Lundi 26 Juillet : Arzua à Labacolla : 26 km – Beau temps très chaud
Nous retrouvons ces chemins larges, plats en sous bois d’Eucalyptus que nous avions foulé voici dix ans déjà. Santiago n’est plus qu’à un demi pas de géant. Hier, j ‘effleurais le sujet sur ces nombreux et délicieux moments de solitude qui partagent notre route. Ce matin, dés l’aube, la pleine lune en ligne de mire, pour la première fois, des paroles, des conversations, des chants en différentes langues emplissent quelquefois bruyamment le chemin. La grande migration s’accomplit. Un peuple nomade se déplace. Je reste ébahi devant l’ampleur du mouvement et ce après les fêtes fastueuses du 25 Juillet. Fatigués, nous marchons à petite vitesse et durant toute la matinée, des cohortes de pèlerins jeunes, moins jeunes, sportifs, bedonnants, élégants, patauds avec ou sans sac à dos, pressés nous dépassent « Buen Camino » 10, 20, 100 fois, 300 fois ! peut être plus !
Nous cherchons un hébergement. Labacolla semble être le bon choix. Un hôtel nous accueille. Nous apprenons que nombre de pèlerins sans sacs, ne font que quelques étapes, couchent à l’hôtel et sont acheminés en partie en autocars immenses. Chacun défint cette notion de « à chacun son chemin ! »
La vie quotidienne du chemin qui pourrait se résumer ainsi : marche, laisse-toi conduire, contemple, aie la foi, retourne toi, caresse l’eau du ruisseau, remercie et devient meilleur ; pour ceux qui ont choisi de se retirer temporairement du monde matériel le temps d’un pèlerinage prend fin aujourd’hui.
Le mot du jour de Germaine : « Gato Négro »
Ce matin nous prenons le chemin à 6h30’ comme souvent. Mais contrairement aux autres jours nous n’avons pas à chercher, dans la pénombre, la fameuse flèche jaune qui nous guide depuis le départ. En effet il sort des pèlerins de tous les coins de rue et le troupeau se met en place sur le sentier et à sabots que veux-tu, qui plus vite, qui plus lentement se dirige vers une prochaine étable. La flèche jaune, chien fidèle, assure que le troupeau ne s ‘égare pas ; Il y a bien quelques têtes qui s’arrêtent aux abreuvoirs, mais sagement se remettent dans le rang. Toutes, sauf une, une tête forte qui voudrait que le troupeau s’affole. Voilà quelques temps déjà que, tel Zorro, un certain « Gato Negro » (chat noir) signe sa présence incongrue sur les murs, bornes et autres supports : « Gato Négro porte malheur » ,« Gato Négro souhaite aux pèlerins bonheur », « A toute les Maria que Gato Negro a mangées » etc, etc… Mais bien gardé et indifférent, le troupeau avance.
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