Vendredi 07 Mai - Auch à Montesquiou - 34 km – Beau temps frais
Ce matin encore avec ma compagne de route, nous entrons par de petites voies dans l’intimité du pays. Là, s’éparpillent de très nombreuses fermes : « une ferme par colline, une colline par ferme. » . Un pays ou l’on est seul sans être isolé, où l’on est jamais perdu c’est ce que disent les habitants ( à prouver .. !)
Pour éviter les sentiers embourbés et les gués inondés, l’asphalte remplace la sente et si par obligation une portion de sentier s’impose, alors la galère nous tenaille.
Ce soir, trop fatigué par ces deux dernières étapes physiques, je vous propose le texte qui suit : « un texte de silence »
Bonne nuit les amis.
Jeudi 06 Mai - Gimont à Auch - 30 km – Temps gris - froid
A chaque jour son histoire, à chaque jour ses anges.
Accompagné de Jocelyne uniquement pour cause de « Germaine invalide » ( petit bobo au pied) nous lançons nos grolles tôt le matin car l’étape semble longue et le temps incertain. Très vite, le GR en point de mire, les yeux au sol pour éviter la boue, nous traversons ces vagues de collines, jamais vigoureuses, jamais très redoutables, qui s’entrecroisent et font sinuer la sente des frais vallons aux champs bien peignés vers le haut des croupes. Belle contrée que voici !
Deux heures déjà, nous croisons une simple et sympathique chapelle qui mérite le cliché. A l’instant, me voici déconfit, jurant comme un palefrenier laissant ma compagne de route hilare. La chapelle déjà vue la veille démontre si besoin est que nous dirigeons nos pas à nouveau vers l’Isle Jourdain. Une seule solution, retour vers Gimont ( 13 Km à ajouter au circuit). Prés de Gimont, vers 11 heurs sur une minuscule route, une dame en voiture nous interpelle : « où allez-vous ? » « Pouvez-vous nous avancer à Gimont ? » après explication de notre mésaventure : « Je me rends à Gimont et comme j’ai le temps aujourd’hui, je peux vous déposer sur la route d’Auch à 8 km ! » Ravis de l’aubaine, faisant semblant de ne pas accepter afin de ne pas déranger, nous voici entassés, nos sacs sur les genoux dans une minuscule voiture. Nous gagnons 8km sur les 13 perdus.
Plus tard, à nouveau presque-perdus dans un enchevêtrement de petits chemins vicinaux et départementaux, nous arrêtons un véhicule pour nous enquérir simplement de la direction et de notre bon choix. La dame propose immédiatement de nous conduire plus loin. Notre refus est catégorique : « nous désirons poursuivre à pieds ! Allons –nous être la honte des Pèlerins ? » « Je vous mène juste à l’intersection pour vous éviter un mauvais choix » Devant de tels arguments, assis prés du chien qui « souffine » ma compagne de route, nous voici de croisements en intersections, à deux pas d’Auch. Nous gagnons nos 5 km perdus le matin.
Deux anges ont croisé notre chemin.
Il est vrai, qu’à côté des moments de galères, de doute, de découragement, il y a ces rencontres anodines et inopinées qui appliquent un baume bienfaisant sur le moral.
Le vieil Auch et ses « pousterles » ( ruelles étroites et escarpées) nous livre ses clés.
La rubrique de Germaine
Le mot du jour : « T.E.R.»
Le moyen de locomotion que j’affectionne le plus depuis ma plus tendre enfance est le train.
L’Orient Express et encore mieux Transsibérien font partie de mes rêves de voyage les plus fous.
Depuis deux jours mes rêves sont plus modestes : je rêve de T.E.R. pour me transporter d’étape en étape et attendre mon conjoint les doigts de pied en éventail… Il y a des rêves qui se réalisent, j’attends en ce moment le T.E.R. qui me déposera à Auch !! Alors le transsibérien pour bientôt ? c’est bon pour le moral d’en rêver, car les incertitudes à venir font qu’il n’est pas au beau fixe !
Mercredi 05 Mai - L’isle Jourdain à Gimont - 25 km – Temps froid, pluie intermittente
Que voulais-je raconter lorsque j’ai décidé de créer le « blog » ? Je crois que je souhaitais créer des textes sur les impressions fortes vécues, dire le bonheur que j’éprouve à découvrir un coin de campagne avec l’illusion d’être un aventurier, montrer mes plus belles photos à ceux avec qui j’aimerais partager ces instants.
Aujourd’hui, être un aventurier n’est plus illusion. Quant aux photos, maigre récolte sur ce parcours, l’appareil semble avoir besoin de repos.
Journée sous le signe de la gadoue, ruisseaux débordants, gués impraticables, traçage de nouvelles routes dans les ronces, flirt avec les gros camions sur des portions de route nationale, croisement de route avec un chevreuil apeuré, perte de GR, « pissette galérienne » pour trouver l’objet sous les couches successives des pantalons ( caleçon, pantalon, pantalon de pluie) ; tous les ingrédients pour écrire des mots d’aventure. Seulement, ce soir, trop fatigué pour raconter notre rocambolesque trajet, je vous dirige vers un des films « Indiana Jones », « Quaterman » « A la poursuite du diamant vert » etc, pour y puiser quelques scènes.
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