Les préparatifs vont bon train et l’objectif de boucler un sac léger semble voué à l’échec. Alléger notre sac à dos sans supprimer certaines affaires et en y en ajoutant d’autres sera notre premier défi. Si par bonheur mes craintes sont infondées, nul doute que, je dévoilerai la solution.
A quelques encablures du départ, l’actualité comme toujours, offre une vision alarmiste de notre quotidien. L’avenir aussi flou que la couche d’ozone, savamment entretenu par les médias se complait dans le scepticisme. Il est vrai que peu d’entre eux développent leurs unes avec optimisme. La sinistrose empare notre capacité de réflexion, la grisaille est de rigueur et souvent, nos conversations courantes entretiennent ce mal. Heureusement, notre capacité à réagir à ce pessimisme (viral) surprend bien nos politologues et autres masturbateurs d’analyses économiques, psychologiques et scientifiques. Le propre de l’homme est bien de s’adapter à toute situation ? Ainsi, chacun se libère de cette lessiveuse de neurones et tente de gérer son degré de migraine populiste par des remèdes plus ou moins efficaces comme l’imaginaire, le plaisir, la fête etc.
Pour ce qui nous concerne, la famille, les enfants, les petits enfants ancrent la sérénité et l’optimisme d’un présent heureux et de son avenir que nous espérons radieux. Toutefois, nous ne sommes pas hostiles - oh que non ! - À nous évader d’un quotidien assidûment dévoré par l’actualité familiale débordante qui arrive quelquefois à supplanter un train complet de nouvelles défaitistes.
Aussi, avons-nous choisi pour cette étape de vie, d’accepter ce recul nécessaire tellement difficile à appréhender et à finaliser : qui n’est que de couper avec nos proches un certain temps, de nous évader d’un quotidien sclérosant , de mener une vie à la mesure de notre corps et de souhaiter être absorbés par le seul effort d’avancer, de devenir voyageur à pieds, j’ajouterai « Pèlerin ». Programme ambitieux que voila et pari un peu fou. Bien évidemment, nos portables seront le lien invisible avec cette petite « marmaille » qui prend tant d’espace en nous.
Une expression populaire ne dit-elle pas que l’on va se promener pour « s’aérer la tête » ! Eh bien nous décidons d’appliquer cette maxime et d’avantage en nous « lavons la tête » pour un bout de temps. Ainsi, cette capacité à réagir, nous entraîne vers cette liberté inaliénable de fouler les chemins, de poser nos pieds sur des sentes ancestrales, de découvrir la poésie authentique et souvent oubliée de l’instant présent, de rejoindre la cohorte des SDFP (sans domicile fixe provisoirement).
A la suite de trois tentatives avortées malgré une logistique au top, notre moral vacille dangereusement mais l’appel du chemin est bien plus tenace. Nous voici donc à nouveau sur le métier malgré la difficulté de cette démarche qui est de se remettre en route
Dans ce secret porteur d’espoirs et de réalisations, nous projetons et affinons les détails de cette escapade. Irrésistible attraction qui nous mènera d’Arles à Santiago de Compostelle en Espagne par les voies tracées et connues sans pour autant ignorer si la forme nous soutient quelques voies secondaires pyrénéennes et atlantiques . Au-delà de ce pèlerinage que nous avions embrassé une première fois par le chemin du Puy en Velay et que nous sollicitons de nos plus profonds souhaits, celui-ci revêt un aspect particulier. Nous partons sans contrainte de temps et sans cette pression suffocante que l’ensemble des marcheurs habitués à de longs circuits ressentent en ne pensant qu’au but à atteindre. Laissons pour cette fois couler le chemin et contemplons avec une plus grande clarté les choses de la vie.
Certes, ne pas parcourir cette traversée pour diverses raisons comme la maladie ou des problèmes personnels et familiaux, engendrerait à nouveau désillusion, déception et frustration. Chut, Silence ! N’en parlons pas ! Ne l’évoquons surtout pas et conservons avec force, l’optimisme qui annihilerait une énième remise.
Notre attente va au delà du chemin, nomades dans l’esprit sur cette portion de vie, nous rêvons de poursuivre cette route vers d’autres lieux. Prolonger cette pause, se retrouver dans la paix et la sérénité que procure la marche, entrer en communion avec soi, apprendre la patience, respirer la générosité, découvrir au rythme lent du pas, une région, un pays. Le découvrir par ses plus profondes racines, entrer sans esprit de voyeurisme dans l’intimité et la simplicité des campagnes, s’extasier d’un rien, pénétrer humblement dans cette vaste nature et pourquoi pas présomptueusement se sentir l’infime particule qui la compose ?
Nous voici donc au seuil de l’aventure. La foi reste la composante essentielle de notre motivation. Une motivation qui dicte depuis toujours notre sens de la vie. Sur le chemin qui nous tend les bras, la prière vers les autres, ne peut se résumer à une stricte obligation que le pèlerin s’impose. Cette prière, petite miette dans ce vaste univers de l’esprit religieux fera partie des choses simples de notre parenthèse. Comme le miel enchante la gourmandise, cette prière enchantera nos moments difficiles comme le bonheur que nous saurons découvrir. Ne nous surestimez pas ! Nous n’entrons pas encore dans les ordres. Cette décision pourrait également répondre à quelque vœu. Choix personnels que nous ne souhaitons pas forcement divulguer.
Pourtant, au delà de l’engouement pour le chemin de Saint Jacques foyer majeur du pèlerinage Chrétien, nous nous trouvons aujourd’hui comme beaucoup, en quête d’aventure. Une aventure difficile certes par ce long périple soumis aux intempéries, aux rigueurs climatiques, aux hébergements spartiates et repas frugaux. Une aventure nourrit du plus profond du passé, des promesses d’un présent riche en découverte humaine et d’un futur gravé dans le roman d’une vie. Une aventure désirée par beaucoup mais dont quelques hommes ont le rare privilège d’y participer. Une aventure qui ne demande que de mettre simplement un pied devant l’autre et de recommencer. Nous avons hâte de rejoindre la tribu éphémère du chemin.
Germaine et Manu
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1 commentaire:
Papillonnant de ci, de là, tantôt gourmand posé sur une fleur au bord du sentier, tantôt voletant et vous devançant pour tenter d’explorer avant vous les paysages et les dénivelées je vous suivrai.
Je vous suivrai aussi sur Olà Pérégrino pour lire les jolis paysages que Manu nous peindra avec ses mots d’aquarelliste et goûter aux spécialités locales que Germaine aura dégustées … !
Je ne pouvais vous laisser prendre le Chemin de Saint Jacques sans vous faire un petit signe … vous dire que je salue votre détermination, vous souhaiter de belles rencontres et la meilleure condition physique possible pour vous permettre de réaliser ce parcours si cher à vos envies.
Hasta pronto los amigos. !! Besos. Line
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