement, la région traversée manque de gîtes et sommes obligés de demander l’hospitalité aux auberges de jeunesse privées qui privilégient l’accueil de colonies de vacances et affichent complet. Aujourd’hui, nous allongeons sciemment la ballade pour être en gîte. Un geste d’humilité qui sied parfaitement à notre condition. Mais voilà que la grâce nous enveloppe : le gîte récent nous propose une chambre pour « matrimonio »c’est à dire une grande chambre double avec tout le confort. Alleluia !
Le mot du jour de Germaine : « bestiaire »
Peu d’animaux «sauvages » rencontrés sur ces parcours ; Aussi, ce matin, c’est avec amusement que nous observons le manège d’un écureuil qui veut traverser la route : comme sur un « starking bloc », il prend place au bord du chemin et se lance à toute vitesse pour traverser mais ne va jamais plus loin que le milieu de la chaussée, s’en retournant illico presto se cacher là d’où il vient. Après au moins quatre tentatives –dont une au moment ou une voiture arrive- il se décide enfin et disparaît de l’autre côté. Cocinelle, coléoptère aux couleurs fluos (comme ceux du haut-Languedoc) et petit chevreuil dans les prés. Pas de quoi faire un roman…
Samedi 10 Juillet : La Franca à Llanes - 19 km – Nuages et beau temps en alternance
Les paysages sont toujours plus somptueux. Gorgés d’humidité, les verts brillants tentent d’envahir le ciel et la mer. Prairies, champs de fougères, forêts d’eucalyptus, haies de noisetiers, touches de chênes, la palette du peintre peine à trouver autant de nuances. Le chemin flâne et approche la mer. De minuscules plages isolées découpent les lignes de falaises que nous surplombons. Là, j’ai découvert un « Bufones de arenillas » qui est en fait une cheminée qui part du niveau de la mer et rejoint la crête à 10 ou 20 mètres du niveau de l’eau. La mer s’engouffre et jaillit tel un geyser accompagné d’un souffle impressionnant. Cet évènement géologique est considéré comme « monument historique ». Depuis l’aube, le silence de notre progression sait se faire « causant » pour peu que nous soyons à son écoute ( surtout pour moi qui n’entend que la moitié des sons !) , le chant du coq à l’accent espagnol, le roucoulement de deux ramiers sédentaires, d’innombrables clarines interprétant un concert de musique d’avant garde, la trille du chardonneret qui goutte du bout des dents l’enveloppe charnue des baies de l’églantier, cynorhodons pour les savants, gratte-cul pour nous les gueux et bijoux de corail pour les poètes. En faire des confitures prend un temps fou, autant être paresseux et laisser les oiseaux se régaler de ces petits fruits. Enfin, le souffle puissant des « bufones de arenillas » qui surprend et impressionne le vagabond du chemin. Tant de sons nous réjouit.
Nous découvrons l’agréable cité de Llanés en fête qui marque la fin de balade. Nous allons prendre le temps de nous asseoir à la terrasse d’un café prés du port, demander un cidre local très frais, penser à vous et observer nos bruyants espagnols et leurs marmailles pour un spectacle garanti.
Le mot du jour de Germaine : « tour de magie »
En fin de matinée la fatigue se fait sentir, il fait plus chaud. Vers 12 h on aperçoit la ville, mais le sentier qui s’enroule autour d’une montagne, nous mène à l’opposé ; Dur pour le moral. Cette fin d’étape ne semble plus finir, je me traîne, les « un, deux, trois, quatre, » deviennent des « un, deux, », impossible de chanter, rien ne passe, le pied gauche se fait lourd. Puis soudain, par miracle, au pied d’un Hermitage le sentier déboule sans prévenir dans les rues de cette cité accueillante. Ouf ! nous voici rendus.
Vendredi 09 Juillet : San Vicente de la Barquera à La Franca – 24 km – Nuages très menaçants
Les orages puissants ont parcouru la nuit. Tôt ce matin, un ciel menaçant et un relief plus tourmenté ouvrent notre journée de travail . Le paysage est cerné de hautes montagnes : « Stupeur et tremblement ! » Faut-il escalader ? Notre guide semble dire non pur l’instant. Faut-il croire ce petit raconteur de blagues ? Plus loin en matinée, un panneau routier annonce « Los picos de Europa » (pics d’Europe) fameuses montagnes situées à l’ouest de l’Espagne, au-delà de Santander, en direction de la frontière portugaise. Picos de Europa d’où vient ce nom ? Tout simplement des grands navigateurs espagnols qui, s’en revenant du Continent Américain, apercevaient l’Europe de loin, grâce à ces hauts sommets neigeux que l’on voyait depuis l’Océan Atlantique. Ce sont eux qui les ont ainsi baptisés.
Si ces « picos » étaient des signes de bonheur pour ces hardis navigateurs, ils resteront pour moi si nous les côtoyons - « Ojala que no !» ( j’espère que non !) - des signes de souffrances.
