Samedi 03 Juillet - Castro-Urdiales à Liendo -23 km – nuages, crachin
Petite forme sur un parcours aérien après une nuit en boîte de sardines. Le refuge est plein et l’on entasse encore et encore les derniers pèlerins.
Nuit Caline ! nuit Divine ! Petit matin crachin ! C’est la hantise du Pèlerin.
Le mot du jour de Germaine : « Situations élevées » suite
Au jeu du « chat perché » je suis la plus forte, il faut dire que Manu, très gentiment, m’aide bien. Ainsi, dans tous les dortoirs je grimpe, plus ou moins facilement, sur le lit du haut. Ainsi j’ai une vue panoramique sur l’ensemble des lits, je me sens plus aérienne et je mets au point « mon arme » anti-ronflement : soit le bâton que, tel un picador sur son cheval, je plante sur les côtes de Manu soit mon sac de nuit, rempli d’affaires que , tel un boulet, je catapulte sur son crâne, le corps à moitié hors du lit au risque de partir avec le boulet. Oh les belles journées, oh les tranquilles nuits.
Vendredi 02 Juillet : Portugalete à Castro Urdiales – 27 km – nuages
« Flaviobriga (Castro Urdiales) est fondée par les romains qui exploitent les gisements de fer des environs. La ville reprend de l'importante au moyen-âge: pêche, commerce avec les Flandres et participation à la reconquista; Castro devient en 1296 le siège de la confrérie des Marismas, fédération des ports principaux de la côte cantabre et basque. Elle tombe ensuite dans l'oubli. En 1813, elle est ravagée par les troupes napoléonienne. »
La forme est présente ce matin. Le relief modéré et le cheminement nous entraînent de pistes cyclables en sentiers aériens, de plages intimes en jardins ouvriers luxuriants. Sous ce ciel plombé, l’éclat du paysage et l’intensité des couleurs frisent la perfection. J’aime cette côte Atlantique noyée de brume, aux gris sombres des tombants, aux verts intenses des prairies côtières. J’aime cette mer chevauchée par ces longues lames frangées d’écume, et ce bleu saturé de gris qui impressionne nos regards. J’aime l’infini de cette mer et du ciel qui s’enlacent et fusionnent dans ce jour naissant. J’aime les goélands, ces voiliers du ciel au cris nasillards qui glissent sur les courants en maître du vent , J’aime également ce parfum de marée lourd et entêtant qui vivifie nos sens et qui incommode parfois. Devant ces immenses étendues à l’extravagante beauté, j’ai cherché à restituer avec mes mots ce que j’ai aperçu, respiré, ressenti .
Le mot du jour de Germaine : « Situations élevées »
L’arrivée dans les villes se fait le plus souvent en descente et la sortie en forte montée. Ceci expliquant cela les villes sont étagées.
Certaines municipalités, très soucieuses du confort de leurs ouailles, ont placé par exemple à Déba deux imposants ascenseurs et escalators pour accéder aux trois étages de cette ville. A Portugalette ce sont des tapis roulants qui doublent les trottoirs. Aussi comment éviter à mon esprit d’aller imaginer un immense tapis roulant pendant que je parcourais les 10 km et plus de piste cyclable : impossible de penser à autre chose… Si à un escalator lorsque je franchis une côte de 6 km sur la nationale…
Jeudi 1er Juillet : Bilbao à Portugalete 22 Km – Beau temps
L’étape s’annonce inintéressante. Le parcours pratiquement urbain traverse ensembles immobiliers, voies à grande circulation, zones industrielles et portuaires encombrées de grues et cheminées rongées par la rouille. Enfin une grande partie du catalogue du patrimoine du xx eme siècle . Pourtant, l’arrivée à Portugalette village perché entre ria et collines restera certainement l’un des meilleurs souvenirs de ces premières étapes. Aujourd’hui, la ville est en fête pour « la fiesta de la Guia » (Marie patronne des pêcheurs). Toute la population des plus jeunes aux grands seniors est en liesse. Sur la place principale , un personnage sympathique prend en charge les pèlerins. Il est simple de nous reconnaître avec nos sacs sur le dos, nos démarches lentes et ce fumet aigre-doux qui accompagne nos corps en fin de journée encore qu’au sein de cette foule compacte les effluves de « Cana » bière légère et de cidre estompent nos parfums. Il nous mène vers une guinguette tenue par une association, nous présente au fondateur du chemin du Nord et nous offre des grillades de boudin, tranches de porc, Saucisses, chorizo, verres de vin. C’est la fête à la mode espagnole : bruits, cris, chants, cigares, embrassades, procession. Toute une débauche d’héritages culturels bien loin de notre lenteur, des rencontre fortuites, de nos solitudes. Mais il fait bon embrasser toute la diversité qui se présente. Au petit matin, nous croisons les fêtards . « Buen Camino » nous disent-ils !
Le mot du jour de Germaine : « ZZZZZZzzzz !»
Chut, ne pas déranger, je dors.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire