Marcher vers Compostelle

Un second voyage tant attendu

vendredi 16 juillet 2010

Vendredi 16 Juillet : Avilés à Cudillero – 28 km dont 16 km à pied – Pluie soutenue

Triste temps, la clartée du petit matin n’arrive pas à percer à travers les lourds nuages. Trés vite, les vêtements spéciaux pluie, prennent l’air pour la première fois du parcours. Fines puis rondelettes et soutenues, les gouttes nous enveloppent sans retenue. Au chaud, à l’abri, on pourrait chanter : “ il pleut, il mouille, c’est la fête à la grenouille!”. Pour nous, la tête dans les chaussettes, le cerveau vide, sans lunettes pour manque d’essuie glace, nous avançons vers le but comme ces limaces humides qui sillonnent la chaussée. Il serait cependant indécent de se plaindre aprés 24 jours de temps correct. La météo de “radio Camino” annonce pour demain et dimanche quelques gouttes éparses à prononcées. Demain sera un autre jour.
Aujourd’hui, nous nous éloignons du sentier pour passer la nuit à Cudillero, village qui semblait en photo sur la page de notre guide, sympathique. Une rue, une pente raide, un port, un village. Soit : 2 km de decente à partir de la première maison ; Mais l’effort est récompensé.

Le mot du jour de Germaine : « Vœux de silence »
J’assure ne pas les avoir prononcés avant de partir. Et pourtant… Et pourtant… pas une seule française depuis le départ et aucune en vue pour « taper la discute ». Par contre mon Manu qui « Habla l’espagnol » parle pour deux !!



Jeudi 15 Juillet : Gijon à Avilés – 24 km – Beau temps chaud

Deux villes industrielles et portuaires de moyenne importance distantes de 24 km , laissent peu d’espace sauvage pour le pèlerin. Quelques 8 km en campagne et forêt d’eucalyptus pour tout dire. Le reste, sortie et entrée urbaine, usines de gaz, d’électricité, aciéries ( 4km Arcelor Mitall), engrais et pour clore ce feuilleton industriel, un piquet de grève pour nous saluer. Bien sûr, comme d’autres compagnons de route, sauter toute l’étape en car peut se concevoir mais l’éthique du chemin nous l’interdit qui plus est après un 14 Juillet de repos. Par ailleurs, trois raisons essentielles motivent notre décision : la première, physique, permet d’entretenir le peu de forme qui nous anime ; la seconde, plus spirituelle, nous impose le chemin dans ses bons et mauvais jours et la troisième plus futuriste, nous fait dire qu’une sur-dose de chlorophylle et oxygène peut nuire à notre santé en retrouvant la civilisation après le chemin. De fait, quelques bulles de kérosène et autres gazes toxiques offrent je n’en doute pas une vaccination salutaire ( il est bon de divaguer après une petite sieste « sulfureuse » et « carbonique » !) .
Pour vous faire partager cette moche journée, voici trois moches photos : l’une de l’usine moche que nous longeons et longerons durant une heure, la seconde de dame pèlerine sur cette moche route plus qu’ensoleillée, la troisième du moche chapeau de fortune qui me protège.
Pour finir cette moche histoire d’Avilés contre les français.
« Pedro Menéndez de Avilés, né à Avilés dans les Asturies le 15 février 1519 et mort à Santander le 17 septembre 1574, est un noble et marin espagnol qui fut corsaire, puis amiral.
Il reste dans l'histoire comme le fondateur du comptoir de Saint Augustine en Floride, le plus ancien port européen d'Amérique du Nord (28 août 1565). Il détruisit le comptoir français concurrent de Fort Caroline la même année. Gouverneur de la Floride espagnole, il prit le contrôle du détroit des Bahamas, fortifia plusieurs ports des Antilles et conduisit des négociations avec les Indiens Calusa. »



Le mot du jour de Germaine : « Poco a poco »
« poco a poco » a remplacer depuis quelques temps le « buen camino ». A « poco a poco » on y arrive toujours, c’est ce que je me dis lorsque j’ai l’impression que cela n’en finit plus. « Petit à petit l’oiseau fait son nid », « poco a poco se fait le Camino de Santiago ».





Mardi 13 Juillet : La Islas à Villaviciosa – 24 km – Nuages et brume
Mercredi 14 Juillet : Gijon – beau temps
Le chemin fonce vers l’intérieur des terres, bien loin de l’activité urbaine et touristique et toujours ces descentes « pentues » jumelles de leurs montées non moins « pentues ». Cependant la monotonie ne trouve pas à s’immiscer dans cette marche au long cours. Il y a toujours une scène d’un autre âge pour attirer l’attention : Un grenier à grain aussi rude que gracieux prés de sa ferme ancestrale qui vit encore de son activité ; Ce hameau qui couve une minuscule église datant du 10 ème siècle et qui abrite en son chœur des peintures d’époque : Santo Salvador de Priesca et cette dame du hameau qui nous ouvre les portes après nous avoir couru après, merci pour ce cadeau ; ce vieil établi qui permettait de confectionner des tonneaux pour le cidre local ; Ce passage obligé, la peur en bandoulière et sans cape , au beau milieu de vaches, veaux et taureau ; Ce vieil homme la faux à la main qui pétille de joie parce que nous engageons la conversation ; Ce cheval qui accourt vers nous au galop pour quémander un trognon de pain et qui repart frustré de notre manque de générosité ; Ce taureau aux « cojones » bien suspendus qui froisse son museau sous les assauts de phéromones féminins ; Et ici et là, ces odeurs douces et sucrées de l’herbe coupée ou très incommodantes de l’étable rencontrée etc… Il y a toujours une scène à découvrir au hasard de nos pas.
Depuis quelques jours, nous croisons noyers et pommiers et bien entendu, la vision des scènes de maraudes de noix dans le Vercors et plus récemment dans la Dordogne occupent nos pensées. Moments inoubliables qui marquent la vie de notre association de « Très grands randonneurs fatigués ».
Demain, nous fêtons le 14 Juillet . Repos et baignade à Gijon . « Allons enfants de la Patrie…… » (mot du jour de Germaine)

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