Au cours du cheminement, nous découvrons un grenier à grain, monté sur neuf piliers. Encore un nouveau chapitre d’histoire qui ponctue notre marche. Malgré le guide succinct ( Il est difficile d’emmener des guides de voyage !) qui nous accompagne, nous ne savons jamais exactement où nos pas nous entraîneront mais cela est pur délice de découvrir de nouvelles surprises.
Le mot du jour de Germaine : « chants »
Si généralement je compte : « un, deux, trois, quatre ! », aujourd’hui, Manu chantonne : « Ra ! Ra ! Petit …Peto…Petibus ! Si tu rate le métro, tu prendras l’autobus. » . Il en rêve.. !
jeudi 8 juillet 2010
Jeudi 08 Juillet : Comillas à San Vicente de la Barquera – 12,5 km - nuages
L’étape est raccourcie volontairement. Il faut savoir ménager sa monture après 16 jours de course. Ceci va nous permettre de nous attarder à San Vicente de la Barquera et découper équitablement les étapes suivantes ( 20 km de moyenne).
Les paysages deviennent de plus en plus alléchants, les premières Rias se jetant à la mer et cernées de montagne font leur apparition, une sublime toile sur laquelle se déroule le film serein de la vie rurale. Je n’ai pas résisté à vous offrir un beau spécimen de vache espagnole.
Nous célébrons l’entrée dans les Asturies.
Le mot du jour de Germaine : « Logistique et paradis » (4)
Le « un, deux, trois, quatre » de ce matin est à la mesure de mon état d’esprit : au top ! Seulement 12,5 km et avons encore entouré « posadas et hôtels » .
Au lever ce matin (5h50’) après avoir mis silencieusement ( certains dorment encore) et dans l’obscurité, les dernières affaires dans le sac, nous avons pris notre petit déjeuner sur place car il y a une cuisine (Sinon un yaourt à boire et une madeleine font l’affaire, le vrai petit déjeuner sera pris après deux heures d’effort dans un café ou sur le bord du chemin si les cafés sont des mirages.) ensuite mise de pieds dans les chaussures, laçage, mise au dos du sac, réglages, prise en main des bâtons, et c’est parti : « un, deux, trois, quatre » « un, deux, trois, quatre ». Ce qui est sûr c’est que les jours qui suivront se ressembleront . Toute cette logistique est , ô combien … peu, oui vraiment peu « paradisiaque »…. !
Mercredi 07 Juillet : Santillana del mar à Comillas -24 km - beau temps
En traversant le Gers, je trouvais que chaque colline avait sa ferme et que chaque ferme avait sa colline. Aujourd’hui je dis à nouveau : chaque colline à son lieu de prière et chaque lieu de prière a sa colline. Malheureusement, comme chez nous, les portes sont closes. Les prêtres étudient ce problème et plus particulièrement sur ce chemin de foi, mais ils se heurtent aux décisions des évêchés qui priorisent les pèlerinages vers Lourdes ou Rome plus valorisants pour leur image, au détriment de cette route où circulent quelques gueux poussiéreux..
Le circuit de toute beauté alterne paysages maritimes, vallées bucoliques, patrimoine historique considérable pour nous déposer à Comillas . Notre guide du parcours annonce une petite ville jolie. Encore une fois, nous relevons l’anomalie du jour. Les auteurs ont certainement glané des informations çi et là sans faire réellement le trajet. En guise de jolie petite ville, c’est encore un haut lieu de l’histoire qui mérite une visite approfondie lors d’un prochain voyage touristique. Le pèlerin moyen comme nous, ne peut exiger à son corps un effort complémentaire pour visiter les cités. En premier lieu, les gîtes ouvrent généralement vers 16h, en second lieu, la toilette, les soins et massages, le linge demande du temps et en troisième lieu, la fatigue cumulée ne peut être un vecteur de curiosité culturelle profonde.
Le mot du jour de Germaine : « Logistique et paradis » (3)
Ce matin mes jambes me font littéralement défaut, j’ai beau compter « un, deux, trois, quatre », en rythme pour me donner celui-ci mais ce dernier se fait tirer l’oreille. Pourtant hier soir j’ai administré à mon estomac ce qu’il fallait pour satisfaire mon corps : une énorme entrecôte grillée au feu de bois, sans parler de gambas, de la crème catalane, du verre de vin pour moi et cidre local pour Manu… Il fallait bien parfaire totalement cette journée ! Ce soir ce sera « plato combinado » dans un café avec télé, match de foot oblige. Lorsque les « albergue pour pérégrinos » ont une cuisine on se fait chauffer un plat au micro-ondes. Parfois des restos proposent des menus pèlerins entre 6 et 10 € vin compris, ils sont copieux. Ensuite avant de revêtir nos tenues de nuit , pour être exact des tenues de randos adaptées à la nuit, (pas de risque de se tromper de réalité), on devient infirmier, masseur et peut être guérisseur. Nous parons les pieds de pansements préventifs, frottons les jambes avec de l’huile à l’arnica additionnée d’autres aux pouvoirs anti-inflammatoires… Bonne nuit.
Mardi 06 Juillet 2010 : Santander à Santillana del mar - 45 km dont 21 km en train - Nuages
Hier soir, la restauratrice du coin, au menu pèlerin, nous suggère de quitter Santander en train pour cause de travaux importants à la périphérie et parce que le pont de la « RENFE » (SNCF) situé à 19km par lequel les pèlerins cheminent est actuellement interdit. En ce qui nous concerne, pas de problème. D’un commun accord la décision est prise. La balade, ne mérite aucun commentaire. L’homme façonne les paysages de façon anarchique . Des villages sans âmes, aux maisons identiques naissent à n’en plus finir. Je suis triste de parcourir ce coin. Le ciel s'assombrit, la pluie goutte sur nous, un peu, puis s'évanouit comme elle est venue...
En arrivant à Santillana Del Mar. Oh surprise ! Un petit bourg médiéval, admirablement conservé, aux maisons ornées de balcons fleuris et rues pavées qui fait partie des plus beaux villages d’Espagne nous surprend. Au centre, la collégiale Santa Juliana superbe et riche de trésors architecturaux et sobre de décors flamboyants enchante le visiteur et nous conte un siècle d’histoire. Il fait bon s’y ressourcer pour affermir sa volonté de poursuivre sa marche, s’il en était besoin. La magie du lieu et la découverte d’une « posada » charmante et ancienne demeure, les murs blancs, à l’odeur de cire omniprésente et aux meubles baroques de style espagnol, obligent vos respectables pèlerins à y passer la nuit.
Le mot du jour de Germaine : « Logistique et paradis » (2)
Le livre promet une fin d’étape de toute beauté et pour que cela le soit encore plus nous rayons l’auberge pour pèlerin et entourons les mots « posadas » et « hôtel ». Mais pour y arriver il faut affronter 24 km de chemin et surtout de route.
« Oyga senior ! A cuanto kilometros estamos de Santillana ? » Quoi ! 5 km ! j’en avais compté 3 ! Mes jambes font la mauvaise tête et ma tête me susurre : après sa douche Manu partira en repérage « ( il ne fait aucun doute qu’il en profite pour se désaltérer) mais avant il aura fait sa lessive, comme moi la mienne ; Un peu de repos en attendant son retour puis ce sera écriture et courses ou couses et écriture ou que courses…Mais dans ce village médiéval annoncé je pense qu’il faudra convaincre jambes et pieds à rajouter de la visite…
Lundi 05 Juillet : Santona à Santander 42 km dont 18 en voiture – Beau temps chaud
La journée s’annonce particulièrement intéressante. Un départ à l’aube, une petite conversation technique avec les pêcheurs du coin, un chemin le long des marais libérés par la marée, quelques familles de poules d’eau en quête du petit déjeuner, l’échasse blanche endormie sur sa patte, trois foulques-macroules inspectent le territoire et rament pour le plaisir puis une plage immense auréolée de brume. Ces quelques scènes, introduisent les prémices d’une journée sereine . Très vite, une rude montée envahie de fougères, nous propulse au sommet du monticule. Là, plus bas, une large plage déserte, hors de la civilisation dévoile son charme sauvage. Un petit matin du monde pour nous, rien que pour nous. Au-delà de cet Eden, le chemin fonce vers l’intérieur des terres . Ca et là, entre prairies et cultures, de nouveaux villages aux habitations identiques, défigurent le coin. L’intérêt décroît et notre moral avec. Notre objectif, compte tenu d’alertes inflammatoires de nos pneus est de rejoindre Santander en autobus à partir du village de Guèmes . Nous aurons ainsi pour la journée 24 km à notre actif . Mais, « Pas de chance » nous sourit, un seul passage de bus le matin à 7h30’. Courage, plus que 8 km (pour traverser le ria en bateau pour Santander) . A l’instant, un ange passe, s’arrête et nous propose son aide. Nous voici en quelques minutes en compagnie du Padre Ernesto curé de la paroisse, sur la voie rapide en voiture ( muchas gracias Senior). Nous visitons ou plutôt survolons trois rues de Santander. Il est souvent difficile après la douche et quelques instants de repos de vagabonder en ville. Ce soir, un dortoir usine en forme de boite de sardines. J’ai envie de crier que tout n’est pas gai sur le chemin, notamment les soirées. Difficile de bouger dans les étroites travées, d’ôter son vêtement ou de sentir à un cheveu prés les atours costauds de vos voisines , difficile de vivre sans bruit : respect de la sieste, respect des couche- tôt, respect des couche- tard, difficile de prendre son temps sous la seule douche et de se pouponner lorsque la meute attend sourire aux lèvres bien entendu mais prête à bondir malgré tout ; difficile de prendre le sommeil avec le grincement des sommiers qui crissent au moindre geste, difficile d’aller pisser dans la nuit sans rencontrer un sac ou des godillots sur votre route , difficile de préparer son sac à l’aube dans la pénombre, difficile d’avaler un petit déjeuner composé de yaourt et biscuits plus ou moins écrasés en attendant l’ouverture d’un café, enfin difficile de tout, tout, tout !
Bonne nuit les amis.
Le mot du jour de Germaine : « Logistique et paradis» (1)
Il est 12H30’, il fait chaud. Le car attendu n’existe pas… Il faut rajouter 8 km pour espérer en trouver un. Allez mes jambes, on y va. . Ma tête, elle, est déjà au gîte : Manu pose son sac et court se doucher comme à son habitude. Moi je préfère installer mon lit, c’est à dire étendre mon « sac à viande », sortir mes trois sacs : nuit, vêtements, rechanges, et les affaires de douche puis prendre mon tour… mais que se passe-t-il ? Manu me crie : « traverse », on m’arrache mon sac et me voilà installer à l’arrière d’un « Kangoo » aussi blanche que les longs cheveux bouclés et la barbe de son conducteur… Je me crois au paradis.
L’étape est raccourcie volontairement. Il faut savoir ménager sa monture après 16 jours de course. Ceci va nous permettre de nous attarder à San Vicente de la Barquera et découper équitablement les étapes suivantes ( 20 km de moyenne).
Les paysages deviennent de plus en plus alléchants, les premières Rias se jetant à la mer et cernées de montagne font leur apparition, une sublime toile sur laquelle se déroule le film serein de la vie rurale. Je n’ai pas résisté à vous offrir un beau spécimen de vache espagnole.
Nous célébrons l’entrée dans les Asturies.
Le mot du jour de Germaine : « Logistique et paradis » (4)
Le « un, deux, trois, quatre » de ce matin est à la mesure de mon état d’esprit : au top ! Seulement 12,5 km et avons encore entouré « posadas et hôtels » .
Au lever ce matin (5h50’) après avoir mis silencieusement ( certains dorment encore) et dans l’obscurité, les dernières affaires dans le sac, nous avons pris notre petit déjeuner sur place car il y a une cuisine (Sinon un yaourt à boire et une madeleine font l’affaire, le vrai petit déjeuner sera pris après deux heures d’effort dans un café ou sur le bord du chemin si les cafés sont des mirages.) ensuite mise de pieds dans les chaussures, laçage, mise au dos du sac, réglages, prise en main des bâtons, et c’est parti : « un, deux, trois, quatre » « un, deux, trois, quatre ». Ce qui est sûr c’est que les jours qui suivront se ressembleront . Toute cette logistique est , ô combien … peu, oui vraiment peu « paradisiaque »…. !
Mercredi 07 Juillet : Santillana del mar à Comillas -24 km - beau temps
En traversant le Gers, je trouvais que chaque colline avait sa ferme et que chaque ferme avait sa colline. Aujourd’hui je dis à nouveau : chaque colline à son lieu de prière et chaque lieu de prière a sa colline. Malheureusement, comme chez nous, les portes sont closes. Les prêtres étudient ce problème et plus particulièrement sur ce chemin de foi, mais ils se heurtent aux décisions des évêchés qui priorisent les pèlerinages vers Lourdes ou Rome plus valorisants pour leur image, au détriment de cette route où circulent quelques gueux poussiéreux..
Le circuit de toute beauté alterne paysages maritimes, vallées bucoliques, patrimoine historique considérable pour nous déposer à Comillas . Notre guide du parcours annonce une petite ville jolie. Encore une fois, nous relevons l’anomalie du jour. Les auteurs ont certainement glané des informations çi et là sans faire réellement le trajet. En guise de jolie petite ville, c’est encore un haut lieu de l’histoire qui mérite une visite approfondie lors d’un prochain voyage touristique. Le pèlerin moyen comme nous, ne peut exiger à son corps un effort complémentaire pour visiter les cités. En premier lieu, les gîtes ouvrent généralement vers 16h, en second lieu, la toilette, les soins et massages, le linge demande du temps et en troisième lieu, la fatigue cumulée ne peut être un vecteur de curiosité culturelle profonde.
Le mot du jour de Germaine : « Logistique et paradis » (3)
Ce matin mes jambes me font littéralement défaut, j’ai beau compter « un, deux, trois, quatre », en rythme pour me donner celui-ci mais ce dernier se fait tirer l’oreille. Pourtant hier soir j’ai administré à mon estomac ce qu’il fallait pour satisfaire mon corps : une énorme entrecôte grillée au feu de bois, sans parler de gambas, de la crème catalane, du verre de vin pour moi et cidre local pour Manu… Il fallait bien parfaire totalement cette journée ! Ce soir ce sera « plato combinado » dans un café avec télé, match de foot oblige. Lorsque les « albergue pour pérégrinos » ont une cuisine on se fait chauffer un plat au micro-ondes. Parfois des restos proposent des menus pèlerins entre 6 et 10 € vin compris, ils sont copieux. Ensuite avant de revêtir nos tenues de nuit , pour être exact des tenues de randos adaptées à la nuit, (pas de risque de se tromper de réalité), on devient infirmier, masseur et peut être guérisseur. Nous parons les pieds de pansements préventifs, frottons les jambes avec de l’huile à l’arnica additionnée d’autres aux pouvoirs anti-inflammatoires… Bonne nuit.
Mardi 06 Juillet 2010 : Santander à Santillana del mar - 45 km dont 21 km en train - Nuages
Hier soir, la restauratrice du coin, au menu pèlerin, nous suggère de quitter Santander en train pour cause de travaux importants à la périphérie et parce que le pont de la « RENFE » (SNCF) situé à 19km par lequel les pèlerins cheminent est actuellement interdit. En ce qui nous concerne, pas de problème. D’un commun accord la décision est prise. La balade, ne mérite aucun commentaire. L’homme façonne les paysages de façon anarchique . Des villages sans âmes, aux maisons identiques naissent à n’en plus finir. Je suis triste de parcourir ce coin. Le ciel s'assombrit, la pluie goutte sur nous, un peu, puis s'évanouit comme elle est venue...
En arrivant à Santillana Del Mar. Oh surprise ! Un petit bourg médiéval, admirablement conservé, aux maisons ornées de balcons fleuris et rues pavées qui fait partie des plus beaux villages d’Espagne nous surprend. Au centre, la collégiale Santa Juliana superbe et riche de trésors architecturaux et sobre de décors flamboyants enchante le visiteur et nous conte un siècle d’histoire. Il fait bon s’y ressourcer pour affermir sa volonté de poursuivre sa marche, s’il en était besoin. La magie du lieu et la découverte d’une « posada » charmante et ancienne demeure, les murs blancs, à l’odeur de cire omniprésente et aux meubles baroques de style espagnol, obligent vos respectables pèlerins à y passer la nuit.
Le mot du jour de Germaine : « Logistique et paradis » (2)
Le livre promet une fin d’étape de toute beauté et pour que cela le soit encore plus nous rayons l’auberge pour pèlerin et entourons les mots « posadas » et « hôtel ». Mais pour y arriver il faut affronter 24 km de chemin et surtout de route.
« Oyga senior ! A cuanto kilometros estamos de Santillana ? » Quoi ! 5 km ! j’en avais compté 3 ! Mes jambes font la mauvaise tête et ma tête me susurre : après sa douche Manu partira en repérage « ( il ne fait aucun doute qu’il en profite pour se désaltérer) mais avant il aura fait sa lessive, comme moi la mienne ; Un peu de repos en attendant son retour puis ce sera écriture et courses ou couses et écriture ou que courses…Mais dans ce village médiéval annoncé je pense qu’il faudra convaincre jambes et pieds à rajouter de la visite…
Lundi 05 Juillet : Santona à Santander 42 km dont 18 en voiture – Beau temps chaud
La journée s’annonce particulièrement intéressante. Un départ à l’aube, une petite conversation technique avec les pêcheurs du coin, un chemin le long des marais libérés par la marée, quelques familles de poules d’eau en quête du petit déjeuner, l’échasse blanche endormie sur sa patte, trois foulques-macroules inspectent le territoire et rament pour le plaisir puis une plage immense auréolée de brume. Ces quelques scènes, introduisent les prémices d’une journée sereine . Très vite, une rude montée envahie de fougères, nous propulse au sommet du monticule. Là, plus bas, une large plage déserte, hors de la civilisation dévoile son charme sauvage. Un petit matin du monde pour nous, rien que pour nous. Au-delà de cet Eden, le chemin fonce vers l’intérieur des terres . Ca et là, entre prairies et cultures, de nouveaux villages aux habitations identiques, défigurent le coin. L’intérêt décroît et notre moral avec. Notre objectif, compte tenu d’alertes inflammatoires de nos pneus est de rejoindre Santander en autobus à partir du village de Guèmes . Nous aurons ainsi pour la journée 24 km à notre actif . Mais, « Pas de chance » nous sourit, un seul passage de bus le matin à 7h30’. Courage, plus que 8 km (pour traverser le ria en bateau pour Santander) . A l’instant, un ange passe, s’arrête et nous propose son aide. Nous voici en quelques minutes en compagnie du Padre Ernesto curé de la paroisse, sur la voie rapide en voiture ( muchas gracias Senior). Nous visitons ou plutôt survolons trois rues de Santander. Il est souvent difficile après la douche et quelques instants de repos de vagabonder en ville. Ce soir, un dortoir usine en forme de boite de sardines. J’ai envie de crier que tout n’est pas gai sur le chemin, notamment les soirées. Difficile de bouger dans les étroites travées, d’ôter son vêtement ou de sentir à un cheveu prés les atours costauds de vos voisines , difficile de vivre sans bruit : respect de la sieste, respect des couche- tôt, respect des couche- tard, difficile de prendre son temps sous la seule douche et de se pouponner lorsque la meute attend sourire aux lèvres bien entendu mais prête à bondir malgré tout ; difficile de prendre le sommeil avec le grincement des sommiers qui crissent au moindre geste, difficile d’aller pisser dans la nuit sans rencontrer un sac ou des godillots sur votre route , difficile de préparer son sac à l’aube dans la pénombre, difficile d’avaler un petit déjeuner composé de yaourt et biscuits plus ou moins écrasés en attendant l’ouverture d’un café, enfin difficile de tout, tout, tout !
Bonne nuit les amis.
