Marcher vers Compostelle

Un second voyage tant attendu

jeudi 22 juillet 2010

Jeudi 22 Juillet : Abadin à Vilalba - 19 km – Nuageux, frais

Après quelques incursions en Nationales, voici enfin depuis hier, le retour aux beaux spectacles. Un festival de plein air qui étale sans modération des paysages d’une beauté insolente. Entre combes boisées d’Eucalyptus, prairies d’alpage, bocages entretenus, ruisseaux chantants, hameaux isolés, nous avançons, savourant cet hymne à la nature que seul le marcheur sur ces itinéraires les plus reculés et dans sa lente pérégrination est à même de découvrir. Seule l’expérience vécue délivre ces fragrances de bonheur qui n’existent pas sur les livres.
Rousseau dans « mon portrait » disait : « je ne fais jamais rien qu’à la promenade, la campagne est mon cabinet ;l’aspect d’une table, du papier, des livres me donne l’ennui… » « Jamais je n’ai tant pensé, tant existé, tant vécu, tant été moi, si j’ose ainsi dire, que dans les voyages que j’ai fait seul et à pied…je dispose en maître de la nature entière. »
De temps en temps, pèlerins isolés ou groupes passent d’un pas rapide. La date du Dimanche 25 Juillet à Santiago pour le pèlerin permet d’assister aux festivités religieuses. Aussi devient-elle pour eux, un objectif difficile à atteindre ( quatre étapes de 35 à 40 km).
Adeptes sans condition de la fable « Le Lièvre et la tortue », n’aimant l’épreuve outre mesure ni le dépassement de soi excessif et en cette période d’absolution, nous nous déclarons maîtres et responsables de nos pêchés et n’envisageons en aucune façon une arrivée le 25 dans la cohue et l ‘ambiance de fête inévitable .
D’ailleurs, la une des journaux espagnols relatent : « La avalancha de peregrinos empieza à desbordar albergues y polideportivos en el Camino de Santiago » (Une avalanche de pèlerins commence à déborder des auberges et gymnases sur le chemin ». Par centaines, ils arrivent et dorment à la belle étoile dans les parcs.
Le chemin du Nord heureusement pour nous, ne connaît pas un tel enthousiasme.




Le mot du jour de Germaine : « Histoire des années saintes »
2010, DEUXIÈME ANNÉE JACQUAIRE DU TROISIÈME MILLÉNAIRE DE L'ÈRE CHRÉTIENNE
Lorsque la fête de la saint Jacques, le 25 juillet, tombe un dimanche, c'est une année sainte compostellane ou année jubilaire de saint Jacques ou année jacquaire. L'évènement donne lieu à d'importantes manifestations en Europe, tout au long des chemins, dans les hauts lieux du patrimoine compostellan et à Santiago de Compostela même.
Les années saintes ou jubilaires
L'année jubilaire chrétienne a été instituée en 1300 par le Pape Boniface VIII selon une tradition de l'ancien testament et est associée à une indulgence plénière (rémission des péchés). Au fil des siècles et jusqu'au XVe siècle, sa périodicité passe de cent à cinquante ans, puis trente-trois ans, vingt cinq ans.
Les années jacquaires
La première année jacquaire attestée historiquement date de 1428. La tradition de l'année jacquaire a été relancée en 1965. L'événement se reproduit au rythme de tous les 6, 5, 6 et 11 ans :
... 1954, 1965, 1971, 1976, 1982, 1993, 1999, 2004, 2010, 2021, 2027, 2032, 2038, 2049, 2055, 2060, 2066, 2077, 2083, 2088, 2094, 2105,...
D'un point de vue chrétien
Symboliquement, la porte Est de la cathédrale de Santiago de Compostella est ouverte au 31 décembre de l'année précédent l'année sainte. Pour le pèlerin, une indulgence plénière lui est accordée s'il remplit les obligations de prière, de confession, de rites, que l'Eglise a édicté. La fête religieuse de la saint Jacques débute le 24 juillet au soir par l'Office des Vêpres. Elle se poursuit le jour suivant, 25 juillet, par une liturgie adaptée dont on peut trouver les éléments rituels pour le chant et la musique dans le Codex Calixtinus (manuscrit du XIIème siècle) conservé par l'Archevêché de la cathédrale de Compostelle.

Aucun commentaire: