Lundi 26 Avril - Salvetat à Anglès 20km – beau temps
Mardi 27 Avril - Anglès à Boissezon 21 km – beau temps
Deux jours à travers bois (mélèzes, pins noir d’Autriche, Epicéas…) pour ces deux étapes vallonnées et jumelles. L’arrivée très tôt, vers 12h nous permet d’emmagasiner du repos. Si le gîte d’hier en sous sol était loin des normes européennes, celui de Boissezon situé dans une bâtisse ancienne rénovée est d’un luxe qui arrive à étonner le pèlerin. Nous bénéficions d’une chambre avec un grand lit et salle d’eau privé. Pour nos compagnons de route la chambre nuptiale est source de plaisanteries internationales. Sur le pas de la porte, dans un jardinet, Hector le Chilien, Rhéaume du Québec, Gérard d’Amiens, Yves et Jordi de Bruxelles, Joceline de « je ne sais pas pour l’instant » prenons le soleil. Le groupe se côtoie depuis plusieurs jours pour notre plus grand bonheur. En fait le chemin est un village ambulant ouvert aux quatre vents qui offre des rencontres inopinées dont certaines resteront inoubliables par la force et l’éclat qu’elles dégagent.
Demain, nous quittons la montagne pour des paysages moins abrupts. Nos mollets soufflent d’aise déjà. Jocelyne est de Brives.
La rubrique de Germaine
Le mot du jour : « Perlin pimpim »
Quand j’étais petite et que je me faisais mal, ma Maman me « guérissais » grâce à la poudre de « perlin pimpim » souvent, juste un bisou mouillé sur le bobo.
Tout au long des étapes, des douleurs se manifestent : hanche, bras, épaules, pied gauche, pied droit, mollet… Un pincement aiguë par ci, un tiraillement vif par là… Puis on pense à autre chose et surprenant, tout passe. En arrivant au gîte, « perlin pimpim » entre en action. Un peu d’huile essentielle, un petit massage, quelques granules homéopathiques… Mais voilà, depuis hier mon pied droit fait des caprices et refuse toute poudre magique. Dans la matinée, la douleur vive, m’oblige à lui administrer de force un anti-inflammatoire. J’imagine déjà le taxi ou le bus me déposant à l’étape, attendant mon pauvre Manu cheminant à pied… Donc, affaire à suivre.
Prés de là, Manu fait un roulé-boulé extra sur un sentier en pente et pierreux. Malgré des douleurs costales, il semble ne s’être rien démoli.
Depuis je n’ai plus mal. Est-ce cela la poudre de « Perlin pimpim » ?
Dimanche 25Avril Murat à la Salvetat sur Agout – 21 km –beau temps, froid le matin
7H30’ en route l’ami ! le sentier entre immédiatement dans cette contrée d’une insolente beauté. Nous dévorons des yeux, le bleu du ciel, cette brume rasante au fond du vallon, la belle demeure de pierre sombre qui s’éveille, une haie au vert sombre de houx gigantesque, ce ruisseau qui s’évade dans la pénombre, enfin une palette riche de couleurs s’étale. Dans le calme absolu, un chant du coq, le coucou qui nous suit, le feulement des feuilles sèches qui étouffent nos pas, le meuglement lointain d’un veau, le bruissement des filets d’eau, enfin un concert de silence nous enveloppe.
Qu’il est bon de traverser au rythme lent de cette pérégrination cette région vallonnée parsemée de lacs et ruisseaux.
Nos amis belges nous talonnent. Je suis heureux de redécouvrir ce beau jeune homme en mal de société (accompagné de son attachant et sympathique éducateur) qui ne parle que Flamand aussi distant que taciturne, ne dévoilant aucun sentiment, s’éveiller ces jours derniers, nous offrir son plus large sourire, se précipiter à notre rencontre et dire deux mots en français en guise de bonjour. Je suis heureux de cette évolution et espère que le chemin lui apportera ses bienfaits.
La rubrique de Germaine
Le mot du jour : « Poésie »
La fraîcheur matinale est là mais le soleil est généreux ce matin, ses rayons se fraient un passage à travers les branches de la forêt que nous traversons. Lacs, ruisseaux, cascades et gués sont omniprésents ( boue aussi !) . Poésie ? le mot du jour s’est imposé sur ce petit pont fait de rondins, vraiment pas prétentieux du tout, juste ce qu’il faut pour que l’on aie envie de rester prés de lui, d’autant qu’il enjambe ( bien grand mot pour un petit pont) un ruisselet qui serpente au milieu des roches moussues. C’est alors que surgit de ma mémoire une poésie de Colette, « les vrilles de la vigne » où elle dit de s’asseoir, de rester là pour le restant de ses jours. Franchement j’y serais bien rester au moins quelques heures des poésies plein la tête.
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