Le mot du jour de Germaine : « Logistique et paradis» (1)
Il est 12H30’, il fait chaud. Le car attendu n’existe pas… Il faut rajouter 8 km pour espérer en trouver un. Allez mes jambes, on y va. . Ma tête, elle, est déjà au gîte : Manu pose son sac et court se doucher comme à son habitude. Moi je préfère installer mon lit, c’est à dire étendre mon « sac à viande », sortir mes trois sacs : nuit, vêtements, rechanges, et les affaires de douche puis prendre mon tour… mais que se passe-t-il ? Manu me crie : « traverse », on m’arrache mon sac et me voilà installer à l’arrière d’un « Kangoo » aussi blanche que les longs cheveux bouclés et la barbe de son conducteur… Je me crois au paradis.
dimanche 4 juillet 2010
Le mot du jour de Germaine : « Los perdidos »
La journée repos a en fait débuté hier, dans ce village tranquille au petit gîte neuf où nous étions trois, comme à l’hôtel puisque « Pédro » nous a préparé le repas. A l’entrée du village, nous avons dit au couple italien, comme nous l’avons fait si souvent : « à tout à l’heure » en sachant qu’une étape nous séparant qu’il est fort probable de ne plus les rencontrer. Derniers, du petit groupe constitué à Irun. Sur ce chemin peu de couples, peu de français, peu de « vieux » !
La journée repos a en fait débuté hier, dans ce village tranquille au petit gîte neuf où nous étions trois, comme à l’hôtel puisque « Pédro » nous a préparé le repas. A l’entrée du village, nous avons dit au couple italien, comme nous l’avons fait si souvent : « à tout à l’heure » en sachant qu’une étape nous séparant qu’il est fort probable de ne plus les rencontrer. Derniers, du petit groupe constitué à Irun. Sur ce chemin peu de couples, peu de français, peu de « vieux » !
Dimanche 04 Juillet : Liendo à Santona 13km - nuages
Une nuit divine , un gîte caché dans ce minuscule village où des résidences opulentes foisonnent. Est-ce un lieu de villégiature perdu dans la campagne, reposant à n’en plus finir ? En tout état de cause, notre lieu d’hébergement neuf et propret semble inconnu des guides pour pèlerins et cela bien entendu pour note plus grand bonheur. Nous le partageons avec « Pédro le basque » qui d’autorité s’installe aux fourneaux et nous invite au partage. La soirée se poursuit au bar du coin devant un grand écran pour soutenir l’équipe d’Espagne . A grand renfort de sauts les bras levés, de cris hystériques en situations délicates, de mots à ne pas mettre entre toutes les oreilles contre l’arbitre et « GOAAAAL » après l’unique but, nous voici transformés en fervent supporter de cette équipe nationale. Comment faire autrement, au risque de finir goudronné et emplumé dans la « plazza de toros ».
Dimanche, jour de repos. Nous appliquons la règle sainte pour ce court parcours qui permet entre autre, de traverser une ville touristique et sa plage de plus de 3 km, de manger en marchand quelques « Churros sucrés »,d’apprécier un petit déjeuner sur le front de mer, de faire un brin de croisière en traversant le ria , de loger dans une auberge de jeunes en bordure de mer et finir la journée dans l’eau rafraîchissante de la mer cantabrique.
Et Le pèlerinage alors ? rien n’empêche de connaître des moments de joie grâce à la beauté lumineuse des paysages, aux joies simples quotidiennes, aux gestes fraternels, au partage sans condition, à la vie tout simplement. Croire ? Ne pas croire ? Qu’importe. Le chemin ne serait-il pas qu’une longue marche vers la connaissance de soi et la recherche spirituelle ? « On y entre en ne sachant pas trop ce qu’on vient y faire et on en ressort…plus fort, que l’on soit chrétien ou pas. » (Patrick Poivre D’Arvor journaliste)
Une nuit divine , un gîte caché dans ce minuscule village où des résidences opulentes foisonnent. Est-ce un lieu de villégiature perdu dans la campagne, reposant à n’en plus finir ? En tout état de cause, notre lieu d’hébergement neuf et propret semble inconnu des guides pour pèlerins et cela bien entendu pour note plus grand bonheur. Nous le partageons avec « Pédro le basque » qui d’autorité s’installe aux fourneaux et nous invite au partage. La soirée se poursuit au bar du coin devant un grand écran pour soutenir l’équipe d’Espagne . A grand renfort de sauts les bras levés, de cris hystériques en situations délicates, de mots à ne pas mettre entre toutes les oreilles contre l’arbitre et « GOAAAAL » après l’unique but, nous voici transformés en fervent supporter de cette équipe nationale. Comment faire autrement, au risque de finir goudronné et emplumé dans la « plazza de toros ».
Dimanche, jour de repos. Nous appliquons la règle sainte pour ce court parcours qui permet entre autre, de traverser une ville touristique et sa plage de plus de 3 km, de manger en marchand quelques « Churros sucrés »,d’apprécier un petit déjeuner sur le front de mer, de faire un brin de croisière en traversant le ria , de loger dans une auberge de jeunes en bordure de mer et finir la journée dans l’eau rafraîchissante de la mer cantabrique.
