Vendredi 16 avril St Gilles à Gallargues le Montueux – 30 + 4 km pluie le matin et soleil
Comme toute nuit dans les gîtes, celle-ci fut bruyante. La fatigue aidant la nuit s’écoule sans cauchemar.
Hardi les gars la route sera longue. A travers vergers, vignobles des costières, et plaines maraîchères, le chemin s’étire longuement. Nous ne sommes pas encore à l’écoute du chemin mais plutôt à l’écoute de nos corps qui refusent la lourde charge. A notre grande surprise, les sensations sont encore bonnes en entrant à Gallargue ( visite de l’église, pot de fin de parcours au bistrot du coin et surtout repas intimiste au gîte avec Josée la Lyonnaise et notre Québécois.
La rubrique de Germaine :
Le mot du jour : « Au diable Vauvert », expression que nous avons vérifiée. Eh Oui ! s’il y a bien une étape ou il était indispensable de ne pas rallonger car elle faisait 30 km, c’était celle d’aujourd’hui. A 6 km de Vauvert nous avons « perdu »le GR ou plutôt le GR nous a perdus et dû faire 3 à 4 km supplémentaires pour arriver à Vauvert par un itinéraire improvisé. Dur pour le moral !
Jeudi 15 Avril Arles à St Gilles -19 Km - Soleil, chaud
Ce matin, tout à coup, on comprend qu’on va prendre la route. Pierre nous prend en charge et nous mène à Arles, une grande dame du chemin. Direction Trinquetaille chez Renée Debard responsable associative des Amis de St Jacques pour inaugurer notre passeport de Pèlerin. La maison se situe sur la digue du petit Rhône qui nous déposera à 2km de St Gilles.
Nous voici donc enfin à pied d’œuvre. Cette phrase si simple est à elle seule un monde d’attente, de patience, d’espoir. Tout au long de ces derniers mois, le chemin nous a bercés, le doute a annihilé nos joies , mais à l’instant précis la joie d’ouvrir enfin cette première page est déjà notre première victoire.
Bâton en main et sac sur le dos, il est trop tard pour se demander pourquoi l’on part.
Allez mon ami, taille la route, aujourd’hui, tout redevient simple.
Nos sacs, par contre ont refusé la légèreté. 11 et 13 Kilos plombent nos dos. Heureusement, la digue nivelle le chemin. Un chemin de platitude qui s’avance à travers les étendues cultivées de la Crau et les surfaces miroitantes des rizières. Ca et là, une manade de taurillon, une harde de chevaux blancs camarguais, plus loin, une troupe de flamands vêtus de rose, un parterre printanier de pervenches et cerise sur le gâteau, sur le lieu de pique nique de minuscules reinettes vertes perchés tout la haut sur les branches d’un aulne.
Tout au long du périple, nos corps découvrent l’épreuve physique. malgré nombre de réticences, il accepte tant bien que mal l’objectif du jour.
St Gilles nous accueille sur le parvis de l’abbatiale. Le moment est solennel.
La soirée entre pèlerins au resto du coin, est prometteuse de rencontres, le Quebec, l’Allemagne, Lyon, Toulouse et la Suisse, formaient une tablée sympathique qui finit autour de l’Abbatiale à la recherche d’une coquille St Jacques fossilisée et d’un lapin sculpté dans les riches sculptures du parvis.
La rubrique de Germaine :
Voici ce que j’appellerai le mot du jour : alors que j’avançais sac au dos, sac au ventre et foulard sur la tête me protégeant du soleil, Manu me dit « tu ressembles à une « pigeot » qui va au bled » savourons à sa juste valeur ce petit mot.
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