Et Le pèlerinage alors ? rien n’empêche de connaître des moments de joie grâce à la beauté lumineuse des paysages, aux joies simples quotidiennes, aux gestes fraternels, au partage sans condition, à la vie tout simplement. Croire ? Ne pas croire ? Qu’importe. Le chemin ne serait-il pas qu’une longue marche vers la connaissance de soi et la recherche spirituelle ? « On y entre en ne sachant pas trop ce qu’on vient y faire et on en ressort…plus fort, que l’on soit chrétien ou pas. » (Patrick Poivre D’Arvor journaliste)
Samedi 03 Juillet - Castro-Urdiales à Liendo -23 km – nuages, crachin
Petite forme sur un parcours aérien après une nuit en boîte de sardines. Le refuge est plein et l’on entasse encore et encore les derniers pèlerins.
Nuit Caline ! nuit Divine ! Petit matin crachin ! C’est la hantise du Pèlerin.
Le mot du jour de Germaine : « Situations élevées » suite
Au jeu du « chat perché » je suis la plus forte, il faut dire que Manu, très gentiment, m’aide bien. Ainsi, dans tous les dortoirs je grimpe, plus ou moins facilement, sur le lit du haut. Ainsi j’ai une vue panoramique sur l’ensemble des lits, je me sens plus aérienne et je mets au point « mon arme » anti-ronflement : soit le bâton que, tel un picador sur son cheval, je plante sur les côtes de Manu soit mon sac de nuit, rempli d’affaires que , tel un boulet, je catapulte sur son crâne, le corps à moitié hors du lit au risque de partir avec le boulet. Oh les belles journées, oh les tranquilles nuits.
Vendredi 02 Juillet : Portugalete à Castro Urdiales – 27 km – nuages
« Flaviobriga (Castro Urdiales) est fondée par les romains qui exploitent les gisements de fer des environs. La ville reprend de l'importante au moyen-âge: pêche, commerce avec les Flandres et participation à la reconquista; Castro devient en 1296 le siège de la confrérie des Marismas, fédération des ports principaux de la côte cantabre et basque. Elle tombe ensuite dans l'oubli. En 1813, elle est ravagée par les troupes napoléonienne. »
La forme est présente ce matin. Le relief modéré et le cheminement nous entraînent de pistes cyclables en sentiers aériens, de plages intimes en jardins ouvriers luxuriants. Sous ce ciel plombé, l’éclat du paysage et l’intensité des couleurs frisent la perfection. J’aime cette côte Atlantique noyée de brume, aux gris sombres des tombants, aux verts intenses des prairies côtières. J’aime cette mer chevauchée par ces longues lames frangées d’écume, et ce bleu saturé de gris qui impressionne nos regards. J’aime l’infini de cette mer et du ciel qui s’enlacent et fusionnent dans ce jour naissant. J’aime les goélands, ces voiliers du ciel au cris nasillards qui glissent sur les courants en maître du vent , J’aime également ce parfum de marée lourd et entêtant qui vivifie nos sens et qui incommode parfois. Devant ces immenses étendues à l’extravagante beauté, j’ai cherché à restituer avec mes mots ce que j’ai aperçu, respiré, ressenti .
Le mot du jour de Germaine : « Situations élevées »
L’arrivée dans les villes se fait le plus souvent en descente et la sortie en forte montée. Ceci expliquant cela les villes sont étagées.
Certaines municipalités, très soucieuses du confort de leurs ouailles, ont placé par exemple à Déba deux imposants ascenseurs et escalators pour accéder aux trois étages de cette ville. A Portugalette ce sont des tapis roulants qui doublent les trottoirs. Aussi comment éviter à mon esprit d’aller imaginer un immense tapis roulant pendant que je parcourais les 10 km et plus de piste cyclable : impossible de penser à autre chose… Si à un escalator lorsque je franchis une côte de 6 km sur la nationale…
Jeudi 1er Juillet : Bilbao à Portugalete 22 Km – Beau temps
L’étape s’annonce inintéressante. Le parcours pratiquement urbain traverse ensembles immobiliers, voies à grande circulation, zones industrielles et portuaires encombrées de grues et cheminées rongées par la rouille. Enfin une grande partie du catalogue du patrimoine du xx eme siècle . Pourtant, l’arrivée à Portugalette village perché entre ria et collines restera certainement l’un des meilleurs souvenirs de ces premières étapes. Aujourd’hui, la ville est en fête pour « la fiesta de la Guia » (Marie patronne des pêcheurs). Toute la population des plus jeunes aux grands seniors est en liesse. Sur la place principale , un personnage sympathique prend en charge les pèlerins. Il est simple de nous reconnaître avec nos sacs sur le dos, nos démarches lentes et ce fumet aigre-doux qui accompagne nos corps en fin de journée encore qu’au sein de cette foule compacte les effluves de « Cana » bière légère et de cidre estompent nos parfums. Il nous mène vers une guinguette tenue par une association, nous présente au fondateur du chemin du Nord et nous offre des grillades de boudin, tranches de porc, Saucisses, chorizo, verres de vin. C’est la fête à la mode espagnole : bruits, cris, chants, cigares, embrassades, procession. Toute une débauche d’héritages culturels bien loin de notre lenteur, des rencontre fortuites, de nos solitudes. Mais il fait bon embrasser toute la diversité qui se présente. Au petit matin, nous croisons les fêtards . « Buen Camino » nous disent-ils !
Le mot du jour de Germaine : « ZZZZZZzzzz !»
Chut, ne pas déranger, je dors.
Petite forme sur un parcours aérien après une nuit en boîte de sardines. Le refuge est plein et l’on entasse encore et encore les derniers pèlerins.
Nuit Caline ! nuit Divine ! Petit matin crachin ! C’est la hantise du Pèlerin.
Le mot du jour de Germaine : « Situations élevées » suite
Au jeu du « chat perché » je suis la plus forte, il faut dire que Manu, très gentiment, m’aide bien. Ainsi, dans tous les dortoirs je grimpe, plus ou moins facilement, sur le lit du haut. Ainsi j’ai une vue panoramique sur l’ensemble des lits, je me sens plus aérienne et je mets au point « mon arme » anti-ronflement : soit le bâton que, tel un picador sur son cheval, je plante sur les côtes de Manu soit mon sac de nuit, rempli d’affaires que , tel un boulet, je catapulte sur son crâne, le corps à moitié hors du lit au risque de partir avec le boulet. Oh les belles journées, oh les tranquilles nuits.
Vendredi 02 Juillet : Portugalete à Castro Urdiales – 27 km – nuages
« Flaviobriga (Castro Urdiales) est fondée par les romains qui exploitent les gisements de fer des environs. La ville reprend de l'importante au moyen-âge: pêche, commerce avec les Flandres et participation à la reconquista; Castro devient en 1296 le siège de la confrérie des Marismas, fédération des ports principaux de la côte cantabre et basque. Elle tombe ensuite dans l'oubli. En 1813, elle est ravagée par les troupes napoléonienne. »
La forme est présente ce matin. Le relief modéré et le cheminement nous entraînent de pistes cyclables en sentiers aériens, de plages intimes en jardins ouvriers luxuriants. Sous ce ciel plombé, l’éclat du paysage et l’intensité des couleurs frisent la perfection. J’aime cette côte Atlantique noyée de brume, aux gris sombres des tombants, aux verts intenses des prairies côtières. J’aime cette mer chevauchée par ces longues lames frangées d’écume, et ce bleu saturé de gris qui impressionne nos regards. J’aime l’infini de cette mer et du ciel qui s’enlacent et fusionnent dans ce jour naissant. J’aime les goélands, ces voiliers du ciel au cris nasillards qui glissent sur les courants en maître du vent , J’aime également ce parfum de marée lourd et entêtant qui vivifie nos sens et qui incommode parfois. Devant ces immenses étendues à l’extravagante beauté, j’ai cherché à restituer avec mes mots ce que j’ai aperçu, respiré, ressenti .
Le mot du jour de Germaine : « Situations élevées »
L’arrivée dans les villes se fait le plus souvent en descente et la sortie en forte montée. Ceci expliquant cela les villes sont étagées.
Certaines municipalités, très soucieuses du confort de leurs ouailles, ont placé par exemple à Déba deux imposants ascenseurs et escalators pour accéder aux trois étages de cette ville. A Portugalette ce sont des tapis roulants qui doublent les trottoirs. Aussi comment éviter à mon esprit d’aller imaginer un immense tapis roulant pendant que je parcourais les 10 km et plus de piste cyclable : impossible de penser à autre chose… Si à un escalator lorsque je franchis une côte de 6 km sur la nationale…
Jeudi 1er Juillet : Bilbao à Portugalete 22 Km – Beau temps
L’étape s’annonce inintéressante. Le parcours pratiquement urbain traverse ensembles immobiliers, voies à grande circulation, zones industrielles et portuaires encombrées de grues et cheminées rongées par la rouille. Enfin une grande partie du catalogue du patrimoine du xx eme siècle . Pourtant, l’arrivée à Portugalette village perché entre ria et collines restera certainement l’un des meilleurs souvenirs de ces premières étapes. Aujourd’hui, la ville est en fête pour « la fiesta de la Guia » (Marie patronne des pêcheurs). Toute la population des plus jeunes aux grands seniors est en liesse. Sur la place principale , un personnage sympathique prend en charge les pèlerins. Il est simple de nous reconnaître avec nos sacs sur le dos, nos démarches lentes et ce fumet aigre-doux qui accompagne nos corps en fin de journée encore qu’au sein de cette foule compacte les effluves de « Cana » bière légère et de cidre estompent nos parfums. Il nous mène vers une guinguette tenue par une association, nous présente au fondateur du chemin du Nord et nous offre des grillades de boudin, tranches de porc, Saucisses, chorizo, verres de vin. C’est la fête à la mode espagnole : bruits, cris, chants, cigares, embrassades, procession. Toute une débauche d’héritages culturels bien loin de notre lenteur, des rencontre fortuites, de nos solitudes. Mais il fait bon embrasser toute la diversité qui se présente. Au petit matin, nous croisons les fêtards . « Buen Camino » nous disent-ils !
Le mot du jour de Germaine : « ZZZZZZzzzz !»
Chut, ne pas déranger, je dors